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POINT DE VUE Alexandre Mirlicourtois : « Le bâtiment, un moteur puissant pour l'économie »

le 12/02/1999  |  ConjonctureNégoceTechnique

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Directeur d'études au Xerfi (1), il commente la conjoncture.

« Les résultats constamment mauvais de la construction depuis le début des années 90 semblent accréditer l'hypothèse de sa déconnexion par rapport à la conjoncture nationale, et donc de sa faible capacité d'entraînement. En prenant un peu de recul, il est cependant frappant de constater que pendant la longue descente aux enfers de la construction, l'économie française s'est située en deçà de sa croissance normale. Plus troublant encore, sa meilleure performance depuis près de dix ans, aura été obtenue en 1998 (+ 3,1 %) année de renaissance de la construction.

Cette coïncidence renvoie au rôle central que peut jouer le bâtiment sur l'ensemble de l'économie nationale. D'abord directement, compte tenu du poids de la filière. La construction représente 5,5 % du PIB (hors agriculture et administration), 270 000 entreprises (soit 15 % des entreprises françaises) et plus de 1,2 million d'actifs (auxquels il faut ajouter 100 000 travailleurs intérimaires). En outre, en raison de sa structure industrielle, qui se distingue à la fois par la présence marquée des PME (92 % des entreprises ont moins de dix salariés) et un maillage serré du territoire, le bâtiment a un impact direct dans l'aménagement du territoire en soutenant l'emploi local. Mais, plus que par son poids direct dans l'ensemble de l'économie, le rôle du bâtiment doit se mesurer avec celui des secteurs qui y sont liés. D'abord en amont, la fabrication et le négoce de matériaux de construction rassemblent, l'un près de 91 000 salariés, l'autre plus de 60 000. Puis en aval, les activités immobilières totalisent près de 200 000 sociétés, 220 000 personnes employées, et réalisent un chiffre d'affaires proche de 350 milliards de francs. Dans une première approche et en intégrant les géomètres, les métreurs et les architectes et tous les secteurs directement liés (peinture, menuiseries et construction métallique, ingénierie), le bâtiment, c'est plus de 10 % de la valeur ajoutée totale du système productif et plus de un salarié sur dix. Et encore, ces chiffres sous-estiment en grande partie son influence réelle. Sans vouloir dresser une liste exhaustive, il apparaît qu'une large partie de l'économie reste accrochée à la conjoncture de la construction. De l'ameublement (fabricants, comme distributeurs) et plus largement du gros équipement du foyer, aux services de déménagements, jusqu'aux services financiers (distribution de crédit à l'habitat), c'est bien un pan entier de l'économie (entre 15 et 20 %) qui demeure lié aux variations de la construction.

Dès lors, à un moment où les prévisions sur 1999 sont revues à la baisse, semaine après semaine, en raison des turbulences du commerce mondial, il serait peut-être bon de se rappeler qu'à l'intérieur le bâtiment est de retour et qu'il peut être un moteur puissant pour l'ensemble de l'économie. »

(1) Institut Xerfi (conjoncture, stratégies d'entreprises et recherches financières) ; tél. : 01.53.21.81.53 ; fax : 01.53.21.81.53 ; e-mail : aissac@worldnet.fr

PHOTO : Alexandre Mirlicourtois : «Il apparaît qu'une large partie de l'économie reste accrochée à la conjoncture de la construction. »

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