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Plan de rénovation énergétique : les professionnels partagés sur les moyens d’y parvenir
"Cet objectif de 500 000 logements par an est très ambitieux", estime Pierre Madec, économiste à l'OFCE. - © © Phovoir

Plan de rénovation énergétique : les professionnels partagés sur les moyens d’y parvenir

Augustin Flepp |  le 27/04/2018  |  EnergieTechniqueEfficacité énergétique

Les organismes professionnels et les associations de lutte contre la précarité énergétique saluent l’annonce du plan Hulot, qui doit permettre d’engager 500 000 rénovations énergétiques par an. Mais ils se montrent plus sceptiques sur les moyens d’y parvenir, et s’inquiètent du montant alloué à la future prime remplaçant le CITE à partir de 2019. Réactions.

La FFB et la Capeb se félicitent des ambitions affichées par le ministère de la Transition écologique et solidaire, notamment sur l’objectif de 500 000 rénovations énergétiques par an avec une focalisation sur les ménages en situation de précarité énergétique et les « passoires thermiques ». Cependant, les deux organisations se disent plus inquiètes sur la décision de remplacer le CITE par une prime dès 2019, dont l'enveloppe budgétaire pourrait être réduite de moitié et exclurait les fenêtres et les chaudières performantes au fioul.

Coup de rabot

La Capeb attend avec vigilance le détail de l’enveloppe alloué à cette nouvelle prime. « A ce stade, nous craignons que les pouvoir publics ne décident seuls sans concertation et ne soient tentés de réduire encore les moyens alloués pour soutenir les particuliers », s’offusque la Confédération artisanale.

La Fédération dirigée par Patrick Liébus émet également des réserves sur le projet d’alignement de l’éco-prêt à taux zéro sur le champ de la future prime, qui conduirait, selon elle, à « revoir très fortement à la baisse les ambitions en matière de rénovation énergétique, particulièrement pour les copropriétés ».

Généraliser les CPE ?

Pour encourager la rénovation massive des bâtiments publics, le gouvernement veut déployer à grande échelle des outils juridiques et financiers innovants, comme les contrats de performance énergétique (CPE). « Les CPE permettent de confier des travaux de rénovation à des entreprises qui s’engagent sur un niveau d’économie d’énergie sur lequel elles se rémunèrent », argue le plan de rénovation énergétique. Sur ce point, la FFB reste dubitative et plaide plutôt pour la diffusion de solutions "ad hoc".

Les propositions relevant de l’écologie punitive, qu’il s’agisse d’obligations de travaux ou de bonus/malus, n’apparaissent plus dans le plan du Gouvernement, se réjouit la Fédération dirigée par Jacques Chanut. « De telles mesures conduiraient inévitablement à un blocage des marchés, notamment dans les territoires aujourd’hui en difficulté ».

Au micro de RTL, ce vendredi, Nicolas Hulot a finalement confirmé que le bonus/malus était actuellement à l'étude et qu'une décision serait prise avant l'été.

L'UNPI (Union Nationale de la Propriété Immobilière) n'a pas tardé à réagir par la voix de son président, Jean Perrin. L'association de défense des propriétaires rappelle que "les propriétaires n'ont pas tous la capacité financière permettant de payer des travaux obligatoires, d'autant que le retour sur investissement n'est pas immédiat et les aides financières prévues insuffisantes pour certains ménages".

Label RGE renforcé

Sur le volet « formation », le Gouvernement s’est engagé à améliorer le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le contrôle de la qualité des travaux effectués par les professionnels labellisés sera renforcé, tandis que l’évaluation des travaux par les clients sera simplifiée et encouragée. Une réforme soutenue par la FFB, qui souhaite rendre le dispositif plus lisible pour le particulier. Jacques Chanut a tenu à rappeler la nécessité de dévoiler au plus vite les éléments précis de cette réforme, du fait du temps de la diffusion auprès de l’ensemble des professionnels.

Renforcer les contrôles

La Capeb attend plus de précisions du ministère sur la mesure visant à renforcer les contrôles. Elle rappelle que les organismes de qualification sont déjà « très actifs ». En 2017, plus de 27 000 audits ont été réalisés par Qualibat, l’organisme de qualification chargé de délivrer le label RGE. La Confédération artisanale souhaite la mise en place de contrôles mieux ciblés, « pédagogiques et personnalisés », pour éviter de pénaliser les entreprises vertueuses et écarter les « écolos-délinquants ».

« Nous comptons aujourd’hui plus de 12 000 Eco Artisans labellisés RGE, rappelle Patrick Liébus, le président de la Capeb. Il ne faut pas casser cette dynamique qui doit constituer la base et les fondations sur lesquelles nous devons nous appuyer pour relever le défi de la rénovation énergétique. Ce dispositif doit être davantage soutenu pour être à la hauteur des enjeux ».

Renforcer le critère carbone

Le collectif « Rénovons ! » qui regroupe plusieurs associations (Cler, Fondation Abbé Pierre, Soliha…) engagées dans la lutte contre la précarité énergétique, estime que les objectifs du plan dévoilé par Nicolas Hulot à Angers demeurent « insuffisamment ambitieux » pour rénover l’ensemble des passoires énergétiques à l’horizon 2025. Les locataires en situation de précarité énergétique sont les grands oubliés de ce plan, s’offusquent les membres du collectif. « Il manque encore et toujours un critère de performance énergétique clair et mesure autorisant la location d’un logement ».

De son côté, Promotelec accueille positivement les mesures annoncées par le gouvernement : CITE transformé en prime, réforme du mode de calcul du DPE, renforcement du label RGE… Mais l’association rappelle que l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments va de pair avec l’amélioration de ses performances environnementales.

Les dernières études montrent que la France n’a pas réussi à tenir ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment ceux issus du secteur du bâtiment. L’organisme plaide donc pour un durcissement de l’exigence du critère carbone dans le label E+C-, actuellement en expérimentation et qui préfigure la future réglementation environnementale attendue en 2020.

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