Industrie/Négoce

Patrick Martin : « Il faut oxygéner le Medef »

Mots clés : Distribution

Le PDG du groupe de négoce Martin Belaysoud Expansion (enseignes Tereva et Mabeo, notamment), qui a réalisé plus de 510 millions d’euros de CA en 2017, est candidat à la présidence du Medef, pour l’élection de juillet prochain.

Comment l’idée de votre candidature a-t-elle germé ?

Patrick Martin : A l’origine, sept Medef territoriaux ont estimé qu’un candidat issu de leurs rangs était nécessaire pour porter un projet d’oxygénation du Medef. Ils ont estimé que par mon parcours entrepreneurial et mon expérience à la présidence du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, et auparavant à celui de l’Ain, je pouvais être celui-là. Mais attention, cette candidature n’est surtout pas celle des territoires contre les branches (voir encadré), ni de la province contre Paris, ni des petits contre les gros !

 

Vous avez cité, dans une interview à la presse locale, cette interrogation d’une de vos filles qui se demandait pourquoi son père voulait devenir « l’homme le plus détesté de France ». La question est excellente ! Pourquoi ?

L’image des entrepreneurs s’est considérablement améliorée ces dernières années dans notre pays, celle des petits patrons d’abord mais aussi celle des grands. Mais l’image du Medef reste mauvaise ! Je ne me présente pas pour me faire clouer au pilori, mais pour travailler à changer l’image de ce mouvement et de son président.

Je ne poursuis pas un destin personnel, et d’ailleurs je m’honore d’avoir suspendu mon engagement au sein du Medef entre 2011 et 2016, car ce n’est pas l’alpha et l’oméga de l’existence d’un entrepreneur ! Mais je pense que nous entrons dans une période extrêmement intéressante, qu’il faut saisir pour transformer le Medef. La conjoncture s’annonce favorable pour deux ou trois ans, les mentalités évoluent en profondeur dans notre pays et notamment chez les jeunes qui aspirent de plus en plus à devenir entrepreneurs et enfin le Gouvernement affiche une orientation pro-business comme nous n’en avons pas connu sous la Ve République. Le Medef actuel paraît très décalé dans ce contexte nouveau !

 

C’est ainsi qu’il faut comprendre votre volonté « d’oxygéner » le mouvement ?

Oui. Je suis frappé de constater qu’on ne croise quasiment pas un start-upper dans les couloirs de notre organisation. Et quand on leur demande pourquoi, ces nouveaux entrepreneurs expliquent qu’ils ont le sentiment d’un mouvement très éloigné de leurs préoccupations ! C’est vrai pour beaucoup d’entrepreneurs. Or, si le Medef veut conserver ses adhérents et en conquérir de nouveaux, il doit à la fois leur en donner pour leur argent en leur offrant des services adaptés et créer une adhésion fondée sur la conviction et les valeurs. Les entreprises se réinventent en profondeur, le Medef ne peut y échapper ! Cela passe notamment par une approche plus locale. Les choses ne se passent plus exclusivement à Paris ! En matière d’apprentissage, les régions sont puissantes. Les administrations décentralisées de l’Etat sont aussi des interlocuteurs majeurs pour les entreprises. Autre exemple, la fiscalité. L’impôt sur les sociétés pèse 42 milliards d’euros et baissera dans les années qui viennent, tant mieux ! Mais la fiscalité locale sur les entreprises, elle, atteint déjà 47 milliards d’euros en 2016, et ne pourra que monter, car les collectivités compenseront les baisses de dotation de l’Etat. Beaucoup de choses se passent donc sur le plan local.

 

Avez-vous évalué vos chances ?

En configuration classique, mes chances seraient faibles. Jusqu’à présent, le président du Medef résultait d’un jeu entre quelques fédérations très puissantes et n’émanait jamais des Medef territoriaux. Il est d’ailleurs aberrant que le président d’une organisation interprofessionnelle n’ait jamais été issu de l’interprofessionnel !

Mais les logiques institutionnelles traditionnelles sont largement dépassées, et le jeu est plus ouvert que jamais. Tous les candidats ne sont pas encore connus, et la campagne ne fait que démarrer.

 

Retrouvez l’interview dans son intégralité (notamment sur les perspectives du groupe Martin Belaysoud Expansion) dans le numéro de février de Négoce.

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