Paris-Saclay dévoile ses ambitions agricoles
Trois ateliers de lecture paysagère ont abouti, fin 2018, à une mise à plat des valeurs dans lesquelles se reconnaissent les habitants et usagers de Paris-Saclay. - © Terre & Cité

Paris-Saclay dévoile ses ambitions agricoles

Laurent Miguet |  le 21/02/2019  |  Michel Desvigne Paysagistes concepteursGrand ParisCAUE

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L’agriculture vient à égalité avec le campus, dans les ambitions affichées par l’Etablissement public d’aménagement de Paris-Saclay (EPAPS) maître d’ouvrage de l’aménagement du plateau de Saclay. A ses côtés, l’association Terre & Cité joue le jeu de la coproduction, pour inventer un modèle d’agriculture périmétropolitaine, sous l’autorité du préfet de l’Essonne.

La fin du mitage urbain a scellé l’accord entre l’Etat et les agriculteurs du plateau de Saclay : « Avant le démarrage du projet de campus, le plateau perdait 50 hectares de terres agricoles par an », rappelle Benoît Lebeau, adjoint au directeur de l’aménagement de l’EPAPS.

Co-production

L’arrêt de cette tendance s’impose aux 15 communes concernées, grâce à la définition d’un espace interdit à l’urbanisation : la zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF), prévue dans la loi sur le Grand Paris et définie dans son décret d’application du 27 décembre 2013.
La planification de ces 4115 hectares donne un rôle clé à l’association Terre & Cité : née dans les années 1990 pour défendre l’agriculture sur le plateau, elle assure le pilotage ou le copilotage de 8 actions sur 28, dans le programme publié en septembre 2018, sous  l’égide du préfet de l’Essonne, et signé par 36 acteurs du territoire.

Paysage ressenti

Un montage original a accompagné la transition entre l’ère des conflits et celle de la co-production avec l’Etat : sous la maîtrise d’ouvrage du Conseil d’aménagement, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de l’Essonne, Terre & Cité anime le projet visant à fédérer les habitants et usagers du plateau autour de l’idée d’un territoire agriurbain d’exception.
Dans le cadre de son programme Leader centré sur le développement local autour de l’agriculture, l’Union européenne finance la moitié des 1,239 million d’euros nécessités par cette action entre 2014 et 2020. L’appropriation collective des enjeux agricoles s’est cristallisée sous la forme d’une étude paysagère et participative : missionnée le CAUE avec l’appui de Terre & Cité, l’agence Initial Paysage a recueilli le ressenti des acteurs au cours de trois visites de terrain.

Terreau fertile

Ce travail s’appuie sur un terreau fertile : de 2008 à 2018, la part du bio est passée de zéro à 17 % dans le chiffre d’affaire des 16 exploitations du plateau - dont 7 pratiquent la vente directe -soit trois fois plus que la moyenne française et six fois plus que celle d’Ile-de-France.
La synthèse de l’étude paysagère commandée par le CAUE de l’Essonne a pris la forme d’un poster. « Nommer et partager les valeurs permet de parler de paysage sans prononcer le mot, puis de créer les conditions d’une transformation », explique Joséphine Billey, associée d’Initial Paysage.

Le credo de Michel Desvigne

De fait, cette transformation a déjà commencé dans les espaces intermédiaires entre campus et exploitations agricoles, sous l’égide de Michel Desvigne, paysagiste désigné par l’EPAPS pour coordonner l’aménagement du plateau. Les chantiers en cours portent sur plus de la moitié des 7 km de lisières qu’il a dessinées.
Début 2019, le dialogue entre les deux approches paysagères n’avait pas encore commencé, mais le paysagiste lauréat du grand prix de l’urbanisme l’a bien inscrit dans son agenda.
Au-delà de Saclay, l’enjeu, pour Michel Desvigne, concerne le rôle des paysagistes concepteurs, comme il l’a confié à Paysage Actualités : « Je veux croire qu’ils joueront un rôle clé dans la recomposition des paysages agricoles, pour dire où, comment et pourquoi tracer les frontières avec les villes, et quitter ces épouvantables déserts périurbains ».

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