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Piscine normande à haute technicité

JULIE NICOLAS |  le 16/12/2011  |  France entièreCalvados

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Le centre aquatique qui sort de terre à Douvres-la-Délivrande (Calvados) compte cinq bassins, dont un « nordique » en acier inoxydable. Objectif : résister au chlore et à la forte hygrométrie pendant trente ans.

«En général, les piscines font partie des premiers ouvrages implantés en périphérie de villes. Les aménagements futurs n’ayant pas encore été décidés, il est difficile de déterminer l’orientation du bâtiment par rapport à son environnement », explique François-Xavier Decré, directeur du développement pour Octant Architecture. C’est avec cette problématique qu’a commencé la conception du centre aquatique de Douvres-la-Délivrande (Calvados). Le bâtiment de 2 244 m² Shon, dont la construction a débuté en mars 2010, est finalement orienté pour protéger du soleil le bassin sportif de 300 m² et faire profiter des rayons solaires le bassin nordique (bassin extérieur) en acier inoxydable installé au sud. Entre ces deux espaces sont implantés le bassin ludique de 250 m² et la pataugeoire de 50 m². Deux éléments particulièrement animés, qui font face à l’entrée et au hall d’accueil où patienteront les visiteurs qui accompagnent les baigneurs. Par ailleurs, le centre comprend aussi un pentagliss - un toboggan permettant à plusieurs personnes de glisser ensemble - et un centre de remise en forme composé d’un hammam, d’un sauna et d’un petit solarium. Enfin, l’édifice abrite également vestiaires et locaux administratifs, ainsi qu’un local technique sous les bassins et une chaufferie mixte bois-gaz adjacente.

Zone à risque sismique faible

Le principal enjeu pour un centre aquatique est de résister à une forte hygrométrie et à une ambiance chlorée pendant trente ans. Cette contrainte dicte la plupart des choix techniques. Les fondations en béton descendent à 7 m de profondeur pour loger les locaux techniques sous les bassins. Les façades en béton et la toiture en bacs acier sont isolées par l’extérieur. Les parois vitrées sont en double vitrage à lame d’argon. Pour préserver la température de l’eau du bassin extérieur, une bâche thermique en lames de PVC, dissimulée dans un coffre au fond du bassin, se met en place automatiquement le soir. « Les performances des laines minérales classiques ne sont pas compatibles avec la forte hygrométrie », explique David Briche, directeur de travaux pour Octant Architecture. Pour l’absorption acoustique intérieure, c’est donc une laine de roche hydrofuge qui a été mise en place dans les creux d’ondes des bacs acier des plafonds et en sous-couche de certaines des parois maçonnées des bassins. La laine de roche a été habillée de cèdre rouge, un bois des régions froides, naturellement résistant à l’ambiance agressive de la piscine. Par ailleurs, la conception de l’édifice a dû tenir compte de son implantation dans une zone à risque sismique faible. Ce qui a obligé à créer un joint de dilatation de 4 cm de large pour diviser le bâtiment en deux parties : celle construite sur un sous-sol et celle sur terre-plein. En effet, en cas de séisme, les deux zones ne réagiront pas de la même manière. Afin de consolider chaque partie, leurs fondations sont ferraillées et liaisonnées entre elles, ce qui a nécessité de grandes quantités de béton. L’investissement global pour ce projet représente 8,2 millions d’euros HT. L’ouverture est prévue en mars 2012.

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DESSIN - 601816.BR.jpg - © OCTANT ARCHITECTURE
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PHOTO - 601815.BR.jpg - © octant architecture
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PHOTO - 601549.BR.jpg - © Julie Nicolas
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PHOTO - 601548.BR.jpg - © Julie Nicolas
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PHOTO - 601546.BR.jpg - © OCTANT ARCHITECTURE
Fiche technique

Maître d’ouvrage : communauté de communes Cœur de Nacre. Architecte mandataire, économiste : Octant Architecture. BET Structure : Soja Ingénierie. Entreprises : Gros œuvre : Bertin. Plomberie, sanitaire, CVC : Axima. Electricité : Lafosse. Traitement de l’eau : Aquatech. Bardage, charpente : CMBP. Carrelages : SRS.

Traitement d'air Renouveler 80 % du volume d’air par heure

La température de l’air dans la zone des bassins est toujours comprise entre 28 et 30 °C, celle de l’eau varie autour de 28 °C pour le bassin sportif, 30 °C pour le bassin ludique et jusqu’à 32 °C pour les bébés nageurs. Dans ce contexte, le traitement de l’air intérieur, chargé en humidité et en chlore, est indispensable. L’air est également riche en chloramines qui résultent de la réaction chimique entre les particules organiques (peau, cheveux, salive, sueur…) et le chlore. Ces substances irritantes ont des effets sur la santé et peuvent entraîner des troubles oculaires, cutanés ou respiratoires. Obligatoire, le traitement des chloramines de l’eau est assuré par un déchloraminateur UV et par l’oxygénation de l’eau des bas tampons. Celui de l’air est réalisé par cinq centrales de traitement d’air (CTA) qui renouvellent 70 à 80 % du volume d’air/heure. Le rejet d’une partie du volume d’air sert à l’évacuation des chloramines. Le processus est complété par les filtres fins (F7) qui équipent la principale CTA. Installée dans le local technique, celle-ci mesure 6,2 m de long sur 2,8 m de large et 5 m de haut (photo ci-contre) et traite 40 000 m 3 /heure. L’air repris à 28 °C est soufflé à une température comprise entre 35 et 40 °C. Afin de lutter contre la condensation, les gaines de soufflage sont installées en bas des vitrages dans la majorité de l’espace bassin. L’air est soufflé par le haut à proximité du pentagliss, en raison du manque de place. Pour éviter la stagnation d’eau dans les zones de soufflage bas, une évacuation à l’égout a été mise en place. Les autres centrales, plus petites, sont installées dans les plafonds des vestiaires, du centre de remise en forme et des bureaux.

Etanchéité Résistance béton aux fissurations

Qu’il s’agisse du bassin sportif d’une capacité de 540 m 3 ou de la pataugeoire de 14 m 3 , tous les ouvrages respectent les préconisations du fascicule 74 du Cahier des clauses techniques générales, relatif à la construction des réservoirs en béton. Cela a impliqué l’utilisation d’un béton hydrofuge dans la masse et le renforcement des ferraillages pour que les bassins résistent aux fissurations très préjudiciables. Le béton des bassins doit en effet résister aux amenées et retraits d’eau, qui interviennent deux fois par an lors des vidanges. Le texte interdit le percement des ouvrages étanches, ce qui signifie que toutes les réservations - pour les regards, les hublots, les buses - doivent être réalisées avant le coulage. Enfin, dernière exigence du fascicule 74, les plages sont désolidarisées des bassins grâce à un joint de dilatation périphérique. « Ce joint est indispensable, car nous utilisons deux bétons différents pour les plages et les bassins », rappelle David Briche, directeur de travaux chez Octant Architecture. Pour assurer la pérennité du bassin ludique, dont les formes complexes représentent autant de faiblesses potentielles, un imperméabilisant a été appliqué sur les voiles et en fond de bassin. L’étanchéité a déjà été testée à deux reprises pendant quatorze jours, d’abord, après la prise du béton, puis après son imperméabilisation. Le carrelage du bassin pourra ensuite être posé.

Bassin extérieur L’acier inoxydable favorise la rapidité de construction

Les principaux avantages des bassins en acier inoxydable tiennent en deux points : l’étanchéité et la rapidité d’exécution. Pour tous les éléments en acier inoxydable, qu’il s’agisse de rampes, d’échelles ou de grilles de fond de bassin, la nuance 316 L est la plus adaptée. Cet acier inoxydable ne contient en effet presque plus de matériaux ferreux et résiste ainsi à la corrosion provoquée par le chlore et l’air. Il a donc été mis en œuvre dans le bassin extérieur. Le choix de l’acier évite en outre les décollements de carreaux de revêtement en hiver. Sa mise en œuvre requiert toutefois des précautions spécifiques. Tout d’abord, ce bassin a nécessité des fondations en béton. « Une fois qu’elles ont été réalisées, les lames d’acier ont été assemblées par tronçons de deux à cinq mètres de long, pour former les parois verticales. Ces dernières ont été réglées en hauteur avec une tolérance de 2 mm sur 25 m, pour tenir compte des goulottes de débordement », explique David Briche, directeur de travaux pour Octant Architecture. Le béton qui donne sa pente au bassin a été coulé après l’assemblage des parois verticales d’acier. La dernière étape a consisté à assembler et à souder les tôles qui forment le fond du bassin. Ce chantier a duré cinq semaines au total. Afin d’éviter les fuites, toutes les soudures ont été réalisées par des soudeurs certifiés avec les procédés de soudage à l’arc en atmosphère inerte. Objectif : garantir une résistance à la corrosion similaire à celle des surfaces non soudées. A l’usage, les démarcations sont évitées grâce à l’utilisation d’une eau adoucie. L’entretien du bassin est similaire à celui d’un bassin classique : vidange et renouvellement d’eau biannuel.

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