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Plaidoyer pour la variante métallique du viaduc de Millau

GUILLAUME DELACROIX |  le 02/06/2000  |  TravailAcierMarchés publicsAveyronTarn

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En attendant la publication de l'avis à concession

Les conversations vont bon train au sein des groupements candidats à la concession du viaduc de Millau. En attendant l'appel d'offres, différentes techniques de construction sont mises à l'épreuve. Ainsi, l'Office technique pour l'utilisation de l'acier (Otua) a profité d'une journée organisée le 18 avril dernier à Millau sur les ponts dans les sites montagneux pour lancer un plaidoyer argumenté en faveur de la solution métallique.

Hébergé chez Usinor, à La Défense, et financé par les grands noms européens de l'acier, l'Otua prêche évidemment pour les plats et les tubes. Mais dans le cas présent, ce lobby du métal est parvenu à faire phosphorer les entreprises de construction métallique entre elles : Eiffel, Baudin Châteauneuf, Richard Ducros, Secométal... Résultat : une solution qui apporte une pierre très importante au dossier du futur grand viaduc.

« Nous procédons à la validation d'une technique qui s'avère plus économique et plus rapide qu'avec d'autres matériaux », explique Pierre Bourrier, président de l'Otua. « L'objectif est de convaincre les pilotes des groupements candidats de l'intérêt à présenter une variante acier dans leur offre. »

Une réduction des emprises au sol

Concrètement, l'Otua propose de pousser deux caissons en acier, raidis par des tubes, depuis les rives, et de réaliser leur jonction au-dessus du Tarn. En raison de la longueur des huit travées (342 m), il prévoit le montage de sept palées provisoires en tubes boulonnés. « Cela signifie que l'on devra lancer sur plus de 170 m de long », souligne le responsable des ponts de l'Otua. « Le viaduc de Verrières qui est en travaux à côté de Millau constitue à ce titre un ..entraînement'' , puisqu'il y aura un poussage de 144 m cet été. » Sauf qu'à Millau, cette opération devrait se réaliser à 240 m de haut, contre 140 m à Verrières ! « C'est pourquoi nous avons prévu de haubaner provisoirement les palées, ainsi que le tablier. D'ailleurs, notre solution offre beaucoup plus de sécurité par rapport au risque majeur du projet, à savoir le vent latéral pendant le chantier : le caisson métallique est bloqué transversalement, tandis que des fléaux en béton construits sur chacune des piles risqueraient de tourner. »

Une fois le tablier lancé, les pylônes métalliques de 90 m (les parties des piles situées au-dessus du tablier) seraient acheminés à l'horizontale, puis levés à la grue en position définitive. Ils pourraient être constitués de caissons en tôle soudée remplis de béton, qui seraient ensuite cloutés par des tiges précontraintes dans les piles en béton. Dernière étape enfin : le haubanage du tablier, et le démontage des palées.

Selon l'Otua, la rapidité de cette solution tiendrait notamment au fait qu'il n'y aurait que deux chantiers (les ateliers d'assemblage en rive), alors qu'une solution béton avec haubanage simultané et symétrique créerait au moins sept chantiers (un sur chaque pylône).

Réduites au minimum, les emprises sur le terrain seraient donc moins contraignantes pour l'environnement. Elles n'empêcheront pas, toutefois, la nécessité d'un franchissement du Tarn au fond de la brèche. Un pont est d'ailleurs déjà en construction à cet endroit, et c'est Eiffel qui a obtenu le marché, pour un ouvrage... métallique. Un clin d'oeil dans lequel certains aimeraient aujourd'hui voir un « signe » !

SCHEMAS :

POUSSAGE DU TABLIER METALLIQUE

Schéma de principe

La solution métallique du viaduc consisterait à pousser le tablier (de droite à gauche sur le dessin), en prenant provisoirement appui à mi-travée sur une palée provisoire formée de tubes boulonnés et haubanée en tête. Le tablier serait lui-même provisoirement haubané sur son axe longitudinal. Poids du métal à mettre en oeuvre : 34 000 t pour le tablier, 6 000 t pour les pylônes à mettre en place après le poussage, et 2 000 t pour les haubans définitifs. Durée du chantier estimée par l'Otua (hors piles en béton) : moins de deux ans.

COUPE TRANSVERSALE SUR PILE

Imposée par la maîtrise d'oeuvre, la section du tablier est un caisson trapézoïdal dont les bases mesurent 5 m et 28 m (poids de la solution acier : 34 000 t). En acier rempli de béton, le pylône viendrait reposer sur la pile en béton à travers le tablier, au moyen d'une précontrainte de clouage

PHOTO : .Le viaduc de Millau franchira le Tarn au moyen de sept pylônes haubanés, dont le plus haut atteindra 340 m.

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