Bâtiment

Performance énergétique : Lafarge brasse de l’air mais pas du vent

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Industriels du BTP

Le cimentier compte aujourd’hui avec trois de ses partenaires du GIE FranceBlocs – Alkern, Fabermi et Seac – trois usines capables de produire des blocs remplis d’Airium. Une capacité qui va monter en flèche : 10 usines devraient être opérationnelles d’ici à trois ans.

 

Pour gagner des parts de marché sur les marchés de la maison individuelle et les logements collectifs (jusqu’au R+4) réalisés à partir de petits  éléments maçonnés, Lafarge a développé avec le GIE FranceBlocs une gamme de  blocs thermiques de R=1 à R=1,8 de 20cm de large. Ces blocs en agrégats courant ou en agrégats légers – pierre ponce et pouzzolane – sont remplis d’Airium : une mousse minérale isolante à base de béton et d’air.

« La mousse isolante Airium est composée à 95% de bulles d’air ce qui explique sa légèreté et ses performances en matière d’isolation », explique Julien Guiganti, directeur de la business unit Airium chez Lafarge. Le béton mousse n’est pas une nouveauté, il existe depuis longtemps. Ce qui diffère aujourd’hui est la très faible densité d’Airium : 40 fois inférieure à un béton courant (50 kg/m3  contre 2000 kg par m3).

 

Vers des solutions isolantes


Les raisons de ce développement ? Pour Julien Guiganti, avec les évolutions successives des différentes réglementations thermiques, les solutions non isolantes seront à terme les grandes perdantes. « Nous n’en sommes pas à notre premier essai. Des solutions en béton de pierre ponce ont été développées pour la RT 2012 mais le coût était trop  élevé pour cibler le marché de masse. Nous avons donc mis au point un bloc traditionnel, écologique et économique.  Notre prix de référence aujourd’hui est concurrentiel à celui des solutions de référence dont la brique avec en prime une belle performance thermique (jusqu’à R=1,8), tout en permettant les constructions plus responsables de l’environnement avec une meilleure durabilité et un plus faible impact CO2. Ces blocs sont taillés pour la nouvelle réglementation E+C-», poursuit-il.  

 

Ne pas bousculer les habitudes


Pour conquérir un marché de masse avec ce procédé, Lafarge et ses partenaires ont mis en place des priorités. Et fait en sorte que ce bloc ne bouscule pas les habitudes. La pose collée est effectivement rapide et permet une réduction des ponts thermiques. Fait en sorte, aussi, que ce produit soit léger et manuportable. Et enfin qu’il soit bon marché et, donc, adapté à la nouvelle réglementation E+C-.  

 

200 000 blocs déjà produits


De nombreux brevets ont été déposés pour la fabrication de ce bloc pour la formulation et pour la machine que Lafarge installe chez ses partenaires : Fabermi, Alkern et Seac. La première machine a été installée chez Alkern en début d’année à Rouen, la seconde à Valence chez Fabemi où la production vient de débuter et la troisième à Béziers chez Seac qui produira en 2018 ses premiers blocs.

L’avis technique du CSTB a été obtenu pour Alkern ; il est en cours d’attribution pour Fabemi et Seac. Avec trois usines aujourd’hui, Lafarge vise les dix usines d’ici à trois ans. Depuis janvier 2017, plus de 200 000 blocs ont été produits – la capacité de production étant de plus d’un million de blocs par usine par an. Des logements collectifs ont déjà été construits dans le nord et en Ile-de-France avec ces blocs. D’autres devraient vitre prendre le pas. De même, Lafarge a de la suite dans les idées : la mousse isolante pourra être adaptée à d’autres utilisations comme l’isolation des combles, des toitures terrasses…

 

Ce que prépare Fabemi

Pour la fabrication de son bloc qui a débuté en septembre et appelé Fabtherm’Air, Fabemi a fait évoluer une de ses usines, celle de Valence et a investi près d’1,3 million d’euros en machines, process et développement. Cela fait près de quatre ans que Fabemi y travaille. Le procédé industriel est simple : les blocs conçus en usine dans un moule viennent accueillir la mousse Airium injectée dans les alvéoles. Les blocs de 5O cm de long, 2O cm d’épaisseur, et 2O à 25 de hauteur sont ensuite placés dans des étuves pendant 18 à 24 heures (en deux fois). Avec des résistances thermiques allant de O.58m2K/W à 1.77 m2K/W, ces blocs permettent donc de construire et d’isoler en même temps. Fabemi vise les 3O OOO blocs produits par jour.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X