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Portrait : Romain Pascal, un plombier en trois-quarts centre

Mots clés : Métier de la construction - Sport

Plombier-chauffagiste à Poisvilliers, en Eure-et-Loir,  Romain Pascal, 38 ans, vient de recevoir le grand prix Responsable Stars & métiers 2018, une récompense qui salue autant la démarche que le parcours de cet amoureux du rugby.

A 10 km au Nord de Chartres, la plaine immense s’étire autour de la N154 vers Poisvilliers, village de 450 habitants, entouré d’espaces agricoles. Rue de la Forte maison, en bord de départementale, un corps de ferme, au bord duquel s’esquisse l’une des dernières mares privées de la commune. C’est ici que Romain Pascal, a installé, depuis 2010, son entreprise de plomberie chauffage (dépannage et entretien) et de rénovation globale de salles de bains. Pour l’instant, à 38 ans, il savoure le grand prix Responsable qui lui a été récemment attribué par Stars et métiers 2018, organisé par l’assemblée permanente des chambres de métiers (APCMA) et la Banque Populaire. Déjà distingué en 2016 au Concours national du maître d’apprentissage en catégorie « Jeune maître d’apprentissage », Romain Pascal est salué cette fois-ci pour sa capacité « à intégrer les préoccupations sociales dans son entreprise ». Derrière cette phrase un peu hermétique, il y a la réalité de cet artisan, repreneur à 26 ans, en 2005, de l’entreprise de son premier employeur, Michel Liberge, celui qui l’aura accompagné à la réussite de son CAP plomberie chauffagiste et de son BP en Génie climatique. En l’espace de dix ans, il aura accueilli 17 apprentis et sur l’effectif actuel, 5 des 14 salariés sont apprentis. Sur les 7 ouvriers, quatre sont d’anciens apprentis passés par l’entreprise et y figure même le maître d’apprentissage de Romain Pascal : « Avec les services de la Médecine du travail, précise-t-il, nous avons mis un protocole pour permettre à celui-ci de terminer sa carrière professionnelle dans les meilleures conditions ».

Une mosaïque de motivations

 

Avec un père ancien journaliste à l’Echo Républicain puis à Radio France et une mère infirmière libérale, Romain Pascal n’est pas issu d’une famille d’artisans. Ses parents se séparent et, vers ses 13 ans, il fait la connaissance de son beau-père, maçon de profession : « J’adorais participer à des travaux, bricoler avec lui et il a rapidement senti que j’avais des prédispositions pour ce métier ». Au collège, il se résout à abandonner sa vocation de pompier pour éviter les études générales. Aidé par les encouragements de son grand-père maternel, ancien résistant et historien local du Patrimoine de Chartres, il persiste dans cette voie. Son stage de découverte en 3ruge est une révélation : « J’ai suivi Jean-Marie Provot, un plombier de Poisvilliers qui m’a permis de découvrir le métier avec une notion de service, d’urgence, de satisfaction de la clientèle, qui se rapproche de celle que porte le pompier… ». En 1995, il découvre la « fatalité positive » : la veille de débuter son contrat en alternance, Romain Pascal s’aperçoit que son employeur l’a complètement oublié ! Las. Il réussit à dégoter un rendez-vous auprès d’un autre artisan, Michel Liberge, dont il reprendra l’entreprise en 2005 : « Dès 2000, il m’a proposé de me préparer à cette éventualité alors que j’envisageais de partir au Canada ! ».

 

Rugby et générosité

 

Tout en suivant un brevet de maîtrise à la Chambre des métiers, ce trois-quarts centre du Rugby Chartres Métropole se nourrit des valeurs du ballon ovale qu’il affectionne tant : « Face aux besoins de résultats de l’entreprise, ce sport apporte le respect, le partage, le travail et la solidarité ». Et c’est ce qu’il s’efforce, depuis, de mettre en place : « Je veux rendre mes salariés le plus autonome possible, leur accorder une confiance qui leur permet de prendre un maximum de décisions. Je les considère comme des artisans sans l’aptitude de la gestion d’entreprise ». Parmi ses apprentis, l’artisan accepte des profils atypiques : « J’ai subi un échec à 15 ans et je suis sensible à des jeunes qui peuvent ne pas avoir de chance ». Romain Pascal a ainsi accueilli un jeune issu d’une formation SEGPA (Section d’enseignement général et professionnel adapté), « en grande difficulté sociale mais motivé par les travaux manuels », resté huit ans dans l’entreprise. Il a embauché un apprenti qui avait échoué au CAP : « Cinq ans après, je lui ai proposé de lui augmenter son coefficient s’il repassait son CAP. Et il l’a réussi ! Je pars simplement du principe que l’erreur est humaine ». Parmi les profils atypiques, l’artisan compte dans son entreprise un ancien apprenti, réfugié afghan provenant de la Fondation d’Auteuil : « Il est arrivé à 14 ans en France, a passé son bac Pro puis son CAP, détaille Romain Pascal. Il a aujourd’hui 26 ans et une situation bien établie. Soutenir les jeunes, c’est leur donner la faculté de réussir ». Avec un CA annuel d’un peu plus de 1 M€, l’activité de l’entreprise, qui rayonne dans un rayon de 15 km autour de  Chartres, progresse : « D’une année sur l’autre, nous faisons mieux. Ceci s’explique notamment grâce à nos réunions de bilans, où chacun peut proposer des axes d’amélioration, des pistes d’offres de service, mais aussi des investissements de matériels. Je ne fais pas d’économie sur ce qui peut faciliter la vie de mes salariés, qu’il s’agisse de vêtements de protection, d’une scie sur table pour leur faire gagner du temps ou du renouvellement du parc de véhicules ».

 

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