Paysage

Paysalia au zénith des salons de la filière verte

Mots clés : Etat et collectivités locales - Manifestations culturelles

L’édition 2017 confirme le leadership de Paysalia dans l’univers des salons professionnels français dédiés à la filière Paysage. Au-delà des 664 exposants et des premiers comptages qui laissent prévoir plus de 18 000 visiteurs, ce bilan ressort des sourires unanimes, parmi les fournisseurs, les entrepreneurs, les collectivités et les concepteurs réunis du 5 au 7 décembre à Eurexpo Lyon.

Dès le premier jour, la remise des trophées de l’innovation a donné la température de Paysalia 2017 : le jury présidé par Louis-Marie Rivière, président du conseil scientifique de Plante & Cité, a départagé 60 dossiers, soit deux fois plus qu’en 2015. Trois des six lauréats venaient pour la première fois au salon. « Les  innovations les plus marquantes viennent souvent de l’extérieur », a commenté le président en remettant son second prix aux armoires de séchage S20 Protech, dans la catégorie Nouveautés.

 

Cascade de bien-être

 

De l’électroménager au paysage, le grand écart réalisé par la PME de La Roche-sur-Yon (Vendée) raconte l’histoire d’une diversification et d’une pérennisation réussies : en 2014, des cadres de l’ancien site Fagor Brandt, spécialiste de l’entretien du linge, lancent le pari du redémarrage après redressement  judiciaire. Ils décident de valoriser leur savoir-faire en lançant une armoire de séchage destinée aux professionnels exposés aux intempéries. Les lampes à UV injectent de l’ozone chaud pour sécher les tenues de travail et en éliminer les germes et odeurs, dans un circuit semi-ouvert qui récupère la chaleur pour combiner la rapidité et l’économie d’énergie dans un meuble proposé en deux dimensions : 1,20 m ou 60 cm de large, pour 1,98 de haut.

« Contrairement à ceux du BTP qui rangent leurs tenues dans des bâtiments modulaires exigus, les ouvriers des petites entreprises du paysage les ramènent chaque jour dans les locaux plus spacieux de l’entreprise », explique Guillaume Saïd, chargé du marketing. Avant la finalisation d’une armoire plus compacte, cette analyse justifie le choix de la première cible d’une innovation à double impact : « Nous prenons soin des travailleurs qui, eux-mêmes, donnent du bien-être aux usagers des espaces verts », développe l’homme du marketing de S20 Industries.

 

Arme bio

 

Autre nouveau venu à Paysalia et titulaire du premier prix dans la même catégorie que S20 Industries, Bioline Agrosciences raconte également une aventure entrepreneuriale : emblématique d’une reconversion accélérée par l’interdiction des produits phytosanitaires dans l’espace public, l’entreprise est née en 2016 de l’absorption de Syngenta Bioline par Biotop, filiale d’In Vivo. Son trophée récompense les élevages intensifs d’insectes prédateurs de la pyrale du buis, à Livron-sur-Drôme : « Des auxiliaires présents à l’état naturel en France », tient à préciser Sébastien Rousselle, responsable marketing biosolutions cultures spécialisées espaces verts grand public. Parmi les premières références de cette solution issue de recherches menées dans son laboratoire de Sofia Antipolis, l’entreprise évoque les deux saisons traversées avec succès par les buis du jardin remarquable de Marcqueyssac (Dordogne), malgré les attaques de la pyrale.

 

Achats écoresponsables

 

Dans un marché qui renoue avec la croissance, la moisson d’innovations prometteuses donne du poids au message politique des acteurs du paysage : au second jour de Paysalia et deux semaines après la publication du guide de la commande publique paysagère, co-signée par l’association des maires de France et l’interprofession du paysage, la ville de Lyon est venue solennellement ajouter sa signature à celle des institutions régionales engagées depuis février dernier dans la « charte de l’achat public local ».

« Depuis déjà 10 ans, le prix ne pèsent plus que 30 %, dans le choix des adjudicataires, à côté des valeurs environnementales et techniques qui totalisent 70 % », rappelle Daniel Boulens, directeur des espaces verts de Lyon. Sa parole  vaut de l’or, dans une ville qui totalise près de 100 millions d’euros d’investissements dans les espaces verts, au cours de l’actuel mandat. Ajoutée à l’allotissement, la méthode lyonnaise sourit aux pépiniéristes régionaux : les cinq fournisseurs de plantes de Lyon produisent en France, et quatre d’entre eux en Rhône-Alpes Auvergne. Le maillon faible de la charte se situe selon Daniel Boulens dans le camp des entreprises : « Malheureusement, elles ne privilégient pas toujours les fournisseurs locaux », remarque le directeur des espaces verts…

 

Paysage productif

 

Entre stratégie politique et innovation, la métropole hôte de Paysalia offre un exemple spectaculaire, présenté lors des visites techniques qui accompagnent le salon : le long de l’autoroute A 7 face à la skyline des complexes pétrochimiques, le grand Lyon affecte 20 hectares au programme de restauration de la biodiversité urbaine (Rebu), en voie d’achèvement, et bientôt relayé par Bio technosols urbains (Bio-tubes), coordonnés par l’entreprise Valhoriz grâce aux financements des Investissements d’avenir et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. La fertilisation de déblais stériles, l’expérimentation de clôtures végétales des pépinières Soupe ou la production de taillis à cycle court, pour l’alimentation des chaufferies biomasse du Grand Lyon, offrent une vocation immédiate au site. « A moyen terme, ces expérimentations ouvrent une perspective urbaine pour accueillir les nouveaux habitants attendus par la métropole », explique Frédéric Ségur, directeur du service Arbres et Paysages du Grand Lyon.

 

Avenir féminin

 

Dans le défrichement des paysages de l’avenir, Paysalia 2017 aura enfin frappé les esprits par son empreinte féminine : révélation du salon dirigé par Noémi Petit et présidé par Catherine Muller, Anne Cabrol a remporté, face à trois hommes, le concours du Carré des jardiniers, consacré cette année aux jardins thérapeutiques. La paysagiste de l’entreprise Tarvel devient ainsi la première femme titulaire du titre de maître jardinier.

 

 

Dès l’espace d’accueil du salon agencé par Sophie Labouré, les visiteurs auront découvert l’exposition des projets des 5 lauréates de l’édition 2017 des jeunes talents, décerné chaque année à des jeunes diplômés, à l’initiative de la fédération française du paysage : Malou Allagnat, Charlotte Beau Yon de Jonage, Elsa Bizouard, Louise Checa et Marie Pierra. Pendant qu’ils pleuraient Johnny, les participants ne se sont sans doute pas tous rendu compte qu’ils assistaient à la renaissance de Jean Ferrat : la femme est l’avenir du paysage.

 

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