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Paris valorise l'eau de l'Albien

ROLAND KUSCHNER, PHILIPPE DONNAES |  le 04/06/1999  |  SantéTechniqueEnvironnementParisTravail

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Cinq puits de 600 à 800 m de profondeur, forés dans la nappe d'eau de l'Albien, permettront d'assurer l'alimentation en eau potable de la capitale en cas de crise.

Depuis juillet 1996 les promeneurs et les riverains habitant la proximité du square Lamartine, dans le 16e arrondissement, peuvent à nouveau goûter à la saveur du cru de l'Albien : une eau ferrugineuse captée à plus de 600 m de profondeur sous la capitale. « Il s'agit d'une eau extrêmement pure, exempte de toute pollution du fait de l'absence de communication avec le réseau des nappes phréatiques supérieures », explique Pierre Desbrueres, un des ingénieurs de la Sagep. D'où l'idée de préserver ce fabuleux patrimoine naturel, qui était encore partiellement exploité via quatre autres puits artésiens intra-muros (Grenelle, Blomet, Hébert, Buttes-aux-Cailles) creusés au siècle dernier, en le réservant à des fins nobles. En d'autres termes : une réserve de secours, totalement indépendante du réseau existant, permettant d'alimenter la population parisienne en cas de crise.

Techniques pétrolières pour forages urbains

La capacité théorique du puits de Passy est estimée à 150 m3/h. Il peut fournir 9 litres d'eau par habitant et par jour pour 20 % de la population. La rénovation de la fontaine publique, qui ne consomme environ que 1 % de la capacité de puisage n'est que la partie émergée de ce vaste projet qui s'achèvera fin 2000, via la création de quatre nouveaux puits.

« Le diamètre exceptionnellement grand de l'ouvrage de Passy, 700 mm en partie courante, nous a en effet permis de le réhabiliter par tubage. Cependant, un approfondissement de 60 m a été rendu nécessaire par l'abaissement du niveau statique de la nappe initiale », explique Pierre Desbrueres. Ce style d'intervention était impossible sur les quatre autres puits, eu égard à un diamètre beaucoup plus faible. Dans la pratique, ils seront donc abandonnés et soigneusement rebouchés, afin de ne pas risquer de devenir des colonnes de contamination pour la nappe profonde, puis remplacés par autant de nouveaux forages. « Celui de la place de la Madone (18e) a été achevé il y quelques semaines », alors que le chantier de la place Paul-Verlaine (13e) démarrera courant juin. Le projet doit se poursuivre au rythme d'un creusement tous les six mois, chaque puits représente un marché moyen de 6 millions de francs (HT). Précision : un puits sera créé dans l'emprise du réservoir de Ménilmontant (20e), en remplacement de celui de Blomet, « afin d'assurer une meilleure répartition géographique des points de puisage ».

Un forage à pilotage manuel

Côté technique, les chantiers font appel à des méthodes pétrolières parfaitement classiques et éprouvées, « qui n'en demeurent pas moins inhabituelles en site urbain et peu fréquentes dans le domaine de l'eau avec des profondeurs atteignant jusqu'à 800 m ». Dans le détail, un avant trou (diamètre de 1 180 à 970 mm) de 30 m de hauteur est effectué à sec à la benne à câble. Il est ensuite protégé par un tube métallique descendu au fur à mesure par louvoiement. Le forage proprement dit est réalisé à l'aide d'un tricône en rotation sous boue bentonitique recyclée (à l'eau seulement pour la traversée du banc calcaire). Le pilotage de l'engin (Cabot 750) s'effectue manuellement, l'opérateur joue sur la vitesse de rotation de l'outil et le poids du train de tiges (50 t en configuration maximale).

L'opération de cimentation est destinée à assurer une étanchéité parfaite du puits et le recouvrement des zones correspondant aux changements de diamètre du tubage (jusqu'à 311 mm au niveau de la crépine). Elle s'effectue par injection d'un mélange eau-ciment sous pression (48 litres d'eau pour 100 kg de CLK) en fond de forage, au travers d'un clapet à bille. Les différentes épaisseurs, la continuité du revêtement et le calage en altimétrie sont vérifiés par g-ray, autrement dit par enregistrement et contrôle des rayons gamma émis naturellement par les matériaux.

FICHE TECHNIQUE

(Puits de la Madone)

Maître d'ouvrage et maître d'oeuvre : Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris.

Entreprise : Cofor.

Principaux sous-traitants : Schlumberger (cimentation) ; Seco DG (Génie Civil)

PHOTOS

Le puits de la Madone fait appel à des méthodes pétrolières parfaitement classiques et éprouvées qui n'en demeurent pas moins inhabituelles en site urbain. En détail, un avant-trou (diamètre de 1 180 à 970 mm) de 30 m de hauteur est effectué à sec à la benne à câble. Il est ensuite protégé par un tube métallique descendu au fur à mesure par louvoiement.

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