En direct

Pont Des poutres en « I » en béton fibréà ultra-hautes performances

Antoine Hudin |  le 12/09/2008  |  EntreprisesArchitectureRéalisations

Des poutres en béton fibré à ultra-hautes performances (BFUP) s’imposent comme alternative aux poutrelles enrobées pour l’élargissement d’un tablier de pont d’épaisseur réduite.

«Avec les poutres ITE, pour la première fois nous concurrençons les poutrelles métal enrobées », souligne René-Gérard Sale, directeur commercial chargé du BSI-Céracem, le béton fibré ultra-hautes performances (BFUP) d’Eiffage Travaux publics. Proposées en standard, ces poutres en I à talon élargi (ITE) ont été utilisées pour la première fois en 2007 pour le pont Pinel, à Rouen. A Sarcelles (Val-d’Oise), c’est pour l’élargissement d’un pont au-dessus de voies ferroviaires qu’elles sont aujourd’hui employées. Situé face à la gare Garges-Sarcelles, ce pont doit accueillir deux voies supplémentaires et un trottoir pour laisser place au tracé du futur tramway sur pneus en provenance de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Contrainte de hauteur

Le chantier, démarré en septembre 2007, aura duré une dizaine de mois. Le pont est constitué de deux travées légèrement asymétriques : 26,50 m pour l’une, 28,50 m pour l’autre. Au centre, pour soutenir les poutres, quatre piliers ont nécessité une attention particulière. « Nous avons dû consolider le terrain par des injections de béton, précise Jérôme Scoffoni, conducteur de travaux. Les piliers prennent appui sur des micropieux, qui descendent jusqu’à 30 m de profondeur. »

« Ce chantier présentait une contrainte majeure : la hauteur disponible entre les caténaires des voies et la chaussée déjà existante, évoque René-Gérard Sale. Pas question d’y couler deux mètres de béton. » La solution classique aurait donc voulu que l’on utilise pour leur faible élancement des poutrelles métalliques en I enrobées de béton. Des poutres ITE leur ont été préférées. Les propriétés mécaniques du BFUP (résistance à la compression supérieure à 150 MPa) et la précontrainte appliquée au moyen de 26 torons de 15 mm de diamètre assurent aux poutres ITE des performances similaires aux poutrelles enrobées avec le même élancement (62 cm hors hourdis). « Pour des longueurs d’une trentaine de mètres, le coût global du chantier est équivalent, précise Sandrine Chanut, ingénieur matériau chargée du développement du BSI Céracem chez Eiffage TP. Mais la solution avec poutres ITE est plus simple à mettre en œuvre. »

En effet, dans la phase chantier, l’utilisation de poutrelles métalliques enrobées impose des contraintes de mise en sécurité. La pose de ces poutrelles implique de laisser du vide entre chacune. Avant de combler les intervalles avec des prédalles et de couler la dalle inférieure, il faut prévoir des filets de sécurité. Obligation est aussi faite de travailler quand le trafic ferroviaire est nul et le courant dans les caténaires coupé. En l’occurrence, les créneaux accordés par la SNCF sur les lignes Paris-Bruxelles et RER D, qui passent à Sarcelles, se situaient entre 1 h 30 et 4 h 30 le matin. C’est donc là qu’est entré en jeu le talon élargi (80 cm) de la poutre ITE. Posées à touche-touche, les bases des poutres forment une dalle continue sur laquelle les compagnons peuvent ensuite circuler en toute sécurité.

Gain de temps et de matériau

« Nous n’avons travaillé que deux nuits, souligne Jérôme Scoffoni, conducteur de travaux, et avons gagné deux mois de délai. Cela a été un argument majeur pour emporter le projet. » Les nuits des 12 et 13 mai, les 26 poutres (13 par travée), fabriquées aux Pays-Bas et arrivées par camion rallongé du port d’Aubervilliers, étaient donc installées.

Une fois les poutres posées, la structure est finalisée avec la mise en place de prédalles entre les sommets des poutres pour constituer le hourdis. L’ensemble est ferraillé et le béton coulé pour constituer la dalle supérieure. « Le BSI-Céracem est un béton étanche, qui permet de laisser vide l’espace entre la dalle inférieure constituée par les talons et le hourdis coulé en place, fait remarquer René-­Gérard Sale. Cela représente 70 % de béton économisés par rapport à une solution avec poutrelles enrobées. »

La somme de ces économies en temps, travail de nuit et matériaux, permet à ces poutres de haute technicité, au coût intrinsèquement plus élevé, de se révéler une solution rentable pour ces travaux de structure.

PHOTO - TECH Poutre.eps
PHOTO - TECH Poutre.eps

Commentaires

Pont Des poutres en « I » en béton fibréà ultra-hautes performances

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur