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Plans de relance industrielle : prioriser les actions de la rénovation thermique des bâtiments
Jacques Pestre, Directeur général de Point.P Matériaux de Construction et Marcel Torrents, président du directoire de Delta Dore, co-chefs de projet Rénovation thermique des bâtiments pour la "Nouvelle France industrielle" - © © Saint Gobain/Delta Dore

Plans de relance industrielle : prioriser les actions de la rénovation thermique des bâtiments

Adrien Pouthier |  le 14/10/2013  |  EtatEnergieInternationalMaine-et-Loire

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Isolation et pilotage des bâtiments, voilà les deux axes retenus par le ministère du redressement productif pour son projet de relance industriel dans la rénovation thermique des bâtiments. Jacques Pestre (Groupe Point P) et Marcel Torrents (Delta Dore) co-chefs de projet ont défini pour le Moniteur.fr les contours de leur mission.

Dans les 34 projets pour la « Nouvelle France industrielle », François Hollande et Arnaud Montebourg ont choisi de faire figurer les industries du secteur de la rénovation thermique. Deux co-chefs de projets ont donc été nommés. Jacques Pestre, Directeur général de Point.P Matériaux de Construction et Marcel Torrents, président du directoire de Delta Dore.

« Dans les plans de rénovation énergétique on a pris l’habitude d’opposer l’efficacité passive (l’isolation) et l’efficacité active (garantir une certaine performance par le pilotage des bâtiments). C’est donc une bonne idée d’avoir regroupé les deux aspects », explique Marcel Torrents. « En effet, ça ne sert à rien d’installer des solutions techniques de pilotage énergétique dans un bâtiment qui est une passoire thermique et à l’inverse, un bâtiment peut être très performant intrinsèquement, si les utilisateurs ne le gère pas bien, ses qualités peuvent se trouver annulées. »

L’ambition de ce groupe de travail : faire accélérer les choses.

« Ce que nous ne voulions pas c’était créer un énième groupe de travail et de réflexion sur la rénovation thermique. Sur le sujet, tout est déjà quasiment écrit et les initiatives sont déjà lancées », rappelle Jacques Pestre. «  Notre rôle sera donc surtout de prioriser les actions avec cette idée : comment faire pour aller plus vite. On n’a pas le temps de réinventer une autre histoire. Dès lors, quels sont les moyens financiers et réglementaires à mettre en œuvre pour accélérer les plans de rénovation ? »

Formation

Le maître mot des deux hommes : la formation. Des artisans du bâtiment : « l’éco-conditionnalité et la mention Reconnu Grenelle Environnement rentrent en vigueur  au 1er juillet 2014, rappelle Jacques Pestre. Si on veut être prêt pour cette échéance,  quels moyens met-on en place pour accélérer la formation des artisans du bâtiment ? Nous allons les définir précisément et faire des demandes au gouvernement. » Formation des professionnels, mais aussi des utilisateurs finaux : « La formation des électriciens et des plombiers-chauffagistes aux nouvelles technologies est importante. Mais il faut aussi insister sur l’importance de donner les bonnes règles d’utilisation pour garantir au maximum la performance énergétique du bâtiment, rappelle Marcel Torrents. C’est facile pour les bâtiments tertiaires où les règles sont imposées aux occupants. Ca l’est beaucoup moins pour les logements. Tout cela passe par la mise au point de tableaux de bords pour faciliter le « pilotage » et une éducation des occupants. »

Une idée que confirme Jacques Pestre : « il y aura certainement des efforts de communication à faire. Pour que le programme de rénovation thermique soit présenté de manière plus simple et directe ».

Si la R&D n’est pas oubliée, ce n’est pas une priorité. « Dans notre secteur, on n’a pas de projet comme la mise au point de la voiture qui consomme 2 litres au 100 ! rappelle Marcel Torrents. « Dans le domaine du pilotage des bâtiments, mon idée est d’apporter des solutions complètes et surtout économiques. Pas forcément nouvelles et révolutionnaires. Les types d’habitation et les modes de chauffages sont trop disparates. C’est très compliqué  et cher de demander par exemple à quelqu’un qui se chauffe à l’électrique d’opter tout à coup pour un plancher chauffant.

Croissance et emploi

La vraie « révolution » pourrait bien se trouver dans la réglementation : « Il n’y pas d’obligation de rénovation énergétique des logements. On pourrait imaginer pour les copropriétés d’agir comme pour les ravalements de façades, qui eux sont obligatoires, de provisionner pour la rénovation énergétique de l’immeuble. »

Finalement, la mission du groupe de travail c’est aussi de présenter au gouvernement des progrès en termes de filière industrielle. Jacques Pestre : « Le  gouvernement cherche de la croissance pour les entreprises avec évidemment des emplois à la clef. Dans cette optique on peut faire valoir que si on mettait en place une politique de rénovation énergétique très efficace (rappelons que depuis 2000, la consommation énergétique des bâtiments a augmenté de 6 %) en isolant par exemple 600.000 logements d’ici 5 ans - en les faisant passer du niveau  G à B sur l’étiquette énergétique – (sur les 33 millions que compte le pays), cela pourrait générer 225.000 emplois. Par ailleurs, la production de l’usine d’Isover, nouvellement installée  à Chemillé dans le Maine-et-Loire pour un investissement de 120 millions d’euros,  permet d’isoler 100.000 maisons. Voilà le genre d’éléments chiffrés qu’on peut mettre en avant. »

Et dans le domaine du pilotage des bâtiments ? « De mémoire, le potentiel  est de 40.000 emplois nouveaux à terme, estime Marcel Torrents. A nous de travailler pour confirmer ce chiffre et de proposer les solutions pour l’atteindre. Mais surtout notre message porte sur le fait que notre action ne doit pas s’arrêter à l’équipement des bâtiments rénovés. Elle doit continuer dans un souci d’entretien permanent pour ne pas avoir à tout refaire dans 10 ou 15 ans. »

D’ici Batimat, MM. Pestre et Torrents devraient avoir formé  un groupe de quinze à vingt personnes représentant les principaux acteurs et plans déjà en place (le COSEI, le Plan Bâtiment Durable, les organisations professionnelles, les organismes de formation et les entreprises) et tenu leur première réunion de travail. Ils devront ensuite rédiger d’ici janvier prochain une feuille de route à présenter au ministre du Redressement productif.

Le négoce en matériaux (enfin ?) reconnu

« Ma nomination comme chef de projet représente une bonne nouvelle pour le négoce en matériaux, qui était un peu ignoré jusqu’à présent dans les discussions sur la rénovation thermique », s’est réjoui Jacques Pestre. « Or dans notre secteur, nous connaissons l’ensemble des fournisseurs et des technologies. Mais nous connaissons surtout les artisans qui viennent se fournir chez nous, et leurs besoins.  Et nous avons déjà commencé à nous rapprocher d’eux sur les questions de rénovation thermique. Nous avons initié un  accord de formation avec la Capeb (lire notre article). Nous allons réaliser 1 000 formations d’ici la fin de l’année. »

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