En direct

Paris Aménagement du secteur Château Rouge

NATHALIE MOUTARDE |  le 07/11/1997  |  ParisFrance LogementDroit de l'urbanismeLogement social

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Paris
France
Logement
Droit de l'urbanisme
Logement social
Rénovation
Immobilier
Maîtrise d'œuvre
International
Urbanisme
Réglementation
Travaux publics
Valider

- La priorité est accordée à la réhabilitation. - Mais 250 logements sociaux seront reconstruits après démolition d'une trentaine d'immeubles.

Situé immédiatement au nord de la Goutte d'or, le quartier Château rouge, dans le 18e arrondissement (1) présente de graves problèmes de vétusté et d'insalubrité. Les opérations programmées d'amélioration de l'habitat (OPAH) dont il bénéficie depuis 1987 et l'instauration, en 1988, d'un droit de préemption urbain renforcé, délégué à l'Opac de Paris, sur les 19 immeubles les plus dégradés n'ont pas suffi à enrayer le processus de dégradation. En 1993, alors que la rénovation de la Goutte d'or était bien engagée et qu'un écart qualitatif risquait de se creuser entre les deux secteurs, considérés par les habitants comme un même et seul quartier, la ville de Paris a décidé de définir de nouvelles modalités d'intervention.

Après trois ans d'études (sur l'histoire du quartier, son évolution socio-économique et commerciale, sur l'état du bâti) et de concertation (2), un projet d'aménagement a été arrêté. « Il donne la priorité à la réhabilitation sur la construction neuve et devrait permettre de préserver dans la mesure du possible des témoignages bâtis de l'histoire du quartier », souligne Yves Boucly, directeur général de la Semavip, coordonnateur et aménageur (sans mission foncière) de l'opération.

Quatre objectifs

Le programme défini à l'issue de la concertation prévoit :

La démolition-reconstruction de 31 immeubles, après leur acquisition par la ville de Paris, qui cédera ensuite les charges foncières aux différents bailleurs sociaux. Environ 500 petits logements seront démolis (y compris 55 chambres meublées) nécessitant le relogement de 300 familles. A la place seront reconstruits 250 logements sociaux (17 000 m2 SHON, essentiellement des PLA) et 1 600 m2 de locaux à usage d'activités ou de commerces en rez-de-chaussée des immeubles. Le coût prévisionnel de cette opération s'élève à 276 millions de francs dont environ 109 millions pour les acquisitions foncières. L'enquête publique préalable à la déclaration d'utilité publique pourrait être lancée en mai-juin 1998.

La réhabilitation d'une trentaine d'immeubles, dans un état d'insalubrité marquée. Les dégradations principales (planchers et murs) proviennent le plus souvent d'infiltrations d'eaux et d'un manque d'entretien. Les réseaux d'eaux sont généralement vétustes et non étanches ou à renforcer, les installations électriques anciennes, les façades délabrées...En 1997, une mission de maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale (MOUS) a été confiée au Pacte de Paris pour examiner en relation avec les copropriétaires concernés, aux revenus souvent modestes, les possibilités d'engagements de travaux à la fois sur le plan technique et économique et de mobiliser les aides possibles. Dès 1998, une OPAH ciblée sera mise en oeuvre, couplée à une procédure de résorption de l'habitat insalubre.

Un cahier des charges architecturales, s'appliquant aussi bien aux constructions neuves qu'aux réhabilitations a été établi par Bertrand Lemoine, qui avait déjà réalisé l'étude historique du quartier.

L'objectif de la ville est aussi de redynamiser le tissu économique du quartier, notamment en implantant une pépinière d'entreprise « éclatée » dans les rez-de-chaussée des immeubles. Si le marché africain est très vivant, en revanche, un certain nombre de locaux commerciaux sont vacants (97 sur 457), surtout concentrés dans la partie est de la rue Myrha et le long des rues Léon et de Laghouat. Une mission de redynamisation commerciale a été confiée à la Semavip.

Enfin, un schéma d'aménagement des espaces publics a été élaboré, portant sur un périmètre plus vaste allant du boulevard de la Chapelle à la rue Ordener.

L'aménagement du secteur Château rouge devrait se dérouler sur quatre ou cinq ans. Les premiers travaux devraient démarrer en 2 001-2002 sur les parcelles de la rue Richomme. Un observatoire sur l'évolution du tissu urbain du quartier, qui reste à créer, fera le point, au moins une fois par an, sur l'état d'avancement du projet.

(1) Le secteur Château rouge est délimité par le boulevard Barbès (à l'ouest), les rues Doudeauville (au nord), Stephenson (à l'est), Cavé, des Gardes et Polonceau (au sud). (2) Le 18 octobre 1993, le conseil de Paris a décidé d'ouvrir la concertation dès le lancement des études et pour une période de trois ans.

PHOTO : Cet immeuble, situé rue Myrha, bénéficiera d'une OPAH ciblée, couplée à une procédure de résorption de l'habitat insalubre.

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil