« Partout en Europe, il y a du boulot pour le paysage », selon Emmanuel Mony
Emmanuel Mony a présidé l'association européenne des entreprises du paysage depuis 2010 jusqu'en avril 2019 - © laurent miguet

« Partout en Europe, il y a du boulot pour le paysage », selon Emmanuel Mony

le 23/04/2019  |  EuropeEntreprises du paysagedrh_recrutement

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Depuis 2010, la présidence d’Emmanuel Mony a donné une visibilité politique sans précédent aux entreprises européennes du paysage, regroupées dans European Landscape Contractors Association (Elca). Après avoir transmis le flambeau à son homologue finlandais Henrik Bos au début avril, le français a accordé une interview à Paysage Actualités. En voici des morceaux choisis, avant la publication de la version intégrale dans la prochaine édition de la revue mensuelle.

Les échanges entre entreprises européennes  du paysage se prolongent-ils dans la défense de positions communes, auprès des institutions européennes ?


Ne rêvons pas : les règles et attentes varient trop, d’un pays à l’autre. Par exemple, sur l’arrêt des produits phytosanitaires et les progrès de la recherche dans le bio-contrôle, la France possède beaucoup d’avance, contrairement à ce que l’on croit. Ex-championne de l’écologie, l’Allemagne fait bloc pour défendre Bayer, nouvelle maison mère de Monsanto. L’Elca va néanmoins répondre aux consultations concernant la réglementation sur les espèces invasives.


Pas de consensus non plus pour défendre l’accès des entreprises de paysages aux marchés publics ?


D’un côté, les Français veulent modifier le code des marchés publics pour accéder à des contrats longs qui leur permettent d’amortir leurs investissements. Mais de l’autre, les Anglais n’ont rien à attendre d’une modification des règles européennes, eux qui signent couramment des contrats pour 25 ans.


Identifiez-vous néanmoins des thèmes fédérateurs ?

Partout en Europe, il y a du boulot, mais les entreprises ne trouvent pas d’employés, ni pour les chantiers, ni pour l’encadrement, ni pour l’ingénierie. Le manque d’attractivité de nos métiers revient dans tous nos échanges, depuis un an. Lors de leur visite au lycée agricole d’Antibes et à l’antenne de l’Itiape (Ecole d’ingénieurs créée à l’initiative des entreprises du paysage, NDLR) début avril, les syndicats européens d’entreprises du paysage ont trouvé une source d’inspiration dans le système français de formation.


A votre initiative, le siège de l’Elca a quitté la Rhénanie-Westphalie pour Bruxelles en 2016. Quel sens donnez-vous à ce déménagement ?

Dès lors que vous avez une adresse au Rond-Point Robert Schumann, vous êtes identifiés comme un acteur européen. Auparavant, beaucoup d’observateurs assimilaient l’Elca à une institution allemande. En France, lobby reste un gros mot, alors qu’il s’agit d’une pratique normale ailleurs, y compris dans le business du paysage. L’Allemagne possède une sérieuse longueur d’avance dans les couloirs du parlement européen, pour faire passer les bons messages auprès des députés. Ces messages s’adressent parfois à Bruxelles, mais aussi à chaque pays. A partir de Bruxelles, l’Elca participe aux événements qui la concernent, et notamment la Green Week, programmée du 13 au 17 mai. La musique de fond européenne contribue à faire avancer ce à quoi nous  croyons à l’échelle internationale, notamment dans le cadre de l’association World Urban Parcs, aux côtés des directeurs français d’espaces verts de Hortis. Les échanges avec les américains et les japonais ouvrent de nouveaux marchés.


Vous situez la France parmi les grandes nations européennes du paysage, aux côtés de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, mais les dimensions des salons phare de la  profession ne trahissent-elles pas un déséquilibre ?

Né voici 40 ans, Galabau se positionne avant tout comme un salon des matériels d’espaces verts, un domaine moins investi par Paysalia qui fête ses 10 ans cette année et qui présente encore un fort potentiel de développement. La culture du  salon professionnel imprègne moins la France que l’Allemagne. Voici 25 ans, ce pays présentait 10 ans d’avance dans les domaines de la qualité et du respect de l’environnement. Le voici dépassé aujourd’hui, dépourvu de grandes entreprises leader et locomotives du secteur. Mais ni la France, ni l’Allemagne ne vont à la cheville de la Grande-Bretagne du point de vue événementiel : le Chelsea Flower Show reflète une culture du jardin sans équivalent. De même, personne ne dispute à la France sa culture de la bonne bouffe, avec ses racines potagères, dans leur infinie diversité. L’idée qu’une entreprise du paysage travaille sur les potagers n’existe pas en Allemagne.

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