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Passé et présent jouent dans la même cour

le 13/07/2018  |  RéalisationsBâtimentParisPatrimoine

Logement -

La reconversion d'un ensemble haussmannien vétuste et d'un garage accompagne la mutation de la capitale tout en valorisant le patrimoine.

Rue du Faubourg-Poissonnière, dans le IXe arrondissement de Paris, difficile de deviner derrière une façade ravalée et rénovée le remodelage complet qui a été opéré. L'ensemble, composé de deux immeubles haussmanniens sur rue de cinq étages avec combles, construits au XIXe siècle, et d'un garage surmonté d'un parking aérien de cinq étages en fond de parcelle, datant de 1926, délimite une cour en cœur d'îlot. Il a été entièrement repensé et transformé pour ac-cueillir 34 logements sociaux - 10 en prêt locatif aidé d'intégration (PLAI), 19 en prêt locatif à usage social (PLUS) et 5 en prêt locatif social (PLS) -, de une à quatre pièces, ainsi que deux locaux commerciaux ayant pignon sur rue. L'une des trois cages d'escalier n'a pu être équipée d'un ascenseur et seul le bâtiment de 1926 a pu être adapté pour tous.

« Il aura fallu moins de quatre ans pour mener à bien cette opération complexe », précise Olivier Imbert, directeur de la maîtrise d'ouvrage d'Elogie-Siemp. Une opération certifiée « Plan climat » de la Ville de Paris et labellisée « Patrimoine habitat et environnement » et « Effinergie rénovation ».

Bardage en inox. Les interventions sur le bâti existant s'appuient sur les qualités des typologies d'origine, une manière d'en garder l'histoire et de réfléchir au réemploi des matériaux. Dans les deux immeubles, il s'agissait de recomposer des appartements devenus vétustes - voire insalubres - et de les mettre aux normes actuelles de confort, dans le respect des réglementations existantes. De grandes fenêtres à menuiseries en bois et aluminium et une isolation par l'extérieur ont notamment permis d'atteindre les performances thermiques requises. L'agencement des pièces a été revu afin d'obtenir des logements plus spacieux, lumineux et fonctionnels. Du jeu des contraintes émergent des appartements atypiques avec parfois un séjour sur rue et un coin repas éclairé par la courette, les deux étant séparés par la cuisine. Un passage le long de la courbe de la cage d'escalier articule les différentes pièces. Au sol, la restauration des parquets s'accompagne par endroits d'une peinture noire. Côté cour, le choix d'un bardage en Inox posé à joints debout a le double avantage de ne pas surcharger les structures d'origine et d'éclairer cet espace dont le sol engazonné est recouvert de grilles d'arbres offertes par la Ville de Paris.

Jardins d'hiver. De l'ancien parking, après dépollution, seule la structure en béton est conservée, et les planchers ont été reconstruits. Les logements, ouverts sur la cour à l'est et sur un patio à l'ouest, s'insèrent dans cette structure. Au contact de la façade sur cour, entièrement vitrée, des jardins d'hiver permettent à la fois d'assurer l'isolation thermique, de préserver la modénature extérieure faite de fines menuiseries métalliques et de laisser pénétrer la lumière. Ils sont contigus aux pièces communes, avec parfois une cuisine ouverte délimitée par un bar.

Le traitement « industriel » de la circulation verticale, avec ses parpaings noirs, les murs rouge vif des paliers et les niveaux clairement inscrits, magnifie la fonction première de l'édifice. Pour l'architecte Laurent Niget, « la réhabilitation devient un vrai laboratoire pour concevoir un projet de qualité. Cette opération cristallise toutes les interrogations sur la ville d'aujourd'hui. Elle est emblématique de la mutation de Paris : faire la ville sur elle-même, éliminer l'habitat insalubre au profit du logement social, prôner la réhabilitation comme modèle d'intervention sur le tissu urbain et, au-delà, poser la question du patrimoine. »

Maîtrise d'ouvrage : Elogie-Siemp. Maîtrise d'œuvre : Atelier d'architecture Laurent Niget. BET : Studetech. Entreprise générale : EBPS. Entreprises sous-traitantes : Raimond (charpente, couverture, façade), Aqueciliz (plomberie, chauffage, ventilation), A2P Elec (électricité CF), Trame (métallerie façade acier), Daubigney (menuiserie extérieure). Surface : 2 900 m2 SP.

Coût des travaux : 4,8 M€ HT.

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