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Permis de construire : peut-on étendre une construction
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Jurisprudence

Permis de construire : peut-on étendre une construction "illégale" ?

Service Réglementation |  le 04/08/2009  |  MoselleDroit de l'urbanismeArchitectureRéglementation

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Un propriétaire souhaite effectuer une extension d'un bâtiment initialement réalisé sans permis de construire. Un permis de construire peut-il être accordé ultérieurement et celui-ci doit-il concerner les travaux nouveaux envisagés ou inclure également la construction initiale ?

Telle est la question posée par Jean Louis Masson, sénateur de Moselle, au ministère de l'Ecologie.

Réponse sans équivoque du ministère : lorsqu'un propriétaire souhaite agrandir ou procéder à des travaux sur un bâtiment irrégulièrement construit sans autorisation, il doit déposer une demande de permis de construire portant à la fois sur l'existant et sur le projet à réaliser (Conseil d'État, Thalamy, 9 juillet 1986, n° 51172. Cliquez ici pour retrouver cette décision). Le permis ne pourra être accordé que si l'ensemble de la construction est conforme aux règles d'urbanisme en vigueur au moment de la délivrance. L'autorisation ainsi délivrée permettra à la fois d'autoriser la réalisation des travaux projetés et de régulariser administrativement la construction existante édifiée sans autorisation. Toutefois, l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme (accéder à cet article), introduit par l'article 9 de la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement (ENL), prévoit que "lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou de déclaration de travaux (devenue déclaration préalable depuis le ler octobre 2007) ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme". Le deuxième alinéa de cet article précise que ces dispositions ne sont pas applicables, notamment "lorsque la construction a été réalisée sans permis de construire". En application du deuxième alinéa de l'article L. 111-12 précité, si l'ensemble de la construction n'est pas conforme aux règles en vigueur, le permis de construire sera donc refusé, même au-delà du délai de dix ans, puisque l'immeuble existant a été réalisé sans permis. La construction existante ne sera donc pas régularisée et le demandeur ne pourra pas réaliser les travaux complémentaires envisagés.

En revanche, dans le cas où les travaux projetés portent sur des éléments dissociables de l'immeuble édifié sans permis de construire, le demandeur peut déposer une requête portant sur ces seuls travaux, et n'incluant pas la partie existante. L'autorisation pourra lui être accordée si les règles applicables le permettent. De la même façon, des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires (par exemple, le remplacement des huisseries par d'autres identiques) ou des travaux ne modifiant pas l'aspect extérieur de la construction, qui ne sont pas soumis à autorisation, peuvent être effectués.

Pour retrouver la réponse ministérielle, cliquez ici

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