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Pose précise en une heure chrono

Hubert d’Erceville |  le 27/03/2015  |  BâtimentVosgesOuvrage d'art

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Passerelle -

Un ouvrage innovant sur le Loing allie légèreté et transparence.

Encore dans les airs, la structure métallique de 75 tonnes est presque en place. Elle enjambera le Loing à sa confluence avec la Seine, un site classé situé entre Veneux-les-Sablons et Saint-Mammès (Seine-et-Marne). Les ingénieurs ont de la chance : le ciel est clair, la température fraîche et le vent ne souffle qu’à 22 km/h. Au-dessus de 40 km/h, l’opération aurait dû être reportée. Les élingues, réparties à la jonction du tablier et des deux grands arcs évasés de la structure, font jouer l’élasticité du métal. Ainsi suspendue, la longueur du bâti est raccourcie de 17 cm, ce qui facilitera la pose en deux temps sur les deux culées préparées pour reprendre les charges. La structure est d’abord déposée sur la rive sud-est (Veneux-les-Sablons) afin d’assurer la fixation sur un côté. Puis la charge est libérée doucement sur la rive opposée (Saint-Mammès) afin que la passerelle reprenne progressivement sa longueur initiale et s’ajuste à la platine nord-ouest de scellement. Cette élasticité en arc, qui travaille en compression, donc en hauteur, jouera le rôle d’amortisseur vis-à-vis de la dilatation hiver/été du bâti.

Les culées massives (9 m x 9 m) reposent chacune sur neuf pieux en béton armé de 1 000 mm forés à 14 m chacun. Elles sont prévues pour résister aux efforts jusqu’à 300 tonnes. « Plus la structure est légère et élastique, plus les fondations doivent être solides et rigides », précise Bertrand Potel, architecte et ingénieur chez DVVD.

Le choix d’une grue unique.

La pose est réalisée avec réflexion et précision, en une heure, avec une grue exceptionnelle à mât treillis montée sur chenilles de type Terex 3 800 de 800 tonnes équipée d’une flèche de 88 m. Il a fallu près de 30 camions pour l’acheminer sur le site, une semaine pour la monter et la positionner sur dix plaques de répartition de charge en bois de 12 m x 2,29 m. L’autre solution, plus classique, aurait été de disposer de deux grues de moindre portance installées sur les deux rives du Loing pour soulever alternativement la passerelle qui aurait alors été amenée sur le site par voie fluviale depuis une barge.

Cette organisation, plus complexe, nécessitait au préalable de renforcer les sols de la rive sud-est pour porter la seconde grue. Mais aussi, et surtout, elle était plus coûteuse. Or, tenir dans le budget est un des points clefs du chantier. Une fois posée, la structure sera équipée en éclairage et dotée de deux monolifts pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Son inauguration est prévue en juin 2015.

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PHOTO - 839262.BR.jpg - © dvvd
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PHOTO - 839216.BR.jpg - © DANIEL ROUSSELOT/LE MONITEUR
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Un projet coordonné à trois entreprises

L’idée d’installer un lien piéton entre les deux rives du Loing date des années 1930. Longtemps reporté pour des raisons de coût, le projet a été relancé en 2009 par un concours en conception-réalisation. Le maître d’ouvrage a écarté les propositions peu esthétiques - structure béton type autoroute ou sur poutrelles type ferroviaire - pour retenir la solution originale de trois entreprises groupées : DVVD, Segex et Viry. D’abord pour répondre aux impératifs de légèreté et de transparence réclamés par la commission des Sites avec une structure en métal gris mousse et un platelage en bois. Côté réglementaire, ensuite, avec une géométrie à faible impact sur l’environnement (respect du milieu naturel), l’écoulement des eaux (crue, étiage) et la circulation batelière (tirant d’air). Techniquement enfin, avec une structure conçue par les architectes-ingénieurs de DVVD, soudée en acier haute performance (S355), puis revêtue d’une peinture technique anticorrosion réalisée en usine par Viry à Remiremont (Vosges). Démontée, transportée, elle a été rassemblée sur un parking situé à un tour de grue du site, prête à être posée sur les ancrages réalisés par Segex. Une collaboration à trois, indispensable à la réussite de ce projet en conception-réalisation.

Maîtrise d’ouvrage : Syndicat intercommunal des Maisons du bornage (SIMB). Architecture et ingénierie : DVVD. Bureau d’études : EOGC (Etudes-Ouvrages-Génie Civil). Entreprises : Viry (charpente métallique), Segex (génie civil), Dufour (grutage). Surface : 2 508 m² Shon (1 437 m² SP). Montant des travaux : 2,6 millions d’euros.

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