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Paysage Trophée national pour In Situ à Villeurbanne

GABRIEL EHRET |  le 13/02/1998  |  RhôneAménagementCommunicationLogement socialEspaces verts

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- Dominique Voynet remettra le 18 février le Trophée du paysage à deux jeunes paysagistes lyonnais, Emmanuel Jalbert et Annie Tardivon. - Il distingue la requalification exemplaire des abords d'un quartier d'habitat social.

Terrain sans relief, végétation dispersée, espaces sans usage précis et mal reliés entre eux, l'environnement de la cité Pélisson, au nord- ouest de Villeurbanne, présentait ce caractère inachevé typique des quartiers d'habitat social des années 60-70. Chargés par le Grand Lyon et la ville de Villeurbanne de le remodeler dans le cadre d'une opération DSQ, les deux jeunes paysagistes Emmanuel Jalbert et Annie Tardivon (In Situ) ont misé sur une identification forte des espaces, cadrés et confortés par des plantations voulues extrêmement denses pour assurer leur pérennité.

Ainsi la rue Proudhon, desserte principale surdimensionnée, devient une promenade plantée en pied d'immeubles. Le stationnement replacé perpendiculairement à la voirie diminue son emprise. Rendu aux piétons, le parvis du centre social devient le seuil d'entrée de la cité. Depuis le parvis, des alignements de sophoras et des tables d'arbustes conduisent le regard vers l'espace central. Auparavant vide béant, celui-ci est devenu grand salon à vivre pour toute la cité, tant sont variées désormais ses ambiances et ses utilisations possibles. Le promenoir périphérique chemine à l'ombre des grands arbres d'origine, il est bordé de deux haies rectilignes enserrant un foisonnement d'arbustes à floraison rouge et rose. Au centre, une vaste prairie accueille bains de soleil, foot, méchouis et même boxe sur ring. Pour prévenir l'intrusion des voitures, elle est creusée en décaissé, ses pentes modelées en gradins pour les spectateurs. En sculptant ainsi le terrain, les paysagistes font d'une pierre deux coups : concentrant les eaux de ruissellements dans le fossé qui ceinture la prairie, ils s'épargnent l'installation de coûteux drainages. Vers l'ouest, une aire de jeux en stabilisé, bordée d'arbres, prolonge la prairie centrale. Dans la partie est, entre deux barres de logements, le traitement du jardin Ribot se montre attentif aux habitudes de la cité : le linge y sèche aux fils tendus le long de la pergola du cheminement central, renforcé par des lignes d'arbres et des plantations. La treille d'acier vibre ainsi des couleurs du linge, des glycines qui l'escaladent, et des iris à ses pieds.

Trois ans après l'achèvement des travaux conduits en plusieurs tranches de 1991 à 1994, le Trophée du paysage entérine non seulement l'intelligence de la conception, mais aussi sa réussite sociale. Associés au projet dès l'origine, les habitants se sont appropriés ces jardins qu'ils entretiennent eux-mêmes largement, grâce à une régie de quartier et aux « chantiers d'été » organisés pour les jeunes par le centre social.

FICHE TECHNIQUE

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Villeurbanne pour l'espace central et le jardin Ribot ; Grand Lyon pour le parvis du centre social et la rue Proudhon.

Maîtrise d'oeuvre : Annie Tardivon, Emmanuel Jalbert, paysagistes (In Situ).

Surface : 18 750 m2.

Coût des travaux : 4 097 000 F HT, soit 218 F HT/m2 (259 F TTC).

Entreprises : Stahl, terrassements ; Gerland Route, Blondet, Sacer, sols et chaussées ; Cgev Arev, Laquais, Tarvel, plantations ; Grapinet, métalleries.

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