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Petites villes Des espaces publics contre le tout-voiture
CARTE - AME PLANMASSE StPOL 1.psd - © agence p.madec

Petites villes Des espaces publics contre le tout-voiture

Yannick Nodin |  le 12/09/2008  |  AménagementCulteBoisFinistèreNord

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Omniprésence de l’automobile, fuite des commerces vers la périphérie, disparition des marchés agricoles… Pour beaucoup de petites villes, le constat d’une dégradation de leur centre s’impose. Les espaces publics ne sont pas épargnés par cette tendance. La culture routière y a souvent pris le pas sur l’urbain : parking et bitume sur les places, voiries surdimensionnées, parcours piétons peu sécurisés et réduits… Une dégradation du cadre de vie, que les petites villes cherchent aujourd’hui à stopper. Il en va de leur capacité à retenir leurs habitants et à en attirer de nouveaux.

Cette course à l’attractivité passe par des espaces publics revisités, équilibrant espaces carrossables et circulations douces. Ainsi, à Gravelines, les capacités de stationnement ont été conservées sur la place Calmette, malgré sa piétonnisation partielle. Autre direction prospectée par les concepteurs, la réintroduction d’usages oubliés et propres aux centres-villes : à Orchies, la Grand-Place comporte désormais une esplanade, à la fois parvis de l’hôtel de ville, parking, et espace pour les fêtes et marchés.

Ces aménagements permettent de redécouvrir un patrimoine dévalorisé par le tout-voiture. A Saint-Pol-de-Léon, un ensemble romano-gothique a été restitué aux promeneurs, cinq places piétonnes remplaçant l’échangeur routier. Quant au coût des aménagements, la requalification de la place Mar’harit Fulup à Pluzunet montre qu’un choix judicieux de matériaux peu onéreux peut compenser des moyens limités.

Saint-Pol-de-Léon (Finistère) La dégradation du centre stoppée par la piétonnisation

Il y a quelques années, un échangeur routier organisait le centre-ville de Saint-Pol-de-Léon. Aujourd’hui, c’est un jardin, qui borde le parvis de la cathédrale. Face à la dégradation de son centre (exode des commerces, disparition du marché agricole, voiture omniprésente, etc.), la ville a lancé un marché de définition, remporté par l’équipe Madec en 2001. L’aménagement, achevé dans sa 1re phase en 2007, s’appuie sur le patrimoine du site et sa topographie, pour construire un espace public valorisant les circulations piétonnes. Un ensemble de cinq places a été créé, aux fonctions distinctes : parvis piéton de la cathédrale ; cour de la mairie réservée aux cérémonies et fêtes ; place de l’évêché dévolue au stationnement et aux marchés ; places Guébriant pour la promenade et les commerces de bouche… La pierre est utilisée en revêtements de sol, emmarchements, murets et murs. Les places, réalisées en plates-formes, soulignent la topographie. Ainsi, le jardin des lumières et ombres s’étage en cascades, un fil d’eau liant les parties haute et basse du centre-ville.

Maîtrise d’ouvrage : la Ville.

Maîtrise d’œuvre : atelier Philippe Madec, urbaniste (mandataire) ; Coloco, paysagiste.

Coût (1re tranche) : 2,8 millions d’euros.

Financement : commune, Etat, Europe, région, département.

Matériaux utilisés : granit gris-jaune ; schiste en barrette ; acier inox ; bois traçable (azobé).

Livraison (1re phase) : 2007.

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Philippe Madec, architecte-urbaniste

«Le patrimoine du centre-ville de Saint-Pol-de-Léon est exceptionnel : cathédrale, évêché, maison prébendale... Intervenir sur ce secteur induisait le choix de matériaux pérennes. La pierre s’est imposée, un schiste marquant la différence entre l’aménagement contemporain et les monuments historiques, réalisés en granit gris-jaune. Cela n’empêche pas qu’un dialogue se crée, que des traces du passé soient exhumées et tiennent un rôle urbain : la cour d’honneur à l’hôtel de ville, sur le tracé de l’ancienne cour de l’évêché ; le mur du jardin linéaire, qui organise tout le site, élevé sur les fondations exactes d’anciens logements du XVIIe siècle… »

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Orchies (NORD) Un patrimoine valorisé par une esplanade multi-usages

La Grand-place d’Orchies n’avait de place que le nom. Cet espace public de plus de 1 ha était quadrillé par des voiries, avec un stationnement anarchique autour de la mairie. Pour valoriser son patrimoine architectural et rééquilibrer le rapport piétons/automobiles, la ville a lancé un concours de maîtrise d’œuvre, remporté en 2003 par les paysagistes de l’agence Empreinte. L’aménagement, livré en 2006, s’organise sur un principe de bandes. Au nord, les circulations piétonnes, surtout riveraines, sont protégées par des stationnements longitudinaux. La bande centrale est paysagée, un jardin en creux de 1 500 m2 longeant une esplanade multi-usages. En souterrain, un réservoir d’eaux pluviales y assure l’écrêtage des débits de pointe vers le réseau d’assainissement. En surface, cet espace sert au stationnement et forme un parvis piéton à hauteur de la mairie. L’esplanade accueille aussi marchés et fêtes. En rive sud de la place, de larges trottoirs valorisent commerces et terrasses de café.

Maîtrise d’ouvrage : la Ville.

Maîtrise d’œuvre : Empreinte, paysagiste ; Ingerop, BET VRD.

Surface : 1 ha.

Matériaux utilisés : grès gris-jaune.

Coût : 1,6 million d’euros HT.

Financement : commune (66 %), région Nord-Pas-de-Calais (22 %), département du Nord (11 %).

Livraison : 2006.

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Lilika Troha, paysagiste, agence Empreinte

«Le bâtiment de la mairie est très présent sur cet espace public, mais plutôt que de réaliser un parvis central, nous avons eu recours à une organisation en bandes qui valorise la place tout entière et conforte les usages attendus. C’est à la fois un espace de représentation de l’institution municipale ; un lieu de détente, avec des espaces jardinés qui manquaient jusqu’alors au centre-ville ; et un espace quotidien, avec de vraies rues, des stationnements proches des commerces et des équipements, des espaces de déambulation confortables et accessibles. »

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Pluzunet (Côtes-d’Armor) Des bordures de granit pour fédérer le bâti

Banalisée par le bitume et vieillissante, la place Mar’harit Fulup à Pluzunet n’organisait plus le bâti autour d’elle, et posait des problèmes de sécurité liés au tracé en épingle à cheveux de la voirie. La recomposition de cet espace, achevée en 2007, distingue une partie haute, plane et surtout piétonne, et une partie basse circulante, révélant la pente naturelle du site. Un jeu de paliers bordés de blocs irréguliers de granit y recrée des plans horizontaux, rendant les espaces publics plus accessibles, malgré le dénivelé de 4 m. Contrastant avec l’enrobé clair des sols, ces bordures ancrent les façades de granit des maisons à l’espace public. Sur le haut de la place, les murs de soutènement créent un plateau menant à la bibliothèque. Cadré par des pommiers palissés, cet espace forme un promontoire dominant le centre-bourg et ouvert sur le grand paysage.

Maîtrise d’ouvrage : la commune.

Maîtrise d’œuvre : Laure Planchais, paysagiste (mandataire, avec Benoît Robert, architecte, en phase de conception) ; Safège, BET VRD ; Coup d’éclat et SDE22, conception lumière.

Entreprises : Hélary TP, VRD ; Jo Simon, maçonneries, mobilier ; Cherpelouz, plantations ; Cegelec, éclairage.

Matériaux utilisés : granit gris-jaune, béton désactivé.

Surface : 6 540 m2.

Coût : 712 000 euros HT.

Livraison : 2007.

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Laure Planchais, paysagiste

«Pour rester dans l’enveloppe budgétaire de la commune, il a fallu faire des choix sur les matériaux. Les sols de la partie basse de la place ont été traités par un enrobé avec un granulat clair, la partie haute et piétonne étant, elle, en dalles de béton désactivé. Cette austérité du sol contraste avec les éléments maçonnés et le mobilier urbain. Le granit y est mis en œuvre sur les bordures des paliers de la place basse, le caniveau de la rue commerçante, les murets, les bornes et les bancs. L’ensemble reste sobre, mais il valorise le patrimoine bâti. »

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Gravelines (NORD) Un platelage bois pointé sur la mer délimite les usages

A Gravelines, l’automobile avait fini par accaparer la place Calmette. Située au cœur de la station balnéaire de Petit-Fort-Philippe, elle était néanmoins coupée de son tissu urbain. Un vaste parking d’enrobé occupait le centre de la place, isolée du front bâti par de larges voiries et une gare routière. La relocalisation de cet équipement sur la commune a initié un partage plus équilibré de l’espace public. Principe-clé de l’aménagement réalisé en 2007, un platelage en ipé, matérialisant au centre de la place un axe pointé en direction de la mer. Planté de pins maritimes et agrémenté d’un kiosque et d’assises, il recouvre un dispositif de dalles alvéolées stockant les eaux pluviales. Un mât en bois de 24 m de hauteur y assure l’éclairage de l’espace public, agissant comme un signal rappelant l’existence d’un lieu central à proximité du front de mer. Cet axe délimite également différents usages. D’un côté, un espace mixte qui reconstitue les anciennes capacités de stationnement (70 places) tout en proposant des trottoirs généreux au droit des commerces. De l’autre, une partie réservée aux circulations douces, rattachée au front bâti et offrant un vaste espace de terrasses aux cafés et aux promeneurs.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Gravelines.

Maîtrise d’œuvre : Atelier Nervures, paysagiste. EMatériaux utilisés : pavés céramique, ipé.

Surface 4 900 m2.

ECoût de réalisation : 1,46 million d’euros HT.

Financement : commune (100 %).

Livraison : 2007.

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Fabian Servais, paysagiste, atelier Nervures

«L’ensemble de cet espace public est traité sur un même plateau. L’absence de borduration minimise l’impact visuel des parties carrossables, tout en améliorant l’accessibilité piétonne de la place. Malgré les différents usages, ce parti pris contribue à créer un effet homogène d’un front bâti à l’autre. Le traitement des sols va dans ce sens, avec des pavés de céramique pour les espaces piétons et un enrobé incrusté de miroirs pour les parties carrossables. Les bornes étant amovibles, l’espace piéton peut s’étirer de façade à façade lors de manifestations ponctuelles. »

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