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«Plus qu’architectes, nous devons être désarchitectes», Raphaël Ménard
Pour Raphaël Ménard, «face à l’actuelle pauvreté du débat sur la transition écologique en France», Arep doit se positionner comme un acteur engagé. - © Maxime Huriez/Arep
Interview

«Plus qu’architectes, nous devons être désarchitectes», Raphaël Ménard

Propos recueillis par Marie-Douce Albert et Julie Nicolas |  le 28/01/2022  |  TechniqueArepRaphaël MénardEmpreinte carboneTransition écologique

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Le 27 janvier, Arep a sorti sa toute première revue «Post», comme post-carbone. Son président du directoire présente cette publication comme un acte militant. A cette occasion, Raphaël Ménard détaille les projets que l’agence d’architecture met en œuvre, dans une démarche exigeante de transition écologique.

Est-ce bien le rôle de la première agence d’architecture de France de lancer une revue dédiée au monde post-carbone qui doit advenir d’ici à 2050 ?

Arep est et continuera d’être un blockbuster post-carbone dans son domaine. Avec nos 1000 collaborateurs et 25 années d’existence, nous avons une force de frappe qui nous permet d’agir à travers nos projets. Mais, face à l’actuelle pauvreté du débat sur la transition écologique en France, nous nous positionnons aussi comme militant. Nous sommes à la fois des sachants et des acteurs engagés.

Au travers des 130 pages de la revue «Post», qui est parue le 27 janvier, nous souhaitons dresser un état de la recherche, alimenter les questionnements et donner à lire un imaginaire de ce que pourrait être la ville post-carbone. Avec une dimension pédagogique, accessible, « Post » s’adresse à un large public. D’ailleurs, la revue commence par un glossaire dans lequel nous expliquons des notions comme la densité, le post-carbone, la solastalgie (1) ou la séquestration du CO2.


Dans cette revue, vous avez choisi de vous interroger sur ce qu’est la bonne échelle pour concevoir un territoire post-carbone. Alors, qu’elle est-elle ?

Se pose en effet la question de la taille optimale de la ville dans une perspective de neutralité carbone. « Post » revient par exemple sur le phénomène de la métropolisation qui prévalait  depuis une dizaine d’années et affichait des objectifs tels que « Bordeaux métropole millionnaire ». Aujourd’hui, ce modèle paraît périmé et trop éloigné de l’échelle humaine.

Territoires de faible densité

A l’inverse, dans un texte que j’ai écrit précédemment et intitulé «Petits pays renouvelables», je détaillais la nécessité de flécher les investissements vers les territoires de faible densité, tels que les zones péri-urbaines, les bourgs ou ces lieux que l’on dit faire partie de la «diagonale du vide». Les leviers de la transition écologique sont davantage à chercher là qu’à Lyon ou Nantes, qu’il s’agisse de participation démocratique, d’indépendance alimentaire ou énergétique… On pourrait par exemple les rendre prioritaires dans l’attribution de certaines aides, comme le préconisait d’ailleurs la Convention Citoyenne pour le Climat à l’issue de ses travaux. La prime à l’achat d’un véhicule électrique semble par exemple plus utile aux habitants de ces territoires qu’à un Parisien.


«Post» sort fort à propos, trois mois avant l’élection présidentielle…

C’est une coïncidence mais nous le partagerons peut-être avec les candidats. Je crois à 200 % au lien entre théorie et pratique.


Parlons justement de la pratique d’Arep. Vous avez engagé une démarche volontariste baptisée EMC2B, pour illustrer vos points d’attention prioritaires : Energie, matière, carbone, climat et biodiversité. Comment se traduit-elle dans vos projets les plus récents ?

Nous venons de rendre l’étude que nous avons menée dans le cadre de la consultation «Luxembourg in transition» et nous avons établi une feuille de route de la décarbonation du Grand-Duché et de sa zone fonctionnelle, c’est-à-dire les régions qui, dans les pays voisins, sont connectés à son territoire. Par ailleurs, nous allons faire un exercice similaire à Annecy. Il est important, dans ces travaux à grande échelle, de bien définir les besoins puis, pour ne pas rester paralysé devant l’ampleur de la tâche, de pointer les quelques sujets par lesquels il est possible de commencer. Par exemple au Luxembourg, nous recommandons la préservation de ses importantes zones forestières afin d’agir à la fois sur la séquestration du carbone et sur la biodiversité.

Sur le même sujet Le Luxembourg, paré pour opérer sa transition zéro carbone

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Commentaires

«Plus qu’architectes, nous devons être désarchitectes», Raphaël Ménard

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Stupéfaction

28/01/2022 19h:43

Pourquoi utiliser un langage aussi dégoûtant pour parler de choses simples ? Pour dissimuler une ignorance, ou des intentions peu avouables, cachées (non dites dans le propos) ? Pour faire "savant", ou "sachant", quand visiblement on ne sait rien ? Merci de vos réponses.

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