Chantiers

Peau isolante et colorée pour les bâtiments de la cité U d’Aix-en-Provence

Mots clés : Conservation du patrimoine - Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

Cinq bâtiments de la cité Universitaire des Gazelles à Aix-en-Provence, dont un inscrit au répertoire des monuments historiques, ont fait l’objet d’une rénovation lourde. La difficulté : concilier modernité et performance énergétique au caractère historique de l’ouvrage.

Les travaux de réhabilitation de la Cité universitaire des Gazelles d’Aix-en-Provence (13) ont été engagés dans le cadre d’un projet global de rénovation des cités universitaires. Un projet avec un objectif environnemental fort (HQE) où les contraintes étaient multiples : « Nous avions bien sûr des coûts à maîtriser, des délais très courts (sept mois), l’exigence d’apporter de vraies améliorations en termes de performances énergétiques, acoustiques et de confort. Et, pour corser le tout, l’un des bâtiments était inscrit au répertoire des monuments historiques », explique Nathalie Guillot, architecte DPLG chez Actua Architecture/P3G Ingénierie en charge du projet. En effet, le bâtiment n°1, datant de 1957, est une réalisation de l’architecte Fernand Pouillon et est inventorié au patrimoine architectural contemporain. Le bâtiment n°5 a, quant à lui, été réalisé par les architectes Levasseur et Brunschivo en 1962, « à la façon » de Pouillon. Compte tenu de leur caractère historique, il n’a pas été possible de les isoler par l’extérieur. Ces édifices ont notamment pour caractéristiques des murs-pignons en pierres massives apparentes. Murs qui ont été restaurés et préservés par la mise en œuvre d’une isolation par l’intérieur. De même l’apparence de la trame structurelle (béton) carrée des chambres a été conservée.

 

Panneaux à ossature bois

 

Ces contraintes ont amené les architectes à faire des choix originaux. Ainsi une grande partie de l’existant à l’intérieur mais aussi à l’extérieur, notamment le remplissage des modules de façades entre la structure béton a été démolie. Le remplissage entre les trames a été entièrement repensé. Ayant la volonté d’utiliser des matériaux plus respectueux au plan environnemental, les architectes ont choisi de remplir les modules par des panneaux à ossature bois. Préfabriqués en atelier, les panneaux ont été installés sur place puis dotés de menuiserie aluminium à rupture de pont thermique de dernière génération et isolés par projection de ouate de cellulose. Grâce à ces modifications, les performances thermiques de la paroi ont été multipliées par quatre (Ubat) et les consommations globales réduites de plus de 30%. Les performances acoustiques ont également été améliorées et respectent désormais un niveau sonore de 30dB au niveau de la façade, et de 43dB ou moins au niveau des chambres.

« Matière minérale »

 

Même s’il fallait conserver le caractère historique des bâtiments, les architectes, après consultation de leurs homologues aux Bâtiments de France, ont donné une image plus contemporaine à la cité Universitaire en l’habillant de panneaux de fibre-ciment (Naturalis Evolution Eternit.) teintés dans la masse. Lesquels ont ainsi permis d’apporter de la couleur – cinq teintes réparties sur l’ensemble des façades –, mais aussi de proposer une réponse en termes de durabilité et d’esthétique : « Nous avons choisi une “matière minérale” en corrélation avec la pierre, ce qui apporte à chacune des plaques un caractère unique ne nécessitant aucun revêtement d’apprêt. Leurs teintes dans la masse renforcent cet aspect naturel, tout en offrant de multiples combinaisons de couleurs vives », souligne Nathalie Guillot.


A noter, les panneaux ont été mis en œuvre de deux façons différentes suivant les bâtiments : « En panneaux fixes (bâtiment 5) ou sous forme de volets pliants extérieurs (bâtiment 1) ». Sur le plan de la durabilité, la composition en fibre-ciment confère au panneau résistance au feu (classement A2-s1, d0 (M0)), imputrescibilité, caractère hydrofuge, imperméabilité et résistance aux insectes xylophages. Compte tenu de ces caractéristiques, le fabricant annonce une durée de vie d’au moins cinquante ans.

Focus

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Crous d’Aix Marseille (13)
Maître d’ouvrage déléguée : Semepa (13)
Maîtrise d’œuvre : Actua P3G (34)
BET HQE / Fluides : Aveom (34)
BET structure : P3G (34)
Economie : P3G (34)
Acoustique : 2AF Acoustique (12)
Entreprises :
– Gros-œuvre : Sovame (13)
– Menuiserie, panneaux, ossature bois façades : Menuiserie Pistre (81)
– Electricité plomberie : Sauget & RC Clim (34)
Surfaces : 3 670 m2
Coût des travaux : 3.8 M€

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