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Portraits d’architectes d’aujourd’hui (4/7) : Gaëtan Le Penhuel et Swan, à Paris
Gaëtan Le Penhuel (à gauche) et son associé Olivier Perraguin ; Le trio de Swan - © © Agence Le Penhuel/Perraguin/Agence Swan)

Portraits d’architectes d’aujourd’hui (4/7) : Gaëtan Le Penhuel et Swan, à Paris

nathalie moutarde et hervé guénot |  le 17/10/2011  |  Bas-RhinCôte d'OrEssonneGirondeLot

La quatrième étape de notre voyage à travers les agences françaises d’architecture nous conduit aujourd’hui en Ile-de-France. Dans son atelier du 11ème arrondissement de Paris, Gaëtan Le Penhuel, vit son métier avec la même passion et les mêmes contraintes que les trois associés de Swan, jeune équipe installée dans le 20ème arrondissement.

Gaëtan Le Penhuel, prend le virage de la complexité

Lauréat du concours Europan 3, Gaëtan Le Penhuel a fondé son agence à Paris, en 1994. Son équipe, installée dans le XIe arrondissement, compte aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs. La production est principalement tournée vers les équipements publics et les logements sociaux, dans une moindre mesure  l’habitat privé, les bureaux…

Homme-orchestre,  « jouant du tambour en même temps que de la trompette », Gaëtan Le Penhuel intervient un peu sur tout avec une présence plus forte sur la conception. Olivier Perraguin, architecte associé,  s’attache plus au suivi des chantiers. Face au formalisme grandissant des dossiers,  Gaëtan Le Penhuel a recruté un juriste, notamment pour gérer les interfaces avec la maîtrise d’ouvrage. Depuis deux ou trois ans, il constate  « un virage dans la complexité du métier » : sites de plus en plus contraints, plus grande mixité programmatique…. La privatisation de la commande, autre tendance assez marquée, ajoute à cette complexité. «Dans le cadre d’un concours d’architecture loi MOP, on a le temps de se raconter l’histoire du projet, d’en trouver le fil rouge, note Olivier Perraguin. Un projet privé s’élabore  au fur et à mesure et beaucoup plus vite. La commande est plus fluctuante. En contrepartie, la réactivité du  maître d’ouvrage est plus grande ».

De plus en plus, l’agence est amenée à travailler sur une même opération avec d’autres architectes. Pour un programme  de 250 logements sociaux à Palaiseau (maître d’ouvrage : 3F), elle  s’est adjoint deux jeunes équipes : O-S et Hardel et Le Bihan. A Paris, elle planche aux côtés de François Leclercq et Laurent Niget sur le projet de reconversion de l’ancien hôpital Saint-Michel développé par BNP Paribas Immobilier. L’expérience la plus marquante reste sa participation au groupement Vinci/Dominique Perrault pour le nouveau ministère de la Défense à Balard. A raison d’une réunion par semaine pendant un an, l’équipe a eu le temps de « découvrir le fonctionnement d’un PPP de l’intérieur ».

Au final, estime Gaëtan Le Penhuel, ce métier très difficile et complexe est aussi très motivant et vivant.  « On peut bien en vivre à condition de ne pas se faire écraser à la moulinette des honoraires. Il faut se montrer extrêmement vigilant ». S’il se dit débordé, Gaëtan Le Penhuel trouve le temps d’enseigner à l’école d’architecture de Paris La Villette. Mais en qualité de vacataire,  précise-t-il, car l’enseignement doit rester un plaisir.  Comme l’architecture.

Swan, trois architectes dans une dynamique de création

« Un pour tous, tous pour un ».  La devise des Trois Mousquetaires s'applique bien à Swan Architectes, cette agence parisienne bien soudée de 3 architectes : Joachim Bellemin (34 ans), Ambroise Béra (31 ans), et Serge Rodrigues (36 ans). Tous issus de la même école d'architecture, Paris Val-de-Seine, ils se sont rencontrés en 1997. Après 6 ans d'activité professionnelle chez Philippe Gazeau (Rodrigues), Terrien Architectes (Béra), Patrice Novarina, Naud & Poux (Bellemin), ils ont fondé en septembre 2010 Swan (1), alors qu'ils ils y songeaient depuis 2007. Ils ont travaillé sur des concours de logements, d'aménagements de bureaux, d'hôtels, d'hôpitaux, de crèches, de commerces, de musées, et même sur le métro d'Alger. En parallèle de leurs études et de leur activité en agence, pour acquérir une expérience internationale, ils ont concouru pour de grands projets – la tour Thyssen de Dubaï, le pavillon de l'eau pour l'exposition Yeosu en Corée du Sud (2012).

« Actuellement, nous travaillons à des aménagements d'appartements, à l'extension de pavillons, à l'aménagement d'un restaurant à Montreuil, et à l'esquisse d'une maison dans les Yvelines. Nous participons à des concours pour des logements et des équipements, notre secteur de prédilection », expliquent les architectes. Philosophie de l'agence : fournir une réponse adaptée au client, en dialogue avec lui, dans une démarche créative pour conférer une forte identité au bâtiment. But : apporter une plus-value à l'espace ainsi créé ou transformé. « Si au départ, nous n'avons pas voulu nous spécialiser, dans la pratique, Bellemin a pris en mains la prospection et Rodrigues et Béra se concentrent sur la production sans qu'il y ait d'exclusives ».

Même après avoir été chefs de projets dans de grandes agences, les trois architectes soulignent que leur principale difficulté, c'est de « se faire connaître » et de « se faire reconnaître ». C'est pourquoi, comme des mousquetaires à l'assaut d'une forteresse, ils concourent sans relâche et sans se décourager en engrangeant expérience et savoir-faire. La crise? « La crise alimente la crise : les grandes agences prennent de petits programmes (10 logements) pour anticiper cette crise et s'assurer du travail. Auparavant, les agences débutantes comme nous pouvaient y avoir accès ».  Mais la crise ne paralyse pas Bellemin, Béra, et Rodrigues. « Nous avons toujours eu du travail. Nous sommes dans une dynamique de création. Nous attendons l'avenir de pied ferme ».

(1) Pour les fondateurs de Swan : « Ce nom à connotation proustienne est léger et sonne bien. Nous l'avons créé avec la lettre finale de chacun de nos noms ».  A l'époque, il y avait un quatrième mousquetaire, Jean-Hubert Chow, parti en Chine.

Demain sur le Moniteur.fr : Claude Denu, à Strasbourg, et Véronique Flutter, à Dijon

Déjà publié :

Antoine Béal et Benjamin Fréchet, à Lille

Michel Douat et William Vassal, à Lyon

Eric Wirth, à Bordeaux et Marie-José Gautrand, à Figeac

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