Entreprises de BTP

Plus belle réussite, plus grand regret … Patrick Liébus, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb)

Mots clés : Artisanat - Entreprise du BTP - Gouvernement

Le Président de la Capeb depuis 2010, Patrick Liébus, est un homme engagé. Dans le syndicalisme depuis 28 ans, sur le plan départemental puis national, mais aussi et toujours dans son entreprise de sept salariés, spécialisée en couverture-zinguerie-charpente à Saint-Denis-lès-Bourg (Ain), épaulé par sa femme et rejoint par sa fille aînée. Ardent défenseur des causes justes, il ne lâche rien, même au plus haut niveau du gouvernement.

Quelles sont vos plus belles réussites professionnelles ?

Le moment le plus intense de ma carrière professionnelle est sans nul doute le premier jour où j’ai mis la clé dans la serrure de l’atelier de mon entreprise. C’était en 1981, j’avais alors 26 ans et je créais ma propre entreprise. Il faut dire que devenir chef d’entreprise alors que rien ne le prédestinait a été pour mon épouse et pour moi une grande satisfaction.

Un autre temps fort, je le dois au syndicalisme quand, cinq ans après la création de mon entreprise, mes pairs de la Capeb départementale, les « anciens », m’ont demandé de prendre les rênes soit de la Chambre des Métiers, soit de la Capeb départementale. En me mettant sur les rails et en me proposant de telles responsabilités, ils me témoignaient de leur reconnaissance. Quel honneur ! J’ai bien sûr accepté et je suis resté 10 ans à la présidence de la Capeb de l’Ain.

Des bonheurs, il y en a bien d’autres dans ma mission syndicale en tant que président de la Capeb et vice-président de l’UPA (Union professionnelle artisanale. Je les résumerais en parlant de signatures d’accords ou de décisions gouvernementales prises après d’âpres négociations. C’est un peu la récompense du travail accompli. Bien sûr, je ne suis pas seul à mener ces combats, mais en tant que porte-parole et négociateur de la Capeb et de l’UPA, j’en retire une grande satisfaction.

 

Quels sont, à l’inverse, vos plus grands regrets ?

Là aussi, ils sont à deux niveaux.
Du côté de mon entreprise, j’aurais aimé aller plus loin, la développer plus qu’elle n’est aujourd’hui, avoir davantage de salariés et transmettre, quand l’heure sera venue, un plus bel outil. Mais mon implication dans mon organisation syndicale m’ont ralenti dans la recherche de développement de ma société. Ce n’est pas un vrai regret puisque j’en ai fait le choix, mais j’ai quand même le sentiment de ne pas avoir été au bout du bout. Comme je peux avoir conscience de ne pas avoir passé assez de temps avec mes deux filles.
Autant l’engagement syndical peut apporter de grandes joies, qu’il peut engendrer aussi des déceptions. Face à des décisions politiques qui vont à l’encontre de la justice pour laquelle je me bats, je ressens certaines fois des phases de découragement. Comme par exemple la décision récente du Conseil Constitutionnel de supprimer les « clauses de désignation » en matière de santé et de prévoyance (1)  de la loi sur la sécurisation de l’emploi. En tant que négociateur de l’UPA de l’accord interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi, je me suis battu pour que ces clauses de désignation soient maintenues et nous avions réussi à les imposer, jusqu’au 13 juin où le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement. Malgré tout, après ces phases de découragement, il y a le rebond. Il n’est pas question de baisser les bras, trop de gens me font confiance. Et ça, c’est une vraie source de motivation.

 

(1) « Clauses de désignation » : possibilité pour les branches professionnelles d’imposer à toutes leurs entreprises un organisme assureur en matière de prévoyance complémentaire (santé, décès, invalidité, incapacité).

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