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Paysagistes-conseils : trois jours à Rome pour comprendre les pratiques italiennes
Le Corps des paysagistes-conseils de l’Etat lors de son séminaire à Rome, dans le parc de l’Appia Antica, le 7 juin 2014. - © © Cyrile Véran / Le Moniteur

Paysagistes-conseils : trois jours à Rome pour comprendre les pratiques italiennes

le 13/06/2014  |  ArchitectureAménagementIlle-et-VilaineFrance entièreEurope

Du 5 au 7 juin s’est tenu à Rome le séminaire annuel du Corps des paysagistes-conseils de l’Etat sur le thème « Co-habiter ». Catherine Soula, nouvelle présidente du bureau, et Sébastien Giorgis, son prédécesseur, font un bilan de cette édition axée sur les pratiques des paysagistes italiens.

Quelle est la finalité de vos séminaires ?

Catherine Soula : Une année sur deux, notre séminaire se déroule à l’étranger avec l’objectif de confronter nos pratiques à celles des paysagistes d’autres pays. Ces voyages d’études permettent de cerner les acteurs du paysage, la place occupée par les paysagistes dans la fabrication de la ville et des territoires, leur pratique du métier, le cadre législatif et les modes de gouvernance. L’année suivante, le séminaire a lieu en France, sur des territoires qui font l’objet d’aménagements exemplaires. Manière de vérifier le résultat des politiques publiques sur un territoire donné. L’année prochaine, il aura lieu à Rennes.

Pourquoi le choix de l’Italie cette année ?

C.S. : Jusqu’ici, nous avions peu exploré la question du paysage dans les pays méditerranéens. L’Italie a une capacité à développer une réflexion théorique de premier plan en Europe sur la transformation des villes et des territoires. Nous avons choisi Rome, la capitale -et terrain neutre-, pour inviter des personnalités qui animent le débat européen sur la ville contemporaine et incarnent une grande diversité d’approches conceptuelles du projet urbain, parfois conflictuelles : Paola Viganò, Alberto Magnaghi, Franco Zagari, Paolo Villa ou Fabio Di Carlo.

Qu’est-ce qui caractérise le métier en Italie ?

C.S. : D’abord de grandes similitudes entre leurs pratiques et les nôtres. Rappelons que nous partageons une même Convention européenne du paysage. Les Italiens se dotent d’outils de connaissance identiques, à l’instar des Atlas de paysage (un état des lieux d’unités de paysage réalisé à l’échelon départemental en France, à l’échelon provincial en Italie) et des plans de paysage (un programme d’actions sur cinq ans réalisé à l’échelon des communautés de communes en France, et régional en Italie). On observe aussi des différences, surtout dans le projet. En Italie, l’approche sectorielle est moins marquée qu’en France, où on est très fort pour empiler les normes (sécurité, PMR…) et apporter des réponses techniques, alors que le paysage, par essence, nécessite une approche holistique et sensible. De fait, l’espace public est le lieu de tous les usages. Il n’y a pas comme en France nécessité à vouloir tout compartimenter, les piétons d’un côté, les voitures de l’autre, etc. Le partenariat public-privé est également très ancré chez eux, les pouvoirs publics ayant depuis longtemps tiré profit du mécénat privé. L’Italie a tranché sur ces sujets qui font débat en France. Cette situation nous a inspiré le thème de cette édition, la cohabitation : celle des milieux naturels et des territoires à valeur économique, des territoires urbains et ruraux, du patrimoine et de la modernité, des intérêts publics et privés.

Quelle est la formation des paysagistes ?

C.S. : Les Italiens s’estiment en retard, car il n’y a pas d’écoles de paysage comme chez nous ou en Allemagne, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas. Le paysage est enseigné au sein des universités d’architecture, de manière pluridisciplinaire. Les paysagistes sont des architectes ayant développé une spécialisation, sinon des experts forestiers, des urbanistes, des écologues ou des plasticiens. La recherche et le projet sont indissociables en Italie. En revanche, en France, les architectes et les paysagistes sont souvent exclus de cette recherche.

Les Italiens ont-ils eux aussi un Corps de paysagistes-conseils ?

C.S. : Non, mais cette perspective les intéresse. L’Association des paysagistes-conseils de l’Etat est une invention française qui n’existe nulle part ailleurs. Ce Corps, s’il devait être créé, serait donc chez eux sous la tutelle du ministère de la Culture, puisque les paysagistes dépendent de ce ministère.

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