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Portrait: Richard Mourgues, artisan plombier et maître de son destin
Richard Mourgues, plombier Pérignat-lès-Sarliève. - © Frédéric Pigot / APAP

Portrait: Richard Mourgues, artisan plombier et maître de son destin

Pierre Pichère |  le 15/11/2018  |  100 % eau et énergie

Du sport à la plomberie en passant par la taille de pierre et le commerce, Richard Mourgues a fini par trouver sa voie.

Au départ, c’était le foot, une section sport-étude au collège. Après un bac B (sciences économiques), Richard Mourgues se dirige vers la fac de sport Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) à Clermont-Ferrand. “Ça n’a pas bien fonctionné”, explique-t-il pour justifier une réorientation vers un CAP tailleur de pierre à Volvic. Un moyen, aussi, de repousser l’échéance du service national qu’il effectue tout de même avant de s’engager dans un BTS action commerciale en alternance dans une boutique de vêtement de luxe à Clermont-Ferrand. Il y est resté quatre ans avant de prendre la direction d’un Sport 2000 qui s’installait dans la capitale auvergnate ; une étape avant un nouveau changement.
“Je ne me sentais plus à l’aise dans le domaine de la vente”, concède-t-il en précisant qu’au départ, il voulait se mettre à son compte, avoir son propre commerce. Conscient qu’il n’avait pas la trésorerie nécessaire, il jette l’éponge… pour un autre départ via un Congé individuel de formation.

En route pour l’artisanat

“J’avais des dispositions pour le bricolage”, indique-t-il en expliquant que ses parents tenaient un bar-hôtel-restaurant dans le Cantal et qu’il y avait souvent des petites interventions à réaliser. “Je me suis tourné vers la Capeb où on m’a proposé deux orientations : la plomberie et le carrelage.” Dans les 10 ans à venir, pour ces deux corps de métiers, 50 % de départs à la retraite étaient prévus. Richard Mourgues n’aimait pas le carrelage, son choix était tout fait. Il s’oriente vers le Greta de Romagnat (63) ou il prépare un CAP installateur thermique. Il avait un oncle plombier à Saint-Flour où il a fini de se former dans l’entretien des chaudières. Lorsqu'il l’a senti prêt, son oncle le lui a dit. En février 2010, pour voir si c’était viable, Richard Mourgues s’installe en tant qu’auto-entrepreneur à Pérignat-lès-Sarliève (63), dans l’agglomération clermontoise, là où il venait d’acheter une maison. Par chance, il n’y avait plus de plombier sur la commune. “J’étais attendu”, constate-t-il. Au bout d’un an et demi, le statut d’auto-entrepreneur ne suffisait plus. Il se transforme en EIRL, Allo plombier Mourgues.

Maître de son destin

La satisfaction primordiale, c’est l’autonomie du travail, être maître de son destin. Si ça marche, on peut s’en féliciter et le jour où il y a un problème on ne peut s’en prendre qu’à soi-même”, résume-t-il en parlant de “liberté de mouvement. On gère son temps comme on le veut”. Il évoque ainsi la paperasse (devis, taux zéro, factures, préparation des documents pour le comptable, dossiers Qualigaz…) dont il s’acquitte le soir quand tout le monde dort, ou les interventions d’urgence, les week-ends où - quand il ne dispose pas des pièces détachées - il fait ce qu’il faut pour mettre en sécurité, protéger les installations jusqu’au lundi. “Il y a beaucoup de travail, d’heures à faire, mais si, un jour, on a besoin d’une demie journée, on la prend.”

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“Parfois, on a l’impression de beaucoup travailler pour payer les charges, on n’a pas l’impression d’être satisfait financièrement, au début en tout cas”, avoue-t-il en constatant que la solution passe par une meilleure gestion. “Ça vient sur le tas, il faut bien préparer sa trésorerie qui peut très vite partir.” C’est ce qu’il a constaté, à ses dépens, il y a quelques années, quand il a donné des cours en remplacement d’un professeur de plomberie. “C’était très soudain, j’ai été contacté en janvier et en février, j’y étais.” Il a mené les deux métiers de front, mais aux dépens de sa trésorerie et de la satisfaction de ses clients par rapport aux urgences et aux dépannages. “En 4 à 5 mois, ma trésorerie a fondu. Après, il a fallu relancer la machine comme une deuxième fois”, constate Richard Mourgues, même s’il garde un excellent souvenir de cette expérience d’enseignement. Une issue de secours, peut-être… En effet, le sportif a présumé de ses capacités physiques. Il travaille seul, souvent à quatre pattes ou à porter de lourdes charges, et constate que son dos, ses genoux et maintenant ses coudes ont du mal à suivre. “Je souffre, mais que faire ? Continuer avec un employé ou un apprenti, réorganiser le travail ou en changer ? Même s’il apprécie toujours autant son métier, la liberté qu’il lui offre et qui a ses yeux n’a pas de prix, Richard Mourgues s’interroge. Comme beaucoup d'artisans.

Frédéric Pigot / APAP

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