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Pas de risques sanitaires à long terme avec Linky juge l'Anses
La salle d’essais denses où les ingénieurs observent le fonctionnement en réseau des concentrateurs et des compteurs Linky. - © ©Sperber Aldo/PWP.

Pas de risques sanitaires à long terme avec Linky juge l'Anses

Adrien Pouthier avec |  le 15/12/2016  |  SantéEquipementSécurité et protection de la santé

La probabilité que les compteurs "intelligents", comme Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz, puissent avoir des effets nocifs pour la santé à court ou à long terme est "très faible", estime l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail dans un avis rendu public le 15 décembre.

Linky ne nuit pas à la santé. C'est en tout cas l'avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

Chargée par la Direction générale de la santé de conduire une expertise sur les effets sanitaires potentiels de l'exposition aux champs électromagnétiques émis par ces différents compteurs, l'Anses a constaté que, que ce soit en champ électrique ou magnétique, les compteurs Linky "sont à l'origine d'une exposition comparable à celle d'autres équipements électriques" comme une télévision, un chargeur d'ordinateur portable, une table de cuisson à induction.

Les niveaux d'exposition au champ électromagnétique produit par le compteur lui-même et par la communication des informations sur la consommation, de façon filaire via le réseau de distribution d'électricité, "sont très inférieurs aux valeurs limites d'exposition réglementaires", a également souligné l'Anses.

Les compteurs Linky produisent aussi sur le réseau domestique des courants transitoires à haute fréquence. "Il n'existe aucune donnée" suggérant qu'ils puissent affecter la santé aux niveaux d'exposition mesurés, indique l'Anses.

35 millions de compteurs déployés à terme

Quant à l'exposition à proximité d'un compteur de gaz ou d'eau, qui communiquent les données par liaison radio sans fil, elle est "très faible", "bien plus faible que celle due à un téléphone mobile GSM", selon l'agence. Un fait qui s'explique par "la faible puissance d'émission" et par le "nombre réduit de communications" d'informations.

Conclusion de l'Anses : "dans la configuration de déploiement actuelle", il existe "une très faible probabilité que l'exposition aux champs électromagnétiques émis (...) puisse engendrer des effets sanitaires à court ou long terme". Elle relève cependant qu'"il n'existe pratiquement aucune littérature scientifique traitant des effets sanitaires spécifiques de l'exposition aux compteurs communicants".

35 millions de ces compteurs dits "intelligents", qui  permettent de relever à distance et en direct la consommation d'électricité, de gaz ou d'eau d'un abonné, doivent être déployés en France. Leurs détracteurs (voir Focus) redoutent des risques sanitaires, un surcoût, une intrusion dans leur vie privée, l'utilisation de données personnelles.

Et pour les électrosensibles ?

Le tribunal de grande instance de Grenoble a ordonné mi-novembre en référé le retrait du compteur d'eau à radiofréquences - qui permet de connaître à distance et en direct la consommation de chaque abonné - du domicile d'une Iséroise électrosensible. Dans ce jugement présenté comme "une première" par l'avocat de la plaignante, le tribunal réclame que soient enlevés "le compteur d'eau installé dans l'appartement de Mme C. et celui installé éventuellement dans la chaufferie et de les remplacer par des compteurs avec relevé annuel".

"Ma cliente a été diagnostiquée électro hyper-sensible et ses symptômes se sont aggravés après l'installation en 2012 de ce compteur dans son appartement", a déclaré à l'AFP son conseil. "Elle avait pris l'habitude de se réfugier dans la cave mais un compteur similaire a été installé dans la chaufferie de l'immeuble, la contraignant d'aller dormir dans sa voiture en pleine campagne", a-t-il poursuivi.

Le tribunal précise dans sa décision que ne devront pas être installés des compteurs électrique Linky et de gaz Gazpar, qui reposent sur le même principe que le compteur d'eau incriminé, dans le logement de la plaignante. Il exclut aussi les compteurs recourant à la technologie CPL (courants porteurs en ligne) au motif que ces derniers dégagent des champs électriques et électromagnétiques.

Le coordinateur de l'association environnementale Next-Up qui soutenait la plaignante, Serge Sargentini, a salué dans cette décision judiciaire "une avancée majeure pour la santé publique". "Le tribunal a retenu non pas le risque mais l’atteinte à la santé et a aussi étendu explicitement sa décision à tous les compteurs avec émetteurs par radio-fréquences, système de comptage connecté Linky inclus", a-t-il ajouté dans un communiqué.

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