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Pont de Recouvrance à Brest : diagnostic avant réhabilitation pour le passage du tramway

Chronique du Lerm |  le 08/04/2011  |  TechniqueFinistère

Avant de renforcer avec de la fibre carbone les travées du Pont de Recouvrance à Brest (29), qui assurera le passage prochain d'un tramway, une phase de diagnostic de la structure et de l'état de ses matériaux a été réalisée. Etape essentielle pour adapter la résistance de l'ouvrage à sa prochaine fonction.

Emblème de l'agglomération brestoise dominant l'Arsenal et le port militaire, le Pont de Recouvrance a été construit dans les années 50 en remplacement du pont tournant (pont National) bombardé par les forces alliées en 1944. A ce titre, il est protégé en tant que « grand ouvrage caractéristique de la Reconstruction d'après-guerre ».

Un tramway sur un pont levant

A la demande de la SemTram de Brest assistée par son maître d'œuvre Setec TPI et AOA Architectes, le diagnostic du Lerm avait pour objectif de reconnaître la structure et les matériaux des parties fixes du pont levant de Recouvrance. Ce pont mêle différents principes constructifs : maçonneries anciennes, pierres de taille et béton armé. Sa travée mobile de 88 mètres étant conçue au départ pour le passage de véhicules limités à 3,5 tonnes et alors qu'une rame de tramway en pèse 40, il a été nécessaire de réaliser ce diagnostic après 57 ans de vie dans un environnement humide, particulièrement sensible et agressif.

Les éléments auscultés sur site

Différentes zones du pont ont été auscultées avec des moyens techniques exclusifs et adaptés au vu du caractère historique de l'ouvrage :
- les deux culées d'une hauteur de 11 mètres, composées de maçonneries, de blocs massifs de granite et de béton armé ;
- la travée biaise en béton, composée en sous-face de 4 poutres,
- les travées fixes Est (côté Brest) de 39.52 mètres de long et côté Ouest (Recouvrance de 42,30 mètres) ;
- les pylônes soutenant le tablier, hauts de 70 mètres, afin de cartographier le maillage des armatures et leur enrobage ;

Matériaux et structure

Véritable désossement non-destructif de l'ouvrage dans sa structure et ses matériaux, la batterie d'essais mixait des mesures réelles sur site et des «photographies au cœur des matériaux » en laboratoire.
Ce dispositif comprenait :
- un relevé des dégradations,
- une auscultation par méthodes non destructives de la culée en maçonnerie, sur l'ensemble de son épaisseur,
- la détermination de la géométrie par carottage de la culée en maçonnerie,
- le détection d'armatures et mesure des diamètres sur la travée d'accès,
- les mesures d'enrobages sur la travée d'accès et pylônes,
- essais d'adhérence sur béton.
Mas aussi en laboratoire :
- des examens macroscopiques des échantillons,
- une analyse des mortiers constitutifs de la maçonnerie,
- une mesure des masses volumiques apparente et réelle, et de la porosité accessible à l'eau
- un examen au microscope optique en lumière réfléchie d'une section polie dans le but de déterminer la nature du liant
- le calcul informatique de la composition minéralogique du ciment et du mortier.

Du diagnostic à la conception des travaux

Du réel au virtuel, les mesures récoltées sur site ont été ensuite intégrées dans un logiciel de calcul de structures nommé « Pythagore © » (développé par Setec TPI et utilisé notamment pour concevoir le Viaduc de Millau) afin de concevoir et maîtriser le renforcement des travées fixes, composées de quatre poutres en béton armé qui mesurent respectivement 23,3 mètres (rive gauche) et 39,52 mètres (rive droite). La travée est suspendue aux extrémités des poutres par des câbles remontant sur les poulies fixées en tête de pylône et reliées à des contrepoids situés à l'intérieur des pylônes. Ils sont constitués de deux tours creuses en béton armé fondées dans la roche et dans lesquelles se meuvent les contrepoids.
La réhabilitation des pylônes de 70 m de haut nécessite d'employer des ouvriers spécialisés dans les travaux en hauteur. Comme à l'extérieur, les fondations des pylônes immergés dans l'eau doivent aussi être confortées. Des plongeurs sont aussi à l'œuvre pour cette mission.

Une réhabilitation durable

Ce chantier n'est pas un chantier classique, il marque une volonté appuyée des élus de Brest Métropole Océane de donner un nouvel élan, une nouvelle image au territoire, à l'occasion de l'arrivée du tram. « Le chantier du pont de Recouvrance n'est pas un simple lifting : en septembre, nous aurons un nouveau pont, qui sera l'emblème de l'évolution de notre agglomération », souligne Alain Masson, vice-président de Brest métropole océane, en charge des grands travaux.

Pour en savoir plus, cliquez ici

Le Pont de Recouvrance à Brest dominant l'Arsenal accueillera le passage du futur Tramway sur son tablier, supporté par ses deux pylônes de 70m de haut.
Le Pont de Recouvrance à Brest dominant l'Arsenal accueillera le passage du futur Tramway sur son tablier, supporté par ses deux pylônes de 70m de haut. - © © Lerm

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