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«La vie sur les chantiers ne devrait pas être bouleversée», Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP
Paul Duphil, secrétaire général de l'OPPBTP.

«La vie sur les chantiers ne devrait pas être bouleversée», Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP

Propos recueillis par Caroline Gitton |  le 29/10/2020  |  France ReconfinementPréventionCoronavirus

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Malgré ce nouveau confinement, l’histoire ne se répète pas. Comme le souligne Paul Duphil, la profession a désormais les moyens de poursuivre l’activité dans le respect des gestes barrière pour protéger les salariés.

Sous quels auspices se présente ce nouveau confinement pour le BTP ?

Bien heureusement, la situation au sein du secteur diffère de celle du printemps dernier. Nous avons en effet derrière nous quelques mois de préparation de nos organisations, d’acquisition de moyens et de lutte contre le virus, en particulier les masques : des mesures efficaces, quand elles sont appliquées, pour faire obstacle à la contamination. Les règles annoncées permettent d’assurer un bon équilibre en permettant aux personnes qui ne peuvent pas télétravailler de se déplacer, et à celles qui exercent leurs missions à distance de libérer les transports en commun pour éviter un brassage de population propice à la contamination.

On peut ainsi s’attendre que la vie sur les chantiers ne soit pas bouleversée. La mise en place du télétravail pour les équipes de maîtrise d’ouvrage ou de maîtrise d’œuvre ne signifie d’ailleurs pas qu’elles ne puissent se déplacer de temps à autre sur le terrain quand c’est nécessaire, sous réserve du respect des gestes barrière.

Nous n’avons pas, à ce jour, identifié de clusters (foyers de contamination) dans le BTP issu de l’activité en entreprise. Les grands groupes mettent en effet en œuvre une surveillance très fine sur la question des origines de contamination. Il apparaît qu’elles sont plutôt rattachées à des périodes hors travail, ou le respect des mesures barrière s’avère plus difficile, comme au sein des restaurants.

Les règles de protection sanitaires sont donc bien appliquées sur les chantiers ?

Globalement, ces règles ont été bien comprises par les entreprises et sont bien mises en œuvre. Il ne s’agit pas pour autant de dire que tout est  parfait en entreprise. Le respect des mesures varie selon les employeurs. Les grands groupes ont les moyens d'en faire une application stricte, tandis qu'il est dans l’ensemble plus difficiles pour les plus petites sociétés de s’organiser et de contrôler le respect des règles. Comme en matière de prévention au sens large, certaines sont exemplaires, d’autres, en revanche ont des progrès à faire ! Côté salariés, le Covid-19 n’a pas radicalement changé leur perception des règles de santé au travail : les personnes rétives à prendre en compte certains dangers graves et imminents auront aussi du mal à appliquer les mesures barrière.

Que faire en cas de soupçon de contamination sur un chantier ?

Il convient d’isoler immédiatement l’intéressé, et éventuellement de l’envoyer faire un test ainsi que, le cas échéant,  consulter son médecin traitant qui pourra lui délivrer un arrêt de travail. Ensuite, identifier les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec le salarié concerné, afin de leur permettre de s’isoler : mieux vaut mettre à l’arrêt trois ou quatre compagnons pendant sept jours que de prendre le risque de générer 20 contaminations !

Depuis plusieurs semaines, certaines entreprises du BTP sont confrontées à l’absentéisme de membres de leurs équipes pour cause de cas contact, ce qui crée des perturbations importantes. Il leur faut alors réaménager les équipes, avec notamment le recours à l’intérim qui, n’ayant pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire, reste au demeurant assez souple. Il est probable que le prochain protocole gouvernemental autorise les entreprises à organiser les tests sur de grands chantiers.

Quel est votre mot d’ordre pour affronter cette seconde vague ?

La profession a su se rassembler au printemps pour mettre au point le premier protocole complet sur les mesures de sécurité sanitaire, régulièrement révisé à l’aune de l’évolution de l’épidémie avec l’aide de membres du corps médical. Il faut continuer à capitaliser sur cet aout et à le mettre en œuvre pour poursuivre l’activité, et prouver que le BTP peut ne pas être source de contamination.

Nous enjoignons en outre aux employeurs de mettre en œuvre le télétravail dès que c’est possible. Afin de rassurer les clients individuels, c’est aussi le moment, pour les petites entreprises, de faire bon usage de la partie du guide de l’OPPBTP qui prévoit un protocole sanitaire en cas d’intervention chez un particulier vulnérable ou à risque. Les employeurs devront aussi s’assurer que les personnels en grands déplacements bénéficieront de conditions d’hébergement et de restauration respectant les mesures barrière, en veillant notamment à ce que les compagnons disposent d’une chambre d’hôtel individuelle.

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