Energie

Photovoltaïque: les entreprises françaises vont chercher le soleil à l’étranger

Mots clés : Energie renouvelable - Gouvernement

Mercredi 9 janvier, le syndicat des énergies renouvelables a lancé officiellement « France Solar Industry », marque visant à faire connaître le savoir-faire français solaire à l’étranger. La ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq a rappelé que l’excellence française pâtit d’un manque « d’esprit d’équipe » et de l’absence de vitrine sur son territoire.

ECM, Semco Engineering, CEIS… sans doute ne connaissez-vous aucune de ces entreprises. Elles sont pourtant françaises, spécialisées dans le photovoltaïque et ont remporté, portées par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), un appel d’offres de 165 millions d’euros lancé par le Kazakhstan et visant à établir sur son territoire une chaîne complète de production de panneaux photovoltaïques, clefs en main.  La PME grenobloise ECM livrera l’usine de production de plaquettes de silicium ; et  le process industriel d’encapsulation des cellules et d’assemblage des panneaux est conçu par l’entreprise montpelliéraine Semco.  Les premiers modules photovoltaïques kazakhs, qui sortiront cet été de la chaîne de production, seront le fruit d’un savoir-faire « 100% made in France ».

Si le rapport privilégié qu’entretient la France avec le Kazakhstan a facilité ce succès, Philippe Lay, directeur technique photovoltaïque chez ECM souligne que l’offre française a bénéficié de « la force du partenariat avec un centre de recherche comme le CEA qui, pour le pays investisseur, est la promesse de profiter de la recherche en cours et donc des innovations à venir ». Forte de son succès, la PME grenobloise travaille actuellement à proposer une usine clefs en main à d’autres pays émergents ayant la volonté de ne pas être uniquement fournisseur de matières premières. Et elle n’est pas la seule entreprise française à penser pouvoir rivaliser avec les américains, allemands et asiatiques.

Le français Soitec, spécialiste de l’électronique qui voit aujourd’hui son avenir à travers le solaire, a développé une solution de photovoltaïque à concentration dont le rendement devrait tendre, dans les mois qui viennent, vers 35% (le rendement des panneaux photovoltaïques classiques se situe  entre 15 et 20%). Pour partir à « la conquête des marchés de la SunBelt », le groupe s’est associé à Exosun, société girondine experte dans les systèmes de suivi solaire.

Ces exemples de collaboration entre entreprises françaises sont loin d’être systématiques. Rappelant qu’Alstom et Areva ont toutes les deux investi dans des start-up américaines, le directeur général d’Exosun, Jean-Noël de Charentenay souligne le peu d’appétence que montrent les grands groupes français pour les PME innovantes nationales. Il se souvient avoir croisé, à l’aéroport de San Francisco, l’état-major d’une des trois majors du BTP français parti chercher en Californie la compétence dont son entreprise s’est fait la spécialité: « traquer » au plus près les rayons du soleil.

 

Bientôt un démonstrateur «Ville durable », vitrine du savoir-faire français

Mercredi 9 janvier, invitée par le syndicat des énergies renouvelables au lancement officiel de « France Solar Industry », marque visant à faire connaître le savoir-faire français solaire à l’étranger, la ministre en charge du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a rappelé que l’excellence française pâtit d’un manque « d’esprit d’équipe ».

Afin de fédérer grands groupes et PME françaises, la ministre travaille actuellement au lancement d’un démonstrateur «Ville Durable ». Avec les 2 milliards et demi non utilisés des investissements d’avenir, elle souhaite regrouper sur un même site vitrine le savoir-faire des entreprises françaises dans le domaine de la performance énergétique, les énergies renouvelables et les transports doux. «Le Japon a installé à Lyon un démonstrateur ville durable et nous, nous n’en avons aucun sur notre territoire. Avec tout le respect que j’ai pour ce pays, il y a quelque chose qui ne va pas », remarque Nicole Bricq. Le site du démonstrateur français, qui devrait être connu dans les semaines à venir, jouera le rôle de showroom pour les clients étrangers.

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  • - Le

    A qui la faute ?

    C’est tout juste un constat, à un moment t. Le problème c’est que ces tergiversations durent depuis des années. Si l’on veut réellement éviter ces cycles incompatibles avec toute industrie, aussi performante soit t’elle, il faut traiter le « problème de fond ». On ne peut que saluer le message positif, mais cela sera t’il suffisant pour motiver les acteurs économiques ? Ceux qui créent l’emploi…
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