En direct

Peinture finitions Profession et conjoncture Les normes environnementales ajoutent une couche aux difficultés de recrutement
PHOTO - Cordistes poitiers 1.eps - © THIERRY THOMAS

Peinture finitions Profession et conjoncture Les normes environnementales ajoutent une couche aux difficultés de recrutement

le 28/11/2008  |  ConjonctureImmobilierCollectivités localesRéglementationNormes

Avec des carnets de commandes pleins pour un trimestre, les peintres de l’Ouest sont plutôt bien lotis. L’essentiel de l’activité régionale est occupé par l’entretien des bâtiments tant privés que publics et les maisons particulières, les chantiers industriels de type ponts ou pylônes EDF restant l’apanage des acteurs nationaux. Ce secteur facilement accessible à des non-initiés, même s’il requiert des compétences techniques, se heurte à la concurrence des bricoleurs qui captent 40 % du marché de la rénovation. « Le phénomène s’est amplifié avec les 35 heures », constate Christophe Turpeau, dirigeant de l’entreprise nantaise Spac, vice-président de l’Union professionnelle peinture finitions (UPPF), « les effets ont toutefois été compensés par la TVA à 5,5 % ». Résultat, la profession est plutôt saturée et peine à accroître ses capacités de production par manque de main-d’œuvre disponible.

Christophe Turpeau regrette une méconnaissance du métier. « Former des jeunes dès l’âge de 16 ans est à mon avis trop précoce, ils ne sont pas assez mûrs. Par déception, beaucoup arrêtent de travailler après avoir passé cinq ans dans l’entreprise. »

Une nouvelle filière de recrutement se met en place avec des jeunes adultes en reconversion. « Il s’agit de personnes en difficulté, sans qualification ou déçues par des emplois dans la grande distribution , détaille Christophe Turpeau, nous commençons aussi à embaucher des femmes qui deviennent une vraie alternative à nos problèmes de recrutement. »

« La concentration du secteur fait émerger de gros acteurs »

Christophe Turpeau, dirigeant de l’entreprise nantaise Spac et vice-président de l’Union professionnelle peinture finitions (UPPF)

« La concentration du secteur de la peinture est aussi un moyen de résoudre les problèmes de recrutement tout en diversifiant ses activités et élargissant sa zone d’influence. Le marché reste atomisé avec une majorité d’artisans, on constate toutefois une montée en puissance des plus gros acteurs régionaux atteignant plusieurs centaines de salariés. Le groupe mayennais Lucas a ainsi repris en 2007 le nantais Gernogep (peintures) et le baulois Ricordel (peintures). Le nantais Paul Turpeau a repris Sapro, spécialisé dans le revêtement de sols, et les établissements Goni à Cesson-Sévigné le nantais RePeRe (revêtement et peinture). »

Formation Les cordistes du lycée Perret

Les « cordistes » du lycée Auguste-Perret de Poitiers (Vienne) préparent la très sérieuse formation complémentaire d’initiative locale (FCIL), travaux sur cordes. Une formation encore unique en France dans le cadre de l’Education nationale.

La 11e promotion de douze élèves a intégré le lycée professionnel lors de la rentrée de l’année 2008-2009. Cette section est ouverte en priorité aux titulaires d’un diplôme professionnel (CAP, BEP ou bac pro) et aux personnes fortes d’une bonne expérience professionnelle. Mais les bacheliers peuvent également postuler.

« Pour se lancer dans cette nouvelle profession, il faut aimer le changement, mais être aussi ouvert sur les nouveautés et avoir de bonnes connaissances de base dans le bâtiment », explique Alain Fournier, responsable de la formation de cordiste.

L’année de formation est scindée en deux périodes. Les 15 premières semaines, se passent au lycée. Le second semestre, 14 semaines de février à juin, se déroule en entreprise sous forme de stage. La période d’apprentissage se divise encore en deux. Vingt heures hebdomadaires sont consacrées à l’éducation physique utilitaire et professionnelle spécialisée. Les jeunes s’initient ou se perfectionnent à l’escalade pour maîtriser la corde. L’architecture du lycée, faite d’avancées et de surplombs, se prête parfaitement à ce type d’exercice. Une douzaine d’heures sont réservées au travail en atelier. Les cordistes, dont beaucoup entreront dans des entreprises du bâtiment ou liées au bâtiment, étudient le gros œuvre, la maçonnerie, la métallerie, la pose et la dépose de baies, la miroiterie, la peinture et notamment la peinture de lettres etc. Une formation qui a de beaux jours devant elle.

formation Les filles sont plus nombreuses à se former au CFA de Chantejeau (Vienne)

Au CFA du Bâtiment de Chantejeau, à Saint-Benoît (Vienne), les jeunes filles représentent cette année 3 % d’un effectif de 950 personnes en formation initiale, continue et en préapprentissage. A Chantejeau, les stagiaires peuvent se former à tous les métiers du bâtiment, à l’exception de l’électricité qui historiquement est implantée au campus des métiers, juste à côté. « On trouve une majorité de jeunes filles dans les métiers de la finition et spécialement en peinture. Aujourd’hui, les entreprises, dans leurs offres d’apprentissage, à profil identique, préfèrent recruter une fille », explique François Ripault, directeur du CFA du bâtiment. Pour le directeur du CFA, « les filles sont plus soigneuses et passent très bien dans le conseil et la relation avec la clientèle… Depuis deux ans, nous avons des stagiaires féminines qui viennent de formation post-CAP-BEP, comme le BP ou le bac pro. » Au CFA, la formation se divise en deux temps, 13 semaines au sein de l’établissement et 34 en entreprise, en alternance. « Le plan de formation est discuté avec l’entreprise. Ces relations sont essentielles pour adapter, aménager le parcours du jeune », précise le directeur.

Questions à Patrice Puypeyroux, président de trois entreprises de pose de revêtements de sols (1)

« Les entreprises devraient se soucier des qualifications Qualibat »

Quel est l’état de votre carnet de commandes ?

Nous avons à peu près une année de visibilité devant nous, puisque 2009 est quasiment totalement remplie. Notre activité se répartit essentiellement sur les lycées et les hôpitaux, le logement privé et le tertiaire. Nous sommes un peu en retrait sur le logement social, et pour 2010, notre objectif est d’y être plus présent.

Que ressentez-vous de la crise de l’immobilier ?

Pour l’instant, rien. Paradoxalement, nos carnets de commande sont en hausse, mais il est certain que nous en subirons les conséquences, si ce n’est fin 2009, en 2010. Nous sommes en effet en situation de finisseurs. Après des années de croissance phénoménale, le marché de l’immobilier connaît un ralentissement. C’est logique, car les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Chez nous, la priorité est donnée à l’action commerciale et au renforcement de nos bureaux d’études. Il nous faut aussi veiller à la solvabilité de nos clients.

Quelles sont les conséquences du Grenelle de l’environnement ?

Nous ne sommes pas en première ligne. Aussi, ce mouvement nous touche-t-il essentiellement pour le tri des déchets. Sur ce sujet, nous démarrons d’ailleurs une collaboration avec les industriels du PVC, qui est un produit recyclable. Nous leur retournons nos déchets et ils nous paient le contenu des bennes. Reste à généraliser cela sur tous les chantiers. Pour les poses en extérieur, nous essayons d’influencer nos clients pour qu’ils choisissent des poses de pierre sans scellement, afin qu’ensuite, cela puisse être recyclé. Nous essayons également d’utiliser le plus possible des produits non pulvérulents, mais les colles à émanations dangereuses comme les néoprènes sont difficiles à remplacer. Il existe bien des néoprènes à l’eau, mais les temps de séchage sont très longs.

Comment envisagez-vous l’évolution du marché des revêtements de sols ?

En amont, les fournisseurs sont nombreux mais, la distribution est entre les mains des grands négoces. Les sols souples, les PVC, en particulier, continuent de se concentrer entre fabricants. Aussi, regardons-nous les produits proposés sur les marchés turc, espagnol et italien.

Les entreprises de pose sont, elles, toujours très atomisées, en général, elles emploient de 10 à 15 personnes et ce, sans compter les artisans. Certaines d’entre elles ne possèdent pas les qualifications nécessaires et cela fait énormément de tort à la profession. Nous avons la chance d’avoir un organisme comme Qualibat qui agrée les entreprises ; celles-ci devraient davantage penser à les obtenir. Un plus petit nombre de sociétés demeure spécialisé dans les métiers du sol et opèrent avec les compétences nécessaires. Ces acteurs, qui emploient davantage de salariés (20 à 50 personnes) ou gèrent une branche spécialisée, constatent que pour rester crédible, il faut jouer la carte de l’hyper compétence, en particulier dans les domaines de l’hospitalier, du sport ou industriel.

(1) CPLC basée à Neuilly, CRLC et Sols Atlantique respectivement basées à Rennes et à Saint-Nazaire avec des agences à Caen, Nantes et Vannes. L’ensemble emploie 196 salariés et affiche, pour 2007, un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros.
« Peu de retour pour les produits naturels »

Gérald Fournet, Gérant de la société Kerlys

« Certaines entreprises d’application de peinture dans le bâtiment proposent à leur clientèle un double devis. L’un avec des peintures traditionnelles, l’autre avec nos produits naturels. Aujourd’hui, à part les collectivités, il y a très peu de retour. On peut, peut-être, l’expliquer par l’amalgame fait entre les COV réduits et les peintures naturelles. Il faut bien noter que l’utilisation de peintures naturelles n’apporte aucune contrainte technique par rapport à une peinture acrylique classique. »

Commentaires

Peinture finitions Profession et conjoncture Les normes environnementales ajoutent une couche aux difficultés de recrutement

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX