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Paris Aiguilles métalliques et micropieux permettent de sauver le collège des Bernardins
PHOTO - IdF68 Bernardins.eps - © GAILLARDE RAPHAEL/Gamma/Eyedea Presse

Paris Aiguilles métalliques et micropieux permettent de sauver le collège des Bernardins

ISABELLE DUFFAURE-GALLAIS |  le 12/09/2008  |  ParisPatrimoineCulte

Après une restauration de grande ampleur, le collège des Bernardins a été ­inauguré le 4 septembre par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, en présence notamment de Christine Albanel, Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon. Rue de Poissy, dans le Ve arrondissement de Paris, cet édifice cistercien bâti au XIIIe siècle a abrité pendant plus d’un siècle une caserne de pompiers, après avoir servi de prison et d’entrepôt.

Un budget total de 50 millions d’euros

Ce vaste bâtiment est aujourd’hui tout ce qui reste d’un ancien monastère qui renfermait un couvent, une église détruite au XIXe siècle pour percer le boulevard Saint-Germain, et un collège. En 1998, il a été racheté 1,9 million d’euros par l’archevêché à la ville de Paris pour en faire un lieu dédié à l’art, aux débats, à la formation et à la recherche.

Dans un budget total de 50 millions d’euros (comprenant l’acquisition, la restauration, la création de surfaces nouvelles, le mobilier et le matériel audiovisuel), le projet a été mené pour la partie historique par l’architecte en chef des monuments historiques, Hervé Baptiste, et pour les aménagements contemporains par Jean-Michel Wilmotte.

Nouvelle charpente en acier

De lourds travaux de structure ont été nécessaires pour sauver de la ruine cet édifice de quatre niveaux dont un sous-sol, construit sur un terrain instable aux abords de la Seine et qui s’est affaissé dès sa construction. Dans la grande nef du rez-de-chaussée (70 mètres sur 14 mètres), les fines colonnes qui s’élèvent à 6 mètres menaçaient de basculer sous le poids des étages supérieurs. Leurs têtes ont été maintenues par des aiguilles métalliques depuis le plancher supérieur, lui-même suspendu à la nouvelle charpente en acier du bâtiment par des tirants, afin de reporter les charges vers les murs périphériques. Au sous-sol, l’ancien cellier, autrefois remblayé pour limiter l’affaissement des colonnes, a retrouvé tout son volume après le renforcement des fondations, par des centaines de micropieux, et la restauration des piliers.

Enfin, le comble, modifié au XIXe siècle, a été restitué dans ses dimensions médiévales par une charpente métallique couverte de tuiles plates artisanales permettant d’accueillir un vaste auditorium.

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