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Patrick Coulombel, architecte là où il y a urgence
Patrick Coulombel, président de la fondation Architectes de l'urgence, devant des bâtiments effondrés - © © Architectes de l'urgence

Patrick Coulombel, architecte là où il y a urgence

Marie-Douce Albert |  le 10/03/2010  |  France entière

L'architecture n'est pas compatible avec les situations d'urgence? "C'est pourtant ce que nous faisons", rétorque le président de la fondation justement intitulée "Architectes de l'urgence". Entre Haïti et le Chili, il remet quelques pendules à l'heure et se moque bien d'avoir l'air mal élevé.

"Je suis toujours en train de revenir ou de partir quelque part." Rentré d'Haïti, Patrick Coulombel ne le sait pas encore mais deux jours plus tard, il sera au Chili. Alors le président de la fondation Architectes de l'urgence a une gestion efficace de son agenda. On veut le rencontrer ? Ok pour le jour même, après un rendez-vous à la mairie de Paris et son retour vers Amiens, où il habite. A la table du café, il désigne un lotissement vendéen submergé par la tempête Xynthia à la une d'un quotidien: "On se demande aujourd'hui si on doit accepter de vivre avec le risque. Mais dire qu'on ne doit construire ni en zone inondable, ni en zone sismique, ni près des centrales nucléaires, c'est de la bêtise. Vous imaginez quelle proportion de la population mondiale il faudrait déplacer ?" Les théories, cet architecte de 47 ans n'en a cure. Il ne s'embarrasse pas tellement non plus des bonnes manières: "Je passe pour un cow-boy mais ça n'est pas important." En revanche il n'a aucun doute sur ce qu'il fait et pourquoi.

Ne pas tenter, mais réussir

Architectes de l'urgence est née en 2001, dans la Somme inondée parce que quelques professionnels se demandaient comme utiliser leurs compétences au bénéfice des sinistrés. Depuis l'organisation est intervenue dans 25 pays, en Iran après le séisme de 2002, après des inondations au Bangladesh ou le tsunami en Indonésie, mais aussi lors de la crue de l'Elbe en Allemagne ou l'explosion de l'usine AZF à Toulouse. Ces dernières semaines, Haïti et le Chili sont la priorité. Par téléphone, Patrick Coulombel discute d'ailleurs de l'envoi de containers pour Port-au-Prince. Il expédie son interlocuteur: "On réussit, on ne tente pas ! Tenter, ça n'existe pas dans notre langage." Dans son entourage, on admet que son caractère "entier peut interloquer au premier abord. Seulement la fondation n'a pas de temps à perdre. Alors il est très exigent avec les autres, mais il l'est d'abord avec lui même. Et il croit en ce qu'il fait".
Et n'allez pas dire au président que les termes "urgence" et "architecture" ne semblent pas aller de pair. "C'est sûr, ce n'est pas ce qu'on apprend à l'école, réplique-t-il. Nous le faisons pourtant: nous travaillons sur la mise en sécurité des bâtiments. Quand un médecin a besoin d'opérer une victime, nous sommes là pour lui dire si les murs de l'hôpital sont dangereux ou pas." Plus tard, quand les fonds le permettent, les Architectes de l'urgence aident à la reconstruction.

L'humanitaire n'est pas une thérapie

Pour Patrick Coulombel, l'humanitaire fait partie de "l'histoire familiale: je suis fils de 'clients'. Ma mère, fille d'immigrés italiens, a été récupérée par la Croix-Rouge en 1942 après un bombardement et mon père a été secouru par le CICR en 1954 à Dien Bien Phu." Issu de ce milieu modeste, le fils, électricien de formation, a commencé comme ouvrier dans l'industrie automobile. Il a décroché son bac par correspondance et s'est inscrit en école d'architecture tout en continuant à travailler. Plus tard, il a crée son agence "parce que je suis plutôt du genre patron". Son autre grande occupation, c'est la voile. Il a fait la route du Rhum, Québec-Saint-Malo... Et depuis neuf ans, il est donc de la plupart des expéditions de la fondation. "J'ai été habitué à faire deux métiers en même temps." De ses confrères, Patrick Coulombel dit simplement: "Ils sont dans la noblesse et je travaille comme un roturier." Il précise, s'il était encore besoin, qu'on "ne fait pas de l'humanitaire pour rattraper une carrière ratée. Ça n'est pas une thérapie". On le sent intraitable sur les recrutements. L'urgence l'exige.

Patrick Coulombel, architecte et directeur général de la fondation Architectes de l'urgence, créée en 2001
Patrick Coulombel, architecte et président de la fondation Architectes de l'urgence, créée en 2001 - © © Architectes de l'urgence
Contact

"Fondation Architectes de l'urgence"
Tour Maine Montparnasse
33 Avenue du Maine
BP154-75755 PARIS cedex 15
Téléphone : +33 (0)1.56.58.67.27
www.archi-urgent.com

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