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POINT DE VUE Entrées de ville Remodeler l'existant

michèle prats |  le 03/04/1998  |  Urbanisme commercialCultureProfessionArchitectureUrbanisme

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-Le rapport Sueur, récemment publié, préconise un effort particulier sur les entrées de ville. -Mais comment recréer des quartiers agréables à vivre ? Le point de vue de la secrétaire générale du Comité national des entrées de villes.

La ville ne se tronçonne pas : réfléchir sur les entrées de villes, c'est réfléchir sur les complémentarités entre les différentes fonctions de la ville, sur les solidarités entre ses différents quartiers. C'est enfin se poser la question de la définition de la ville : qu'est-ce qu'une ville aujourd'hui, où s'arrête-t-elle, comment agir sur elle ? Les périphéries, ces parties de villes en déshérence, ne sont plus de la ville, car elles sont monofonctionnelles et souvent implantées sur des communes extérieures à la ville-centre, sans autre lien avec elle que la nationale qu'elles bordent. A l'origine de ce phénomène :

d'une part, les logiques conjuguées de la politique de protection volontariste des centres-villes certes indispensable mais qui, par compensation, a engendré sur ses franges des espaces dits « de liberté », en fait de laisser-faire ;

d'autre part, l'urbanisme de « zonage », qui s'est traduit par la délimitation d'espaces à vocation spécialisée, mais vides de contenu, tant quant à l'organisation de la trame urbaine ou la prise en compte du paysage et de l'architecture.

L'importance du cadre de vie : un atout pour la périphérie

Aussi, si l'on plaide pour un retour à une réflexion sur la construction de la ville, et à un urbanisme volontariste, fondé sur un contenu qualitatif, il paraît indispensable que ceux qui font la ville, urbanistes et politiques, prennent en compte les attentes de nos concitoyens.

Il est évident que, dans la France du XXIe siècle, la ville ne peut plus être telle que l'appréciaient nos grands parents : les périphéries représentent déjà une superficie plus importante que les centres-villes. Par ailleurs, nos concitoyens aspirent à de nouveaux modes de vie, et privilégient certains critères, qui, au demeurant, évoluent en fonction des temps de la vie et des conditions économiques.

C'est ainsi que l'importance de la qualité du cadre de vie, mais aussi du cadre de travail et de loisirs, répond à une demande forte, qui comporte des exigences, parfois contradictoires : présence du végétal, des espaces verts, importance de l'orientation par rapport à la lumière et à l'ensoleillement, sécurité, absence de pollutions, facilité d'accès, transports en commun, rapprochement du lieu de vie et du lieu de travail, mais aussi identité, échelle humaine, vie de quartier et place du piéton dans la ville, tels sont les maîtres mots qui reviennent de façon récurrente, et auxquels il faut s'efforcer d'apporter des réponses.

Le problème essentiel des entrées de ville n'est pas celui de la fabrication de nouveaux quartiers, dont on peut espérer aujourd'hui pouvoir améliorer les règles de conception et les réalisations, compte tenu de la nouvelle réglementation (amendement « Dupont »), de la prise de conscience des élus, des pouvoirs publics et des intéressés eux-mêmes, mais bien plutôt celui du remodelage de l'existant.

Sur ce point on se sent démuni : comment traiter les friches, à partir de quels moyens juridiques et financiers ? Comment reprendre les plans d'aménagement de zone, ou les règles de lotissements privés, de manière à imposer une restructuration de la composition urbaine ? Comment traiter les espaces intermédiaires, et faire participer les propriétaires privés à leur entretien ? Et surtout comment recréer de vrais quartiers qui soient des lieux d'échanges et de vie, à échelle humaine ? Autant de questions posées au sein du Comité national des entrées de villes et que le rapport Sueur a abordées, en rappelant qu'il faut refaire la ville sur la ville.

Elire une structure d'agglomération au suffrage universel

La circonscription communale ne semble plus correspondre à la réalité économique et culturelle de la ville d'aujourd'hui. La démarche doit donc être intercommunale, ce qui permet d'éviter les surenchères inutiles, et les gaspillages de moyens financiers et d'espace. En cela, nous rejoignons les conclusions du rapport Sueur et appelons de nos voeux l'institution, à la tête de l'agglomération, d'un pouvoir politique fort, élu au suffrage universel. Il pourrait disposer de ressources financières propres, à l'échelle des problèmes urbains, culturels, sociaux et économiques à traiter, et de moyens législatifs et réglementaires permettant d'y faire face.

Un projet urbain se définit sur le long terme, ce qui suppose une véritable volonté politique, s'appuyant sur des équipes pluridisciplinaires solides, et à l'écoute de la population. A une ligne directrice tenace, il faut savoir adjoindre une capacité d'évolution dans le temps, et mobiliser toutes les forces vives pour créer une ville où il fera bon vivre, pour tous, et en tous lieux.

Le Comité national des entrées de ville

Le Comité national des entrées de villes est une instance interministérielle créée en 1995 à la suite du rapport que les ministres de l'Environnement et de l'Equipement avaient commandé à Ambroise Dupont, sénateur du Calvados. C'est ce dernier qui préside le Comité national.

Le Comité réunit, outre les différentes administrations concernées, (Equipement, Environnement, Commerce et Artisanat, Ville, Datar, Culture, Intérieur), les représentants des maires, des maîtres d'ouvrage et des maîtres d'oeuvre (notamment la Fédération nationale des agences d'urbanisme, la Fédération des CAUE et la Fédération des paysagistes), des acteurs économiques (grande distribution, commerce, afficheurs) et des associations du cadre de vie et des consommateurs.

C'est une instance de réflexion, de concertation et une force de propositions et d'incitation. Sa première mission a été de créer un Palmarès national des entrées de villes, proclamé tous les deux ans par les ministres afin de faire émerger les initiatives intéressantes. Sur 188 dossiers de candidatures, sept villes ont été sélectionnées en 1996, huit autres villes bénéficiant d'une mention thématique. Le Comité national des entrées de villes a tenu ses premières assises nationales à Amiens, les 16 et 17 septembre 1997 et travaille actuellement à la création d'une banque de données des entrées de villes.

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