Logement

Pendant l’hiver, 6 Parisiens sur 10 ont froid dans leur logement

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Politique du logement

Près de la moitié des Français déclarent avoir froid dans leur logement, selon un baromètre de Qualitel-Ipsos. Paris est particulièrement touchée par le phénomène, puisque 59% de ses habitants disent souffrir du froid, soit 12 points de plus que la moyenne nationale. En cause : des logements anciens souvent mal isolés. 

Alors que les températures hivernales baissent de nouveau, une grande partie des Français reconnaît avoir froid dans leur logement. 47% d’entre eux déclarent avoir « parfois ou souvent » trop froid dans leur habitation, conclut l’association Qualitel en se basant sur le baromètre Qualitel-Ipsos* qui mesure la qualité du logement telle qu’elle est perçue par les Français.

Les écarts de perception sont significatifs selon le niveau de revenus des personnes. Ainsi, les Français avec moins de 1 250 euros nets par mois déclarent pour 57% d’entre eux avoir « parfois ou souvent » froid chez eux, contre 39% des personnes avec un revenu mensuel net dépassant les 3 000 euros. Conséquence : ces ménages modestes sont moins satisfaits que les autres sur le niveau d’isolation thermique de leur logement (40% d’insatisfaction contre 22% pour les foyers à plus de 3 000 euros). Selon Bertrand Delcambre, président de l’association Qualitel, ces « populations aux revenus modestes subissent la double peine : non seulement leur logements sont moins bien isolés, car moins qualificatifs, mais en plus leurs ressources financières les condamnent à réduire le niveau du chauffage pour limiter la note énergétique. »

 

Urgence à mettre en œuvre le plan de rénovation énergétique

 

L’ancienneté du bâti est la principale cause de cette sensation de froid. Seuls 37% des occupants de logements de moins de 10 ans reconnaissent avoir froid, alors que ce taux monte à 44% pour les habitants des bâtiments construits entre 1980 et 2007, 49% entre 1945 et 1980 et 56% entre 1900 et 1945. C’est aussi pourquoi 59% des Parisiens déclarent avoir « parfois ou souvent » froid dans leur logement, soit 12 points de plus que la moyenne nationale. En effet, les logements de la capitale, pour beaucoup localisés dans des bâtiments « avec des qualités de matériaux et une isolation thermique insatisfaisantes ».

D’où la nécessité de remédier rapidement à la situation, selon Bertrand Delcambre. « Il y a urgence à mettre en œuvre le plan de rénovation énergétique des logements anciens annoncé par le gouvernement, alerte le président de Qualitel. Cette rénovation énergétique doit s’appuyer sur une réglementation revisitée et sur les labels qui ont montré leur efficacité dans le neuf. »

Dans son analyse, l’association Qualitel prend aussi en compte le statut de l’occupant. Les propriétaires sont moins touchés par le froid (5% contre 20% des locataires). Selon l’organisation, cette différence d’appréciation est liée au soin que les propriétaires accordent au moment de l’achat de leur logement, mais aussi aux investissements faits pour des isolations pérennes.

Focus

Les propositions de Rénovons! pour le Plan de rénovation énergétique des bâtiments

L’iniative Rénovons! continue de se mobiliser pour le Plan de rénovation énergétique des bâtiments. A l’occasion de la consultation publique proposée par le gouvernement, l’organisation a fait part ce 6 février 2O18 de ses 1O propositions pour combattre les passoires énergétiques. Rénovons! conseille notamment d’élargir le programme Habiter Mieux de l’Anah. « Il faut aligner les objectifs du programme Habiter Mieux avec ceux de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte pour avoir un effet déterminant sur la précarité énergétique », propose l’initiative. 

L’association veut aussi mettre en place un système permettant le préfinancement des frais de travaux individuels et collectifs, garanti par l’Etat, pour les modestes. Elle veut aussi pérenniser et rendre accessibles certaines aides existantes, comme le CITE, la TVA à 5,5% ou encore l’Eco PTZ. 

* L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 2000 personnes représentatif de la population française âgées de 18 ans ou plus et d’un sur-échantillon de 700 propriétaires d’un logement de moins de 10 ans. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 29 mai au 6 juin 2017.

 

 

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