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Petits pas vers un RER franco-germano-suisse
Extension allemande du tram de Bâle - © © Canton de Bâle Ville ; département Mobilité

Petits pas vers un RER franco-germano-suisse

Laurent Miguet (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 30/04/2014  |  Bas-RhinHaut-RhinFrance entièreBâtimentTransports mécaniques

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La mise en service de l’extension allemande du tramway de Bâle, en décembre prochain, précédera le démarrage du chantier de prolongation du même réseau vers la France, en 2015. Connectés aux gares allemande et française de Weil-am-Rhein et Saint-Louis, ces nouvelles dessertes s’inscrivent dans la vision d’un réseau express régional trinational, à l’horizon 2030.

Baptisé Hertzstück, le projet de tunnel ferroviaire entre la gare franco-suisse et la gare allemande de Bâle a franchi une étape avec l’adoption, en janvier, de la programmation du Fonds de construction des infrastructures ferroviaires de la confédération (Finanzierung und Ausbau der Bahninfrastructur, Fabi). Cette dernière a retenu, à l’horizon 2030, le maillon central du futur réseau express régional de l’agglomération trinationale, qui inclut un franchissement souterrain du Rhin. Les parlements des cantons de Bâle Ville et Bâle Campagne délibéreront avant la fin de cette année sur les études d’avant-projet estimées à 30 millions de francs suisses, dont les deux tiers à financer par le premier, et le solde par le second. Après avoir mis fin à leurs propres hésitations, les deux porteurs du projet s’attendent à passer l’épreuve d’un referendum d’initiative populaire.

Consensus trinational

Alors que Bâle se situe au terminus de trois réseaux ferroviaires nationaux, le projet de liaison diamétral entre les deux principales gares ouvre la perspective enthousiasmante, mais semée d’embûches, d’un système de transport public intégré et multimodal de la région urbaine : « Avec cinq cantons, quatre entreprises de transport, trois gestionnaires d’infrastructure et deux langues, on est encore assez loin d’une autorité organisatrice à cette échelle », reconnaît Alain Groff, directeur de la mobilité au canton de Bâle Ville. L’ensemble des parties prenantes s’accorde néanmoins sur la méthode : « Planifions ensemble, et commençons les réalisations par la partie suisse », résume l’administrateur cantonal. A l’intérieur des frontières helvétiques, le tram bâlois s’est engagé dans une programmation ambitieuse qui vise 96 km de lignes en 2020, au lieu de 74 en 2011. Sur le front ferroviaire, la Suisse du Nord-ouest prévoit un rythme annuel d’investissement de 900 millions d’euros jusqu’en 2025, grâce au soutien du Fabi.

Le projet Hertzstück
Le projet Hertzstück - © © Canton de Bâle Ville ; département Mobilité

A court terme, le consensus trinational porte déjà ses fruits dans les extensions allemande et française du tram. Pièce maîtresse de la première génération d’infrastructures de transport urbain co-financées par la confédération helvétique entre 2011 et 2014, la desserte de Weil-am-Rhein (Bade-Wurtemberg) entrera en service à la fin de cette année, après un investissement de 87,9 millions de francs suisses. L’extension française a passé de justesse, en juin 2012, l’épreuve de l’examen par la confédération, dans le cadre de la planification des aides aux agglomérations pour la période 2015-2019 : les cinq cantons concernés, associés aux collectivités françaises et allemandes limitrophes, ont obtenu le classement du projet en catégorie prioritaire, en contrepartie d’un report des futures liaisons vers le quartier 3land, projet urbain phare de l’agglomération associant le canton de Bâle-Ville et les communes allemande et française de Weil-am-Rhein et Huningue. La contribution helvétique totalisera 30,74 millions de francs suisses, sur un total de 98 millions. Le parlement confédéral devrait entériner l’arbitrage cet été.

Chantier franco-suisse en 2015

De part et d’autre de la frontière franco-suisse, les deux maîtres d’ouvrage n’attendent pas cette ultime étape politique pour mobiliser leur maîtrise d’œuvre sur l’extension de la ligne trois : Le bureau d’études bâlois Aegerter & Bosshardt a conçu les 700 m situés en territoire suisse, pour le canton de Bâle Ville, avant de passer le relais à Jauslin + Stebler, pour préparer les dossiers de consultation. La communauté de commune des Trois frontières (10 communes, 52 000 habitants) a missionné le groupement Tertio, constitué autour du strasbourgeois Serue, pour les 2,6 km qui amèneront la ligne jusqu’à la gare de Saint-Louis. L’architecte Albert Grandadam, concepteur des ouvrages d’art du tram de Strasbourg, pilote l’insertion urbaine de cette ligne. La maîtrise d’œuvre française inclut également Aegerter & Bosshardt ainsi que l’exploitant du tram BVB.

« Nous travaillons à une synthèse entre l’approche suisse, centrée sur la fonction transport, et l’école française du tram, qui en fait un vecteur de transformation urbaine », résume Martial Deboeuf, P-DG de Serue. L’avant-projet identifie deux sites clés, du point de vue de l’aménagement, aux deux extrémités de la ligne. Habitués aux voiries engazonnées qui jaunissent pendant la belle saison à Bâle, les usagers ne devraient pas s’alarmer d’une extension de ce modèle en France. Face aux interrogations qui subsistent sur le concept d’aménagement de la future zone d’activités du Lys projetée par les communes de Saint-Louis et Hésingue, les concepteurs s’abstiennent de toute démonstration urbaine : dans un premier temps, le tram y circulera sur ballast.

Un calendrier contraint dicte la finalisation du projet : sur la facture de 44,384 millions d’euros HT du tronçon alsacien, l’Etat français conditionne ses 5,73 millions d’euros d’aides à la signature d’une convention financière en 2015. La région Alsace et le département du Haut-Rhin apportent 3,5 millions d’euros chacun, et le maître d’ouvrage prépare un dossier à présenter à Bruxelles. « Un démarrage du chantier au printemps 2015 permettrait une mise en service en décembre 2017, juste à temps pour s’intégrer dans les refontes annuelles des dessertes cadencées du réseau bâlois », espère Hubert Vaxelaire, chargé des transports urbains à la communauté de communes des Trois frontières.

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