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PARIS Un voile en béton fibré ultra-performant pour le nouveau stade Jean-Bouin
PHOTO - 226422.HR.jpg - © Rudy Ricciotti

PARIS Un voile en béton fibré ultra-performant pour le nouveau stade Jean-Bouin

NATHALIE MOUTARDE |  le 02/10/2009  |  EnergieArchitectureTechniqueParisEnergies renouvelables

Conçu par Rudy Ricciotti, le projet de nouveau stade Jean-Bouin est soumis à enquête publique jusqu'au 9 octobre. Il offrira 20 000 places, deux fois plus que le stade actuel. Son coût : 146 millions d'euros.

Construit en 1925, le stade de rugby Jean-Bouin, dans le XVIe arrondissement, à proximité immédiate du Parc des Princes, accueille les matchs du Stade français. Le jugeant indigne d'une équipe du Top 14, la Ville de Paris a décidé de le démolir pour reconstruire à sa place un complexe de 20 000 places couvertes et assises contre moins de 10 000 aujourd'hui (dont 4 376 couvertes).

Le projet, soumis à enquête publique jusqu'au 9 octobre, comprend également 7 400 m2 de commerces, 1 000 m2 de bureaux et un parking souterrain de 500 places. Son coût s'élève à 146 millions d'euros HT (hors restitution sur les pelouses centrales de l'hippodrome d'Auteuil de la piste d'athlétisme et du terrain de hockey-sur-gazon).

Désigné lauréat du concours d'architecture en novembre 2007, Rudy Ricciotti a pris le parti d'implanter le stade en limite des rues Farrère et Nungesser-et-Coli, permettant l'aménagement de deux parvis : l'un assez important, avenue du Général-Sarrail, au niveau de l'entrée principale ; l'autre, plus restreint, au carrefour de l'Europe. « Nous avons choisi ce projet pour sa compacité, commente Jacques Monthioux, directeur du patrimoine et de l'architecture à la Ville de Paris. Le bâtiment est sa propre clôture. Il est en contact direct avec l'espace public. »

Bâtiment prototype

Autre choix de l'architecte : envelopper l'édifice d'une résille légère en béton fibré ultra-performant (BFUP) se retournant en toiture. « Outre sa compacité, le bâtiment se caractérise par sa légèreté visuelle et sa géométrie complexe », décrit Christophe Kayser, le chef de projet. Ce voile de béton blanc ondulant de manière aléatoire, l'équipe de maîtrise d'œuvre a dû imaginer un système constructif approprié (voir ci-dessous). Conséquence de cette courbure permanente, la hauteur variera de 17 m en bordure de la rue Nungesser- et-Coli (notamment devant l'immeuble qui abrite l'atelier-appartement de Le Corbusier) à 31 m, au nord, où le bâtiment ne fait face à aucune habitation. La toiture accueillera 2 800 m2 de panneaux solaires photovoltaïques.

« Ce bâtiment est vraiment un prototype. Le challenge est relevé », reconnaît Jacques Monthioux. Le marché de travaux sera lancé en 19 lots, dont un macrolot : béton, charpente, structure métallique, couverture BFUP.

En attendant l'ouverture du chantier, d'une durée de trente mois, des travaux préparatoires débuteront dès le 15 octobre. Ils portent sur les réseaux puis, à partir de janvier, sur la mise aux normes du tunnel du périphérique, qui passe sous le stade (l'usine de ventilation en surface sera démolie).

Le permis de construire devrait être accordé en février. Ensuite, le calendrier se fait plus incertain. Les nombreux opposants au projet - parmi lesquels le groupe des Verts au Conseil de Paris qui a déposé un vœu demandant son abandon - ont déjà prévenu « qu'il y aura des recours ». Pour l'instant, la livraison du nouveau stade Jean-Bouin reste annoncée pour la fin 2012.

Une structure triangulée

La forme souple et arrondie de la résille qui enveloppe le bâtiment a dû être géométrisée pour faciliter la mise en œuvre du béton. Elle résultera de l'assemblage de 3 500 triangles préfabriqués, d'environ 8 m de côté et d'une épaisseur de 8 cm en façade et de 3,5 cm en couverture. Ce dispositif sera maintenu par une structure métallique composée de 74 fléaux monumentaux. Ces triangles seront percés un à un, le taux de perforation variant de 60 % (façade basse) à 25 % (en rive intérieure de couverture). « En façade, ces triangles laisseront passer l'air à plus de 50 %. Mais au fur et à mesure que la façade s'élèvera pour se retourner en couverture, les percements s'amoindriront pour permettre l'inclusion d'alvéoles de verre feuilleté et protéger les spectateurs des intempéries et les riverains des nuisances sonores », précise Christophe Kayser.

Fiche technique

Maître d'ouvrage : Ville de Paris, direction de la Jeunesse et des sports.

Maîtrise d'œuvre : Rudy Ricciotti, architecte, Christophe Kayser, chef de projet ; Berim, BET TCE ; Thermibel, acousticien ; Romain Ricciotti, ingénieur BFUP ; Alto, ingénieur charpente métallique ; ACE, expert stade ; Fichet, signalétique ; Vallet, designer (graphisme de la dentelle en BFUP) ; Van Santen, ingénieur façade.

Superficie : 38 000 m2 Shon.

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