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PME Une lente remontée en 1997

MICHEL OCTERNAUD |  le 31/01/1997  |  ConjoncturePME du BTPEntreprises

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-Selon l'institut de recherches économiques et financières Xerfi, cette année sera marquée par la résistance d'un tissu solide de PME, malgré une conjoncture encore détestable. -Leurs performances financières devraient s'améliorer en douceur, mais au prix d'une quasi-absence d'investissement.

Le Xerfi (1) vient de publier une étude qu'il a menée auprès d'un panel de 1 188 entreprises des différents corps de métiers du BTP, privilégiant les PME autonomes, au détriment de grands groupes et de leurs filiales qui fausseraient cette analyse des performances économiques et financières, en raison de leur diversification et de leur forte activité internationale.

L'institut prévoit que 1997 sera marquée par « la résistance d'un tissu solide de PME dont la croissance d'activité approchera 3 % (contre 2 % en 1996) », alors même que l'ensemble du BTP, selon les sources syndicales professionnelles affichera encore des résultats nettement négatifs ( - 7 % pour les TP et - 1,8 % pour le bâtiment). « Dans ce contexte, commente le Xerfi, le noyau solide des PME étudié est pourtant parvenu à retrouver le chemin de la croissance dès 1994 et s'est maintenu sur ce trend positif (...). Il n'y a pas là de paradoxe, poursuit l'institut, nous avons tiré les conséquences d'une véritable sélection darwinienne qui a entraîné la disparition des éléments les plus fragiles de la population d'entreprises. »

La crise de 1993 a conduit également les entreprises « à maîtriser leurs frais généraux, à mettre en place une politique plus rigoureuse de gestion et à recourir à la sous-traitance, ainsi qu'au travail intérimaire, après avoir réduit les effectifs ». Pour survivre en 1997, ces PME vont devoir accentuer leurs efforts de résistance « dans la logique d'une gestion défensive, forte de quatre grands mots d'ordre ».

Flexibilisation : recourir à la sous-traitance demeurera encore cette année le moyen d'ajustement privilégié, note l'étude. De fait la hausse des charges de sous-traitance va peser sur le taux de valeur ajoutée qui ne parviendra pas à décoller de son niveau plancher (il représenterait 38 % de la production en 1997).

Productivité : le contrôle très strict des frais de personnel ne se relâchera pas et leur poids devrait s'alléger jusqu'à représenter moins de 44 % de la marge brute.

Investissements : les projets des PME resteront dans les cartons, souligne le Xerfi, au risque d'hypothéquer l'avenir. Le poids des moyens corporels dans le partage de la valeur ajoutée s'allégera encore. Il en représentera à peine 5,5 % en 1997.

Assainissement financier : le rééquilibrage des bilans va se poursuivre. Le taux d'endettement va continuer à se réduire du fait de l'absence d'investissements de court ou de moyen terme. Les fonds propres devraient représenter le quart des ressources en 1997, contre à peine plus de 20 % en 1991. La poursuite de la décrue des taux d'intérêt, amplifiée par la baisse du taux d'endettement, permettra aux entreprises de maintenir leur résultat financier. « Grâce à l'amélioration des conditions de l'exploitation et au maintien de leur politique de prudence, les PME réussiront une remontée de l'excédent net d'exploitation au-delà du seuil de 2,5 % de la production. » Et en définitive, le taux de marge économique nette atteindra la barre de 7 % de la valeur ajoutée en 1997, c'est-à-dire un niveau relativement proche de ceux du début des années 90.

(1) Le Xerfi, créé en 1993 à l'initiative de Laurent Fabius, président, est un institut totalement indépendant. Il possède une approche pluridisciplinaire avec notamment un modèle de prévisions économiques et financières, « Mapsis ». Tél. : 01.42.80.90.13.

(CORRECTION PARUE DANS LE MONITEUR N° 4863 LE 07/03/97 PAGE 23 : LAURENT FAIBIS,...)

GRAPHIQUE

Variation nette redressée (variation de l'ENE échelle de gauche, ENE/VA échelle de droite)

La rigueur de gestion alliée à la faiblesse de l'investissement entraîneront une nouvelle remontée de la marge nette des entreprises en 1997 à un taux de 7 %, niveau relativement proche du début de période.

ENE : excédent net d'exploitation.

VA : valeur ajoutée.

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