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Travaux publics : pourquoi des entreprises sont confrontées à une pénurie de bitume
Bitumineuse en action - © Barbetorte

Travaux publics : pourquoi des entreprises sont confrontées à une pénurie de bitume

Emmanuelle Picaud |  le 23/07/2018  |  EntreprisesCollectivités localesChantiersInfrastructuresVie du BTP

Plusieurs chantiers routiers peinent à s’approvisionner actuellement en France. Quelques acteurs ont commenté la situation, apportant des premiers éléments de réponse. Un problème de disponibilité de moyens de transport est notamment évoqué. Le gouvernement reçoit les différents acteurs ce mardi 24 juillet, afin de faire un point sur la situation. 

 
A quoi est due la pénurie de bitume à laquelle se heurtent actuellement plusieurs entreprises de travaux routiers en France ? Alors que le gouvernement doit recevoir les différents acteurs ce mardi 24 juillet en fin de journée, personne n’a encore de certitudes. « Nous n’avons aucun chiffre. Tout ce que nous avons, c’est le retour de nos adhérents, qui nous ont alerté à ce sujet », explique Pierre de Thé, directeur de la communication chez Routes de France. L’organisation professionnelle, qui a saisi le gouvernement sur la question le 13 juillet, pour lui demander d’assurer une médiation avec les fournisseurs de bitume, espère avoir des éléments de réponse.
 
Plusieurs pistes sont néanmoins évoquées, avec de plus en plus d'insistance. Première explication : les stocks n’ont pas été assez importants au vu des besoins d’approvisionnements au mois de juin. « Nous avons eu un redémarrage plus fort le mois dernier, avec des carnets de commande bien remplis. Or, le marché du bitume a souffert pendant cinq ans, et nous en payons actuellement les conséquences […] Cela peut-être une des raisons de cette pénurie », suggère Pierre de Thé. Une théorie que ne semble pas confirmer Total.
 
Le géant pétrolier -  qui est le seul fournisseur pour le moment à avoir commenté cette situation - a réagi au communiqué en expliquant que si « le marché des bitumes est actuellement en expansion et une hausse de la demande est constatée depuis deux ans », l’entreprise a adapté son outil industriel. « Le groupe a augmenté sa production de bitume au cours des derniers mois pour atteindre un niveau record en juin 2018 », assure la société.
 
 

Un contexte « pénalisant »

 

Autre explication : les grèves successives qui ont été menées durant l’été ont pu impacter les approvisionnements. Toujours dans son communiqué, le groupe Total explique avoir dû faire face à « un contexte pénalisant », suite au blocage de ses raffineries par le secteur agricole. L’entreprise a également expliqué avoir rencontré « des difficultés grandissantes pour assurer le transport de ces produits et livrer ses clients » à cause « d’une aggravation de la pénurie de chauffeurs disponibles depuis les grèves dans le secteur ferroviaire, résultat du déplacement d’une partie conséquente du fret rail vers le fret routier ».
 
C'est grosso modo un argument que développe aussi l'Union française des industries pétrolières (Ufip), qui a enfin pris la parole ce jeudi 19 juillet : ces difficultés proviennent "essentiellement d'une situation extrêmement tendue voire déficitaire au niveau du transport (du) bitume depuis les raffineries ou dépôts vers les usines d'enrobés et de liants", affirme l'Ufip, dans un communiqué. "La longue période de grève SNCF" contre la réforme du rail "a donné lieu à un report très significatif du trafic ferroviaire sur le transport routier" qui conduit à "un manque de camions et de conducteurs disponibles", selon l'organisation.
 
De son côté, Routes de France assure avoir saisi le Ministère des Transports afin d’étudier cette piste : un rendez-vous y est donc prévu ce mardi 24 juillet à 17h30. Seront réunis les différents acteurs concernés par cette affaire : services de l'Etat, représentants des transporteurs, de l'industrie pétrolière et du BTP. "Il s’agira à ce stade de faire le point de la situation et d’évoquer les raisons de ces difficultés, sur lesquelles les différents acteurs portent des analyses différentes. Il est encore trop tôt pour évoquer quelles éventuelles décisions pourraient être prises", a fait savoir le Ministère. 
 
En attendant, l'organisation professionnelle reste prudente. Routes de France a en effet demandé au Ministère de l’Economie et des Finances de ne pas appliquer de pénalités de retards aux chantiers concernés, évoquant « un cas de force majeure ».

 

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