Piveteau Bois vise la grande hauteur
La plus grande usine française de bois lamellé croisé est entrée en service en janvier à Essarts en Bocage (Vendée) - © laurent miguet

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Laurent Miguet |  le 06/03/2019  |  Bois lamellé-croiséIGH

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Piveteau Bois relève le défi des immeubles de grande hauteur. Connue dans la filière paysage pour sa contribution aux clôtures et terrasses bois ou composite, l’entreprise familiale d’Essarts-en-Bocage (Vendée) entend tirer profit d’un programme d’investissements de 40 millions d’euros bouclé en janvier.

La plus importante unité de production française de bois en panneaux à plis croisés est entrée en service en janvier à Sainte-Florence, village désormais rattaché à Essarts-en-Bocage (Vendée). Dès 2020, Piveteau Bois espère approcher la production de sa capacité de 50 000 m3/an.

Marché en décollage

Encore en rodage dans un marché français qui n’a pas dépassé 40 000 m3 en 2018, l’usine tourne à raison d’un poste par jour depuis janvier, exclusivement par la vente directe aux entreprises de construction : 90 % de panneaux pré-percés selon les exigences des projets, et 10 % de pièces brutes. L’industriel vendéen annonce un second poste en avril, avant le passage en trois fois huit espéré d’ici à la fin de cette année.
Connus par le sigle anglais CLT (cross laminated timbers), les panneaux pliés à plis croisés rivalisent avec les voiles béton par leur résistance mécanique, grâce à l’alternance de plis longitudinaux et transversaux. Ils se qualifient pour les immeubles bois de grande hauteur dont les projets se multiplient dans l’hexagone.

Success story familiale

« Nous nous intéressons à cette technologie depuis une dizaine d’années et notre nouvel atelier arrive à temps pour accompagner le décollage du marché », estime le président de l’entreprise familiale, Jean Piveteau, petit-fils du menuisier charpentier du village de Sainte-Florence, créateur de l’entreprise en 1948. Selon lui, le marché français atteindra 60 à 70 000 m3 en 2019, et 120 000 en 2020. Piveteau Bois espère débloquer les freins financiers et culturels affrontés par le nouveau matériau, en réduisant les difficultés logistiques des chantiers urbains.

Fils du fondateur, Jean Piveteau (à gauche), P-DG, à côté de son frère Pierre, président du conseil de surveillance, au centre, et de son neveu Philippe (à droite), directeur général.


Installé dans un parallélépipède d’1 hectare couvert, l’outil industriel a mobilisé 18 millions d’euros qui ne constituent que la partie aval d’un investissement total de 40 millions d’euros. En amont et de l’autre côté du village, près de l’atelier du grand-père en voie de transformation en musée industriel, ce programme a porté sur deux autres volets : l’extension de la capacité de sciage, portée à 250 000 m3, et surtout le contrôle qualité et le pilotage de la découpe par des scanners à rayons X.

Innovation sans précédent

« Ce système reste pour l’heure unique au monde », affirme Philippe Piveteau, directeur général, chargé de la production. Lorsqu’un billon présente une qualité hétérogène, la découpe isole la partie compatible avec les critères les plus exigeants.
L’optimisation de la ressource locale approfondit une stratégie constante et atypique, dans l’industrie française de la transformation du bois : Piveteau Bois a toujours privilégié la ressource locale, en particulier le pin sylvestre et le douglas, prélevés en grande partie dans la forêt domaniale du bocage vendéen, voisine de Sainte-Florence. Les usines polonaise et corrézienne appliquent la même règle.

En amont de sa nouvelle unité de bois lamellé croisé, Piveteau bois a renforcé les capacités de sa scierie, asservie à un contrôle qualité par rayons X.

Bois local

Alors que l’homogénéité de l’épicéa a facilité la domination de l’Autriche et de l’Allemagne sur le bois construction, Piveteau Bois parie sur le CLT et sur les rayons X pour ouvrir de nouveaux horizons à ses essences de prédilection, plus dures que celle de ses concurrents, et poursuivre ainsi une trajectoire impressionnante : de 2000 à 2019, son chiffre d’affaires est passé de 20 à plus de 200 millions d’euros. Plus de la moitié de ses 800 salariés travaillent en Vendée.
Pour l’heure, l’extension du siège de Michelin, exécutée par Léon Grosse à Clermont-Ferrand, offre sa première référence majeure au matériau émergeant. Mais Jean Piveteau n’exclut rien.

Le coup d’après

Une série d’abribus en CLT démontrera les atouts du matériau dans des productions simples et répétitives : « De nouveaux usages ne demandent qu’à se développer. Nous imaginons des bancs, tables, pergolas et vérandas », poursuit le président.
Alors que le passage sous la presse limite la capacité en raison d’une durée incompressible de 30 mn de collage et de séchage, l’industriel a déjà prévu le coup d’après : assez spacieuse pour une seconde presse anticipée dès sa mise en service, la nouvelle usine pourra doubler sa capacité lorsque le marché le demandera.

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