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Portraits d’architectes d’aujourd’hui (6/7) : Xavier Ménard, à Chateaubriant, et Clément Gillet, à Chartres de Bretagne
Xavier Ménard et Clément Gillet - © © Agence Ménard/Agence Gillet

Portraits d’architectes d’aujourd’hui (6/7) : Xavier Ménard, à Chateaubriant, et Clément Gillet, à Chartres de Bretagne

Jean-Philippe Defawe |  le 19/10/2011  |  Côte-d'OrLotEuropeNordRhône

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C’est une étonnante envie de concevoir, de bâtir et de tirer les leçons de chaque expérience qui caractérise les deux architectes bretons illustrant le sixième épisode de notre feuilleton sur les agences en région.

Xavier Ménard, architecte et entrepreneur

De son enfance passée en Espagne jusqu’au baccalauréat, Xavier Ménard a conservé l’idée d’une architecture pleine d’élégance, de simplicité et de pureté. « Plus mes projets sont simples, mieux je me sens » explique cet architecte passionné par les espaces désertiques. « J’aime me promener dans ces grands espaces, ça me vide la tête car le reste du temps, je suis architecte 24h/24 » raconte-t-il.

Elevé chez les jésuites, il se défini volontiers comme une « bête de travail ». Et surtout pas un artiste ! « Cette idée m’énerve prodigieusement. Je trouve cette notion presque péjorative même si certains architectes sont de vrais artistes » explique-t-il. Et ce n’est pas sans un certain goût de la provocation qu’il rappelle l’époque où, lorsqu’il était président de l’Ordre des architectes des Pays de la Loire, il aimait déclarer devant ses confrères qu’un « architecte est d’abord un entrepreneur ». « C’est un bâtisseur doublé d’un économiste qui a la volonté de faire des bâtiments fonctionnels, avec une qualité d’espace intérieur et extérieure » précise ce gérant d’une agence de 13 personnes installé depuis 1973, à Chateaubriant, petite sous-préfecture de Loire Atlantique. « J’ai monté mon agence en plein pendant la crise et j’ai vivoté pendant 3-4 ans », se souvient-il.  « Mais finalement, le fait d’être installé à Chateaubriant, qui était d’abord un choix personnel, s’est avéré payant car ça nous a enlevé l’étiquette de Nantais et permis de travailler dans le grand ouest ».

Xavier Ménard intervient dans tous les domaines : bâtiments publics, médiathèques, piscines, écoles, logements… « Mais je n’ai jamais travaillé pour un promoteur » précise-t-il.  Si l’architecte a travaillé sur des projets de dimension internationale - comme la Cité des Congrès de Nantes qu’il a remporté avec Yves Lion et G & D Péneau ou le concours de mairie de Rezé qu’il a tenté avec l’architecte autrichien Boris Podrecca – l’activité de l’agence se concentre sur des projets plus modestes dans un rayon de 150 km autour de Chateaubriant. « La réalisation dont je suis le plus fier et qui me correspond le mieux est peut-être la bibliothèque de Anetz (44). C’est un petit projet, mais il a trouvé sa bonne place » raconte Xavier Ménard. « Le style m’importe peu. Je suis obnubilé par le souci de construire des bâtiments qui fonctionnent et qui s’insèrent bien » précise-t-il.

Rien d’étonnant donc à ce que Xavier Ménard se soit intéressé au bâtiment passif. L’agence vient de livrer un groupe scolaire labellisé « Passiv’haus » à Ancenis (44) et travaille sur quatre opérations de logements visant le même label. A Mouais, une petite commune de 350 habitants proche de Chateaubriant, Xavier Ménard pousse même l’expérimentation en construisant une salle multi-fonctions au standard « Passiv’haus » en jouant avec différents systèmes constructifs (ossature bois, briques de terre crue, parpaings) et avec de l’isolation en paille. L’équipement coûtera 1,2 million d'euros HT et pour Xavier Ménard, il n’est pas question de dépasser le budget. « C’est pour moi un sujet prioritaire, surtout en cette période de crise. Nous devons gagner en crédibilité économique car il est de la responsabilité de l’architecte de rentrer dans le budget » conclu l’architecte-entrepreneur âgé de 63 ans. Un message qu’il tente de faire passer à son équipe dont deux associés qui devraient reprendre l’agence.

Clément Gillet, une farouche envie de construire

Ce qui frappe d’emblée chez Clément Gillet, c’est cette incroyable production pour un architecte âgé d’à peine 41 ans. « C’est vrai qu’on a énormément construit pour une agence comme la nôtre, mais j’ai toujours eu une envie farouche de construire » explique-t-il.

Après des études d’architecture à l’université de Greenwich (Londres) et à l’ENSA de Rennes,  c’est donc assez naturellement que le jeune architecte se lance dans la pratique de son métier en libéral chez lui, en Bretagne, après un passage chez Rem Koolhaas. « J’ai eu la chance de travailler chez OMA, à Rotterdam. Cela m’a ouvert de nouveaux horizons et permis de rencontrer des gens comme Peter Cook, mais je me suis rendu compte que Rem Koolhaas n’était plus un architecte au sens où on l’entend, mais que son talent résidait avant tout dans sa capacité de mobiliser une équipe, un peu comme l’entraîneur d’une équipe de foot. Et je n’avais pas envie de devenir comme ces chefs de projets qui, même s’ils travaillaient sur des réalisations extraordinaires, ne me semblaient pas s’épanouir dans leur métier ».

C’est ainsi que Clément Gillet est passé du projet d’extension de l’université d’Utrecht, aux Pays-Bas, à sa première commande : une véranda pour un couple de retraité ! « Je ne sais pas pourquoi ils sont venus me voir mais finalement je les ai convaincu de modifier leur projet qui s’est transformé en une extension en béton banché. Et ils ont été très content du résultat » se souvient-t-il. Les projets de ce type se multiplient et au fil des années, les opérations deviennent de plus en plus importantes et remarquées. « Tous les projets sont intéressants, et ce n’est pas forcément une question de budget. Je travaille par exemple que des maisons en container qui sortiront à des prix inférieurs au marché ».

Trois ans après la création de CG Architectes, l’agence décroche le prix Architecture Bretagne pour un supermarché. Et c’est le début d’une série de récompenses pour une production de plus en plus affirmée et radicale : prix d’architecture de Loire Atlantique pour une usine d’enduits (2006), pyramide d’argent et prix de l’esthétique immobilière 2007 pour des logements à Chantepie (35), prix Architecture Bretagne 2008 pour une restructuration commerciale à Rennes et pour une maison familiale horticole à Saint-Grégoire… Les publications sont également de plus en plus nombreuses et le projet Cross Box de maison en container a même été sélectionné pour participer à l’émission « Ma maison est la plus les originale de France » diffusée sur M6.

« Notre architecture peut apparaître brutale, car le design est simple, mais c’est dans un souci d’efficacité dans le résultat à atteindre. C’est comme ça que pour Perle Noire, sur l’île de Nantes, j’ai fait du logement comme on fait du bureau » explique l’architecte qui ne revendique aucun maître à penser mais une « architecture comme un geste politique ». Passionné de vélo, qu’il a pratiqué en compétition et qu’il soutient en sponsorisant l’ASPTT de Rennes, Clément Gillet milite pour d’avantage d’ambition en matière architecturale. « Les maîtres d’ouvrages, les donneurs d’ordres sont assez frileux. Il faut qu’ils aient le courage de prendre des risques car ce sont eux qui induisent la qualité de la production architecturale ».

Demain sur le Moniteur.fr : Georges Dikansky, à Nice et Jean-Pascal Clément, à Saint-Raphaël

Antoine Béal et Benjamin Fréchet, à Lille

Michel Douat et William Vassal, à Lyon

Eric Wirth, à Bordeaux et Marie-José Gautrand, à Figeac

Gaëtan Le Penhuel et Swan, à Paris

Claude Denu & Christian Paradon, à Strasbourg, et Véronique Flurer & Guillaume Bouteille, à Dijon

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