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Polynésie Après la « rente atomique » le tourisme explose

PATRICE DROUIN |  le 12/12/1997  |  TransportCollectivités localesInternationalAutres DOM-TOMTourisme

- Territoire d'outre-mer doté d'un statut d'autonomie à caractère évolutif, la Polynésie joue à fond la carte du tourisme. - Rénovation et construction d'hôtels, de routes, de ports, d'aérodromes figurent en bonne place dans les projets d'investissement.

Le mois dernier, les archipels polynésiens ont subi un cyclone (Martin) et une tempête tropicale forte (Osea) qui ont provoqué d'importants dégâts, en particulier à Bora-Bora, l'île mythique, et à Maupiti où maisons et infrastructures ont été détruites à 95 % !

Mais cette climatologie parfois difficile n'empêche pas ce TOM de 225 000 habitants, présidé par Gaston Flosse, de jouer à fond la carte du tourisme, secteur appelé à compenser la perte de ce que l'on appelle la « rente atomique » (1).

En 1996, le nombre de touristes s'est élevé à 164 000. La barre des 190 000 devrait être franchie cette année. L'objectif du gouvernement polynésien pour 2003 est de 300 000 (soit au moins 3 milliards de francs de recette touristique !).

Pour y parvenir, les autorités locales consacrent une partie non négligeable de l'aide compensatoire octroyée par la « métropole » (900 millions de francs par an pendant une décennie) à l'équipement des îles les plus touristiques : routes, aérodromes (le territoire en compte déjà quarante-huit), ports, darses, etc.

Les investisseurs privés ne sont pas en reste, puisque de nombreux établissements hôteliers vont voir le jour ou être agrandis. A elle seule, la chaîne Méridien va ouvrir deux nouveaux complexes avant l'été 1998 : 100 bungalows (dont 85 sur pilotis) à Bora-Bora et 150 chambres (dont une douzaine de pilotis) à Punaauia, sur l'île de Tahiti, à une quinzaine de kilomètres de Papeete. Un investissement global de près de 400 millions de francs (GTM est l'entreprise générale, Jean-Hugues Tricart, l'architecte). Ce qui fait dire à un entrepreneur de BTP local, spécialisé dans la climatisation et l'électricité, Jean-Jacques Lefondré : « Tous ces projets immobiliers et touristiques profitent au secteur du bâtiment et des travaux publics (2) qui, après le tourisme, les perles noires tellement appréciées des Japonais, la pêche et les produits de la mer, occupe le quatrième rang en termes d'activités économiques ».

De nombreux projets d'extension et de rénovation

Le groupe Accor, en particulier sa chaîne Sofitel/Coralia, qui compte quatre établissements en Polynésie, est, lui aussi, bien décidé à jouer cette destination. L'archipel vaut d'ailleurs des taux de remplissage si élevés qu'une compagnie aérienne comme AOM est même parfois obligée de refuser des passagers, tellement la demande est forte.

La plupart des hôtels Sofitel/Coralia de la Polynésie française ont des projets d'extension ou de rénovation.

Une trentaine de bungalows (dont 20 sur pilotis) vont voir le jour d'ici à janvier 1999 au Sofitel Marara de Bora-Bora (50 millions de francs d'investissement). Une cinquantaine de bungalows sont programmés sur l'île de Rangiroa (60 millionsde travaux).

Une centaine de chambres supplémentaires vont être construites au Maeva Beach de Tahiti (40 millions de francs). Quant au Sofitel/Heiva de Huahine, une des plus belles îles polynésiennes, au moins 25 millions de francs de travaux vont permettre l'extension de ce magnifique complexe : 21 bungalows supplémentaires, dont 18 sur pilotis - les plus demandés, en particulier par la clientèle japonaise.

Rappelons que le Sofitel/Ia Ora de Moorea vient d'investir plus de 50 millions de francs dans la construction de 30 bungalows climatisés (dont 20 sur pilotis), aux normes anticycloniques. « Notre prochain investissement : la construction d'un héliport », tient à préciser Etienne Ragivaru, le directeur adjoint du « Ia Ora ».

(1) L'arrêt définitif des essais nucléaires à Mururoa et Fangataufa par le CEP (centre d'expérimentation du Pacifique) représente un manque à gagner annuel de près d'1 milliard de francs.

(2) Parmi les autres projets d'ores et déjà programmés : la construction d'un lycée aux îles Marquises et la production de 700 logements sociaux par an pendant une demi-décennie.

PHOTO : Le Sofitel/Heiva, à Huahine : vingt-et-un bungalows supplémentaires vont voir le jour.

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