Philippe Plantin, un fou de travail à la tête du Conseil de l’Artisanat
Philippe Plantin, président du Conseil national de l’artisanat-FFB - © ©KB-7J

Philippe Plantin, un fou de travail à la tête du Conseil de l’Artisanat

Laurent Duguet |  le 06/12/2021  |  FFBPlomberieChauffageElectricitéEntreprise artisanale

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À 52 ans, le nouveau président du Conseil national de l’artisanat-FFB est un breton passé par Bouygues Construction avant de reprendre la petite entreprise paternelle.

Parfois déclencheur de révolutions, le mois d’octobre est à marquer d’une pierre blanche dans le parcours de Philippe Plantin, dirigeant de la Sarl Plantin Bâtiment (18 salariés pour un CA de 2,2 M€), implantée à Gévezé (Ille-et-Vilaine) et spécialisée en plomberie, chauffage, électricité et dépannage. Après avoir successivement gravi le bureau départemental, régional puis le Conseil national de la commission artisanale-FFB, l’entrepreneur vient d’en être nommé à la présidence nationale. Au même moment, il portait avec succès la liste « Fiers d’être Artisans » en Ille-et-Vilaine pour être reconduit à la présidence de la Chambre des métiers et de l’artisanat.

Tout part d’un CAP

Pour comprendre le parcours de ce quinquagénaire énergique, peut-être convient-il de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de son adolescence : « Je suis issu d’une famille d’artisans, explique Philippe Plantin. À 14 ans, tantôt je vendais des produits électroménagers dans le magasin de maman, tantôt je travaillais dans l’entreprise de plomberie-chauffage de papa, qui comptait deux salariés ». Lui qui admet ne pas avoir été « un fervent supporter des bancs de l’école » se dirige alors vers une double formation : un CAP BEP électrotechnique et un CAP dépanneur électroménager. Il aurait pu s’arrêter là. La vie en décide autrement : « Lors de mon CAP de dépanneur électroménager, je fais une rencontre décisive, celle de mon professeur principal, qui va avoir un effet déclencheur, se souvient l’ancien apprenti. Il m’a incité à poursuivre mes études et c’est ce que j’ai fait. »

Le jeune Philippe intègre une classe de première « Energie-Equipement » et décroche un Bac F9 avec mention. Loin de s’arrêter, il obtient ensuite un DUT génie civil option génie climatique et équipements du bâtiment et se hisse jusqu’à atteindre l’INSA (Institut national des sciences appliquées) ! De cette période, Philippe Plantin n’a rien oublié : « Je pousse tous mes apprentis à poursuivre des études et je les garde au moins 5, voire 7 ans. Je pars d’un principe : la maturité de chacun ne s’acquiert pas au même moment. »

« Du costard au bleu de chauffe »

C’est lors de son passage à l’INSA que Philippe Plantin effectue un stage au sein du groupe Bouygues. Il y restera onze ans, à piloter de grands ensembles immobiliers. Exerçant en Ile-de-France, au bout de quelques années, il opère un premier retour en Bretagne en se faisant embaucher dans la filiale rennaise du groupe de construction. Et c’est en 2001, toujours au mois d’octobre, que l’ingénieur franchit un nouveau cap : « J’avais envie de me lancer dans l’aventure de l’entreprise artisanale. Sans jamais avoir travaillé avec mon père, j’ai racheté l’entreprise Jacques Plantin, basée à Gévezé, avec ses deux compagnons. Comme rien ne me fait peur, j’ai laissé le costard cravate pour enfiler le bleu de chauffe ! »

L’artisan ne regrette rien, lui qui, désormais, pilote l’entreprise  de plomberie, chauffage, électricité et dépannage toutes énergies (aérothermie, pompes à chaleur, gaz, fuel...) depuis 20 ans. Rayonnant à 40 km autour de Rennes et sur la Côte d’Emeraude, la Sarl Plantin Bâtiment compte une clientèle composée à 80 % de particuliers et 20 % d’entreprises tertiaires (plateformes logistiques) et de marchés publics, comme des salles de fête : « J’ai la conviction du travail, du lundi au dimanche midi, lance-t-il. Travailler, entreprendre, je suis un manuel dans l’âme ». Philippe Plantin a deux principes forts pour tenir le cap : « Sans devis et sans compagnons, pas de chantiers possibles ! C’est la raison pour laquelle, il importe d’avoir, d’une part, une expérience technique pour accompagner les particuliers, et d’autre part de porter un modèle social et un management exemplaire des équipes, quelles que soient les tempêtes à affronter. »

Redonner sa place à l’artisanat

La rencontre avec la Fédération française du Bâtiment est née aussi d’une rencontre, lorsqu’il s’est agi, en 2001, d’estimer l’entreprise paternelle au moment de son rachat : « La FFB m’a accompagné sur du concret et j’avais conservé de mon passage chez Bouygues, cette envie d’échanger avec d’autres entreprises du BTP ». À la tête du Conseil de l’artisanat-FFB, l’entrepreneur compte bien porter la voix des artisans : « Trois-quarts des ressortissants de la FFB sont des artisans. Au sein de la fédération, le Conseil de l’artisanat doit reprendre sa place indispensable dans les réflexions à mener, afin de penser la projection des entreprises de demain, tant dans le volet écologique, technologique ou industriel de la construction. Si la FFB veut continuer à progresser, l’artisanat doit être présent dans tous les groupes de travail », lance encore celui qui, statutairement, en est vice-président.

Philippe Plantin semble avoir voué sa vie à l’artisanat. Pourtant, lorsqu’il libère quelques heures de son emploi du temps professionnel, cet amoureux des voitures de collection retrouve son pont élévateur dans un garage qu’il a installé à domicile. Là, il retrouve les sensations qu’il avait jeune, lorsqu’il servait l’essence à la pompe d’une station-service chez un ami de son père : « J’aime mettre les mains dans le cambouis, démonter, restaurer, repeindre, explique-t-il. Mon gros chantier en cours concerne une Jaguar coupée Type E série 1-1966, dont je viens de finir la sellerie intérieure cuir. »

À 52 ans, il n’a rien perdu de ce fil rouge qu’il suit depuis toujours et aimerait convaincre autour de lui que tous les parcours sont possibles dans le bâtiment : « Compte tenu de mon expérience de vie, je veux transmettre l’engouement que l’on a pour nos métiers. Il n’y a pas de mauvais moment pour s’engager. D’un CAP à un DUT, de l’université au bâtiment, chacun a quelque chose à proposer à tout moment pour être accueilli dans le secteur ». Aucun doute, qu’à la tête du Conseil National de l’Artisanat, Philippe Plantin continuera de prendre son bâton de pèlerin.

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