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Patrick Bouchain : « Le Centre Pompidou mobile sera ma dernière construction »
Patrick Bouchain, architecte et scénographe - © © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Patrick Bouchain : « Le Centre Pompidou mobile sera ma dernière construction »

Propos recueillis par Milena Chessa |  le 18/05/2011  |  Patrick BouchainFrance LotEuropeHauts-de-Seine

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Patrick Bouchain
Profession
France
Lot
Europe
Hauts-de-Seine
Loire-Atlantique
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Le Moniteur.fr s’est entretenu avec Patrick Bouchain lors de la présentation du pavillon d'exposition itinérant, modulable et coloré qu’il a conçu pour le Centre Pompidou. Selon lui, cette œuvre marque la « quintessence » de sa vie d’architecte tournée vers le nomadisme.

Comment êtes-vous arrivé sur le projet du Centre Pompidou mobile ?

Nous [Patrick Bouchain et Loïc Julienne, ndlr] avons remporté le concours international avec un projet simple qui rentrait dans le budget. Ce n’est pas une usine à gaz comme peut l’être le Mobile Art Pavilion de Zaha Hadid, dont le coût du montage équivaut à lui-seul au montant de l’investissement du Centre Pompidou mobile. Notre structure coûte 1,7 million d’euros. Le prix de construction au mètre carré (2000 euros) est plus proche d’une opération de logement social que de celle d’un établissement culturel.

Pouvez-vous nous décrire votre bâtiment ?

Le bâtiment (650 m2) comprend trois modules d’exposition d’un peu moins de 200 m2 chacun, auxquels s’ajoutent d’autres conteneurs destinés aux bureaux, fluides et sanitaires. Ces objets de petite échelle sont fractionnés de manière à pouvoir s’adapter à tous les types de places (circulaire, carrée, etc.) d’au moins 1800 m2. L’entreprise de construction qui a remporté l’appel d’offres est Rennaise (MCMI) [en groupement avec la société Albador, ndlr]. Sur ce projet, les entreprises du bâtiment rencontrent celles du monde forain.

Quel parti pris constructif avez-vous adopté ?

Mon expérience en matière de construction foraine, de cirque et de chapiteau m’a conduit vers la technique de la tente (toile armée de câbles d’acier). La structure doit rester simple afin que l’on puisse trouver, dans chaque ville d’accueil, les pièces détachées nécessaires en cas d’incident. Un premier montage à blanc aura lieu le 15 juillet prochain, avant l’installation à Chaumont-en-Champagne mi-octobre. Cette construction sera pour moi la dernière. La quintessence d’une vie d’architecte nomade.

Pourquoi ce choix de couleurs ?

Fernand Léger disait que les villes n’étaient pas assez colorées. Ma palette de rouge, orange, bleu, vert, noir et argent correspond au choix disponible dans le catalogue du fabricant de bâches Ferrari. Les mécènes du Centre Pompidou mobile [Fondation Total, GDF Suez, Groupe Galeries Lafayette, La Parisienne, ndlr] peuvent y reconnaître leurs couleurs. Mais surtout, ces teintes permettent de créer des effets visuels de rapprochement et d’éloignement des différents modules. En revanche, la face intérieure des bâches, côté espace d’exposition, est blanche. Car ce qui compte, ce n’est pas l’architecture, mais ce qui se trouve dedans.

Maquette du Centre Pompidou mobile, par Patrick Bouchain et Loïc Julienne
Maquette du Centre Pompidou mobile, par Patrick Bouchain et Loïc Julienne - © © Construire
Protagonistes
Protagonistes - © © Milena Chessa / Le Moniteur.fr
Biographie

Architecte et scénographe né en 1945, Patrick Bouchain a été professeur à l’Ecole Camondo à Paris (1972-1974), à l’Ecole des beaux-arts de Bourges  (1974-1981) et à l’Ecole de création industrielle de Paris (1981-1983). Il a successivement été conseiller auprès de Jack Lang, puis conseiller auprès du président de l’Etablissement public du Grand Louvre (1992-1994). De 1990 à 1993, il a été le directeur de l’Atelier public d’architecture et d’urbanisme de la Ville de Blois. Il a conduit un « atelier de production d’idées » sur les relations entre ville, friches et forêt sous l’égide de la Caisse des dépôts et consignations, qui a abouti à la proposition dite « La Forêt des délaissés », et fait l’objet d’une exposition à l’Institut français d’architecture en 2000.

Il a collaboré avec de nombreux artistes contemporains dont Daniel Buren (« Les Deux plateaux » dans la cour du Palais Royal, 1986), Sarkis, Ange Leccia, Bartabas (célébration de la bataille de Valmy, 1989), Joseph Kosuth (Figeac, 1989), Claes Oldenbourg (« Le Vélo enseveli », Parc de la Villette, 1990), Jean-Luc Vilmouth (« Comme deux tours », Châtellerault, 1994). Il a été le chef d’orchestre du spectacle des « Grandes roues » sur les Champs-Elysées à Paris dans le cadre de la célébration du passage à l’an 2000 et l’invité du Pavillon français à la Biennale internationale d’architecture de Venise en 2006.

En tant qu’architecte, il a notamment réalisé : l’aménagement du Magasin à Grenoble (1985), le théâtre Zingaro à Aubervilliers (1988), la volière Dromesko à Lausanne (1991), et, en association avec l’agence Construire, le siège social de Thomson Multimédia à Boulogne-Billancourt (1997), la transformation des anciennes usines LU à Nantes en espace culturel (2000), le musée international des Arts modestes à Sète (2000), l’académie Fratellini à Saint-Denis (2002), la reconversion de la Condition Publique à Roubaix (2003) et la scène nationale du Channel à Calais (2005) dans les anciens abattoirs.

Pionnier du réaménagement de lieux industriels en espaces culturels, son activité s’est axée sur les arts du spectacle, la mobilité et l’éphémère. Foncièrement anticonformiste, il pratique avec l’agence Construire (Loïc Julienne) une architecture « HQH », pour « Haute qualité humaine », développant les chantiers ouverts au public, véritables actes culturels, la remise en question permanente des normes, et valorisant la maîtrise d’usage, cœur de tout projet. Son activité s’oriente depuis 2009 vers l’application de ces expériences pour proposer des manières alternatives à la production d’habitat social à travers un projet intitulé « Le Grand ensemble » en chantier dans plusieurs villes.

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