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Pas d'étiquette énergie sur les convecteurs électriques
Ampoules, fours, climatiseurs, lave-linge, réfrigérateurs,... sur tous ces produits on trouve une étiquette indiquant le niveau de performance énergétique du produit. - © © E.L

Pas d'étiquette énergie sur les convecteurs électriques

eric Leysens |  le 16/10/2013  |  convecteursConvecteurRéglementationFrance entièreEurope

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La Commission européenne et les Etats membres ont décidé, le 10 octobre, de ne pas faire obligation aux fabricants d'équipements produisant de la chaleur par effet Joule de  faire figurer une étiquette énergie sur leurs produits. Une mention « ne convient qu'aux espaces bien isolés ou pour des usages occasionnels » figurera sur les convecteurs électriques portables.

Ampoules, fours, climatiseurs, lave-linge, réfrigérateurs... Tous ces produits possédent désormais une étiquette indiquant le niveau de performance énergétique du produit. En 2015, une étiquette énergie sera également accolée sur les pompes à chaleur (PAC) et les chaudières gaz ou fioul. Il n'en sera pas de même pour les convecteurs électriques.

Plutôt que d'obliger les fabricants de convecteurs électriques à faire figurer une étiquette énergie sur leurs produits utilisant la résistance électrique pour produire de la chaleur par effet Joule, la Commission européenne et les Etats membres ont décidé, le 10 octobre, de se limiter à imposer une mention, seulement à partir de 2018 et uniquement sur les appareils mobiles. On pourra donc lire sur les emballages des convecteurs électriques portables : « ne convient qu'aux espaces bien isolés ou pour des usages occasionnels », une note qui devrait éviter aux particuliers d'envisager ces équipements comme solution principale de chauffage.

Joël Vormus qui suit les discussions bruxelloises pour le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER), association de promotion des énergies renouvelables, juge cet avertissement « faiblard » et voit derrière cette décision le fruit du travail des lobbyistes de la filière électro-nucléaire française. Selon lui, plus que nos industriels nationaux du chauffage par effet Joule, c'est EDF, fournisseur des électrons nécessaires au fonctionnement de ces équipements particulièrement répandus en France, qui a su se faire entendre. « On espérait qu'EDF avait moins de force à Bruxelles », remarque Joël Vormus. Ce dernier dit également regretter que les autres Etats membres, pour qui le chauffage électrique n'a pas une place aussi importante que chez nous, « semblent ne pas s'être penchés sur le sujet et n'ont fait qu'approuver le texte proposé par la Commission ».

Pas d'étiquette, pas de comparaison possible

Le gouvernement français a fait le choix, contrairement à d'autres pays, de ne pas rendre publique sa position sur le sujet. Pour Joël Vormus, qui a participé, en tant que représentant de la société civile, aux discussions organisées sur le sujet au niveau national par la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), l'appréciation de l'enjeu aurait évolué dans la dernière ligne droite. Il se rappele que « lors de la consultation nationale qui a précédé les discussions bruxelloises, tout les acteurs présents autour de la table à l'exception d'EDF et des fabricants d'équipements à effet Joule; soient la DGEC, l'Ademe et les représentants des autres filières énergétiques; s'étaient mis d'accord sur la nécessité de faire figurer une étiquette énergie sur les convecteurs électriques, indication de la performance énergétique indispensable pour éviter une distorsion de concurrence avec les autres équipements de chauffage ». Autrement dit permettre aux consommateurs de comparer les convecteurs électriques avec les autres solutions de chauffage comme par exemple les PAC, autres appareils de chauffage électrique qui, à partir d'octobre 2015, afficheront leurs performances énergétiques.

Selon lui, la position de la France sur l'application de l'étiquette aux convecteurs électriques aurait viré à 180° à la dernière minute. « Les équipes du  ministère du redressement productif se sont  mis en travers du chemin de la DGEC afin de protéger les industriels français,  qui sont positionnés sur des convecteurs électriques à fixer au mur, vis-à-vis des importateurs étrangers de produits mobiles», explique Joël Vormus.

Yves Le Camus, secrétaire général du groupe Muller, leader industriel français du chauffage électrique mural au côté d'Atlantic, reconnaît que les fabricants de convecteurs ont bénéficié, sur ce dossier, d'oreilles attentives au ministère du redressement productif, de la DGEC mais aussi du côté de Matignon et de l'Elysée.



Une bataille gagnée pour les défenseurs des convecteurs électriques

Une chose est sûre : chez les défenseurs des équipements de chauffage électrique par effet Joule; comme l'association « Equilibre des Energies », dont Yves Le Camus est un des fondateurs et qui milite pour une modification de la RT 2012 jugée selon elle défavorable aux convecteurs électriques; on se réjouit du choix de la Commission européenne et des Etats membres.

Jean Bergougnoux, président  d'« Equilibre des Energies », membre du comité d'experts sur la transition énergétique et ancien directeur général d'EDF, ciblait déjà, dans une tribune publiée en 2012, les chauffages électriques mobiles. « Alors qui est le coupable de ces pics de consommation ? Le suspect numéro un est, évidemment, le chauffage électrique d'appoint que certains qualifient de « sauvage ». Bon an mal an, 1 million d'appareils de chauffage électrique mobiles sont vendus en France, en particulier en grande surface. Ils sont mis en service en période de grand froid, dans les locaux mal chauffés et/ou mal isolés », précisait-il.

Du côté du CLER, on souhaite désormais défendre l'idée d'une étiquette énergie française. «S'il n'existe pas d'étiquette énergie au niveau européen pour un produit, la France peut en mettre en place une à l'échelle nationale », explique Joël Vormus. Ce dernier qui dit avoir pris l'habitude de perdre sait qu'il s'agira d'une bataille dont l'issue est plus qu'incertaine. Il fait remarquer que« si le lobbying de la filière électronucléaire française a marché à Bruxelles, il devrait marcher au niveau national ».

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