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Patrick BOUCHAIN Ecole elementaire Saint Jacques de la Lande

Karine Dana |  le 01/10/2008  |  LogementsArchitectureRéglementation

Confronter la norme à la réalité constitue le plus gros chantier ouvert par Patrick Bouchain. Installer sur le territoire des constructions non pérennes s’avère une piste efficace pour bousculer l’ordre en ce que cette légèreté de fait inspire une relative tolérance. Dans le cadre de la réalisation de cette école primaire, l’impermanence touche l’activité et non pas le bâti. Les salles de classe, individualisées, répondront à des besoins de logements d’ici 8 à 9 ans quand l’usage de l’école sera obsolète.

Dans son ouvrage Rites et ritualités, Jean-Yves Dartiguenave explique assez rigoureusement que ce n’est pas la norme qui crée la sanction mais bien l’inverse. C’est parce que nous avons une capacité de nous infliger par avance une sanction que nous sommes en mesure de nous satisfaire dans le respect des règles, quand bien même nous sommes toujours tentés de les transgresser. Autrement dit, ni la norme, ni la morale, ne ressortissent à une quelconque pression d’un surmoi, à une quelconque autorité extérieure. Des propos qui résument assez bien l’ambiguïté et la dépendance qu’entretient l’homme avec la norme. Il ne s’agira donc pas d’annuler la norme ni d’annuler la règle mais de produire des dispositifs ou des situations qui permettent de la mettre en question, de la reformuler sans cesse. « On ne cherche pas à dénormer pour le plaisir mais pour essayer d’atteindre une éthique qui assurerait une norme de vie sociale. On devrait constamment mettre la loi, la norme et la règle à l’épreuve de la réalité, à l’épreuve de la vie », déclare Patrick Bouchain qui reproche à la norme son caractère figé à la différence des lois et règlements qui évoluent même sourdement grâce à la jurisprudence.

Questionner la norme permet également de questionner le processus génératif dont elle provient. La norme académique est ici passée au crible et la non pérennité du projet se présente comme un dispositif ouvert qui permet de discuter de la règle et de s’affranchir des lourdeurs technocratiques. Dire que l’école ne va pas durer constitue un terrain favorable à la possibilité expérimentale. Reconsidérer le rapport au dehors. Dans cette nouvelle école, les élèves sortent directement dans la cour sans traverser de couloir, circulation toujours trop bruyante. La typologie de la cour, ensuite. Non rectangulaire, elle autorise des vues biaises, des zones de retrait bienvenues pour générer de la détente et du calme. La composition et l’habitation du sol, alors. De la terre, des arbres fruitiers, de l’herbe, des cailloux et un peu d’asphalte. L’acceptation de ses nouveaux droits auprès des inspecteurs de l’académie, des parents d’élèves et des habitants s’est produite suivant une démarche pragmatique de longue haleine. « Comme c’est un projet non pérenne, on accepte de discuter de la règle du couloir, de la [...]

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