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Portugal Le réseau routier secondaire cherche 650 millions d'euros

CATHERINE THOMAS |  le 30/03/2001  |  TransportsCollectivités localesEurope

Le président du Portugal met en avant les priorités de son deuxième mandat

Le vendredi 9 mars, Jorge Sampaio prenait, pour un deuxième mandat consécutif, ses fonctions présidentielles devant l'Assemblée de la République portugaise. Le dimanche précédent, 4 mars, un pont s'écroulait sur l'un des plus grands fleuves du pays, faisant ainsi plusieurs dizaines de victimes...

Tout au long de son discours, M. Sampaio a longuement souligné l'état d'urgence économique dans lequel se trouve le pays (dette extérieure élevée, dérapage du budget...) et la nécessité de trouver très vite des solutions pour rester dans les normes de développement européennes. La chute du vieux pont sur le Douro est comme le reflet dramatique des préoccupations d'un président qui se révèle aujourd'hui critique sur la gestion de son gouvernement, allant même jusqu'à affirmer qu'en de « nombreuses situations, l'Etat a failli à sa mission, par inefficacité ou par faute de moyens adaptés ».

Bien sûr, les commissions d'enquête feront, dans la mesure du possible, toute la lumière sur les circonstances exactes de l'accident. Mais plusieurs éléments permettent, hélas, de constater que cette tragédie aurait pu être évitée.

Jusqu'en 1999, le propriétaire du réseau routier portugais, ponts et viaducs compris, était la JAE. La dissolution de cette entité a donné naissance à trois organismes qui se partagent la gestion et les responsabilités relatives au réseau. Il s'agit de l'Icerr (responsable de l'entretien et des réparations), de l'Icor (responsable de la construction) et enfin de l'IEP (responsable des deux autres entités) qui rend compte au ministre de l'Equipement. Or, depuis sa création, tous les contrats de construction, d'achats de biens et de services de l'IEP ont systématiquement été désapprouvés par la Cour des comptes portugaise. Celle-ci n'a en effet jamais reconnu l'existence constitutionnelle des trois nouvelles structures ! Le décret-loi (237/99) qui leur a donné naissance est actuellement soumis à l'analyse du Conseil constitutionnel.

Ensuite, il existe aujourd'hui au Portugal près de 4 000 kilomètres de voies routières (dont des ponts et des viaducs) qui n'ont pas de « popriétaires » officiels et dont près de la moitié sont extrêmement dégradées. En effet, dans le cadre du nouveau PRN (Plan routier national), se déroule actuellement le transfert de la gestion d'une partie du réseau routier de l'IEP vers les municipalités. Mais les négociations sont lentes et les solutions juridiques et financières difficiles à trouver. Or, « ... ces voies en instance de transfert ne font l'objet d'aucun entretien, souffrent de la longueur des négociations, se dégradent et dégradent l'image du gouvernement », soulignait en novembre M. Lamas, président de l'IEP jusqu'en septembre 2000. Financièrement, le problème est également épineux puisque le coût pour réhabiliter et mener à bien le transfert de ces voies dégradées serait de l'ordre de 650 millions d'euros.

Manque de coordination administrative

Depuis deux ans, il semble donc très difficile de savoir, et surtout de décider, quelles sont les voies qui devraient être restaurées, fermées pour travaux ou encore purement et simplement remplacées. En ce qui concerne plus spécifiquement les ponts, aucun cadastre officiel ne semble exister.

Ainsi, au-delà de la compétence technique qui ne semble pas être mise en cause, c'est plutôt la naissance de nouvelles structures, le manque de coordination administrative et de volonté politique, les négociations difficiles entre pouvoir central et municipalités qui paraissent handicaper la bonne gestion du réseau routier national.

Le ministre qui a chuté avec le pont

Avec la démission de son ministre de l'Equipement, le Premier ministre, M. Guterres, perd un des piliers de son gouvernement. Au moment où il s'apprêtait à relancer l'image du parti socialiste, aidé en cela par la réélection du président de la République, M. Sampaio, Antonio Guterres se retrouve sans bras droit, avec « un grand vide autour de lui ». Jorge Coelho, 46 ans, diplômé en gestion d'entreprises, était le « bulldozer » qui montait au créneau pour tenter de résoudre les conflits. Il a imposé dans la douleur et face à une forte opposition un nouvel aéroport international à Lisbonne et a géré la privatisation houleuse de grands groupes nationaux comme l'EDP ou Cimpor. Jorge Coelho a rejoint les bancs de l'Assemblée avec cinq de ses secrétaires d'Etat, également démissionnaires.

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