En direct

PAYSAGE Le tramway de Strasbourg consacre Alfred Peter

Laurent miguet |  le 05/03/1999  |  TransportCollectivités localesArchitectureAménagementBas-Rhin

-Le projet a permis au paysagiste Alfred Peter de reconstituer un tissu urbain décousu dans les années 60 et 70. -Conseiller du maître d'ouvrage sur la ligne A, il est co-mandataire de la maîtrise d'oeuvre pour la ligne B.

« La ligne A du tramway de Strasbourg a marqué pour nous la phase d'expérimentation, et la ligne B celle de la maturité. » A la tête d'une agence de quatre salariés, Alfred Peter, paysagiste âgé de 41 ans, vit depuis près d'une décennie une lune de miel avec les déplacements urbains de la capitale alsacienne : un sujet qui génère 70 % de son chiffre d'affaires, proche de 4 millions de francs si l'on y intègre la voie de liaison interurbaine ouest de l'agglomération (VLIO), pilotée par le conseil général du Bas-Rhin. Sur la ligne A, le paysagiste s'est discrètement imposé comme conseiller de la Compagnie des transports strasbourgeois, après les grandes consultations d'urbanisme relatives à la place de la gare et à la place Kléber. Son retard au démarrage reste associé à ce qu'il considère comme le défaut majeur du projet : « Nous n'avons pas réussi à supprimer le tunnel reliant la gare aux Halles, qui fonctionne mal à ses deux extrémités. »

Cette première phase, durant laquelle le paysagiste a apporté un oeil « à la fois libre et marginal » sur un projet conçu avant lui sous l'angle exclusif de la fonctionnalité a pourtant fourni l'occasion de quelques enrichissements : « La déclaration d'utilité publique prévoyait la pose des rails sur le bord de l'avenue de Colmar, à l'entrée sud de l'agglomération. Nous les avons placés au centre. » Alfred Peter revendique également « la première réussite française en matière de voirie verte pour tramway » : en entrant au coeur de la cité HLM de Hautepierre, à l'ouest de la ville, la voie engazonnée y a introduit « une référence dans l'entretien et l'aménagement ».

Le plaisir du travail en co-maîtrise d'oeuvre

Dans le vaste grenier de l'atelier d'Alfred Peter, toute l'équipe de conception se retrouve régulièrement autour d'une table pour suivre l'évolution du projet. L'intégration du designer marseillais Charles Bové, de même que celle de l'urbaniste parisien Guy Henri, dans l'équipe fédérée par le paysagiste, porte une autre signification : le plaisir du travail partagé. « Je tiens beaucoup à la notion de co-maîtrise d'oeuvre, dans une équipe solidaire, totalement imbriquée avec les services techniques de la ville et structurée autour de deux pôles : Peter pour l'aménagement urbain, le Getas pour l'ingénierie. »

Co-lauréat en 1995 du concours de maîtrise d'oeuvre, le paysagiste est entré dans la ligne B par la grande porte, avec toutes les contraintes que cela suppose : participation à la définition du tracé, confrontation avec les riverains, modifications innombrables... sur les 12 km d'une ligne qui dessert cinq quartiers de l'agglomération (5 000 à 8 000 habitants chacun), des banlieues destructurées aux artères les plus luxueuses de la ville, en passant par la porte de Schirmeck, symbole des inévitables fatras autoroutiers qui bordent les métropoles modernes.

Réaménagement de trois places majeures

Le projet offre l'occasion de la première restructuration profonde du quartier allemand depuis l'irruption du tout automobile, et d'un réaménagement de trois places majeures de Strasbourg : Broglie, Bordeaux et République. Entourée de grilles pour mieux affirmer son identité de jardin, cette dernière se ramifiera dans une coulée verte marquant l'entrée des voiries engazonnées dans le coeur de la ville.

Que fera ensuite Alfred Peter ? «Je regarde l'après-2001 comme un trou noir, mais peut-être aussi comme le moment rêvé pour trouver d'autres terrains à défricher. » L'entreprise unipersonnelle créée en 1985 par Alfred Peter dispose pour cela de ce qu'il considère comme un atout maître : la souplesse liée à sa petite taille.

PHOTOS

Alfred Peter revendique «la première réussite française en matière de voirie verte pour tramway».

Aujourd'hui axe de stationnement (ci-dessous), le boulevard de la Victoire redeviendra une promenade avec l'implantation du tramway (ci-dessus).

La reconquête piétonnière plébiscitée

Grande nouveauté de la ligne B du tramway de Strasbourg pour le paysagiste Alfred Peter, la concertation avec les habitants s'est focalisée de façon a priori surprenante sur la réduction de la circulation automobile : « La grande difficulté consiste à franchir le premier pas, ce que Strasbourg avait déjà réalisé à l'occasion de la ligne A. Le débat s'était alors concentré sur la légitimité du projet, aujourd'hui acquise. Une fois qu'ils ont retrouvé le goût de l'espace, les riverains en redemandent. Ainsi la concertation nous a souvent amené à réduire plus que nous ne l'avions prévu les emprises réservées à l'automobile. »

Commentaires

PAYSAGE Le tramway de Strasbourg consacre Alfred Peter

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

Code pratique du patrimoine et de l’intervention sur le bâti existant

Code pratique du patrimoine et de l’intervention sur le bâti existant

Livre

Prix : 75.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX