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Pari réussi pour la tribune de Longchamp

MILENA CHESSA |  le 25/05/2018  |  ArchitectureRéalisationsTechniqueBâtimentParis

Hippodrome -

Le champ de courses parisien offre une vision à 360 degrés grâce à ses gradins panoramiques.

Après deux années de fermeture pour travaux, l'hippodrome de Longchamp a rouvert ses grilles en avril dernier dans le bois de Boulogne, à Paris (XVIe ). Les jockeys se remettent en selle, les turfistes ressortent leurs jumelles et les élégants revêtent leur tenue du dimanche comme avant… ou presque. Une nouvelle tribune de 10 000 places s'est substituée aux deux anciennes, édifiées dans les années 1960. « Que l'on rénove ou reconstruise, le montant de l'investissement était sensiblement identique - 140 millions d'euros -, mais nous voulions bâtir une tribune qui s'inscrive dans notre époque », argumente Edouard de Rothschild, président de France Galop qui gère six hippodromes en France, dont celui de Longchamp.

Le maître d'ouvrage a misé en 2011 sur le projet de l'agence parisienne Dominique Perrault Architecture. Son fondateur rappelle que « l'idée était de faire disparaître le bâtiment dans le paysage ».

Pari réussi. A l'approche du champ de courses, l'édifice ne saute pas aux yeux alors qu'il s'étire sur une longueur de 160 m, pour une largeur de 35 m. Son horizontalité soulignée, sa faible hauteur (23 m) et sa couleur bronze lui permettent de se fondre dans le bois qui l'entoure. « Ici, pas d'héroïsme dans la construction, soutient Dominique Perrault, plutôt un rapport de sensualité entre l'architecture et son environnement, et le plaisir qu'on peut y prendre. »

Jeu de gradins, coursives et balcons. Une fois qu'il a gravi les marches de l'escalier monumental en béton, le visiteur est invité à flâner sur « les planches ». Cette promenade de 5 500 m², qui reproduit en béton un platelage en bois, est parsemée de parasols métalliques dorés sous lesquels s'asseoir pour grignoter un en-cas ou griffonner un pronostic sur son journal hippique. En dessous, au rez-de-chaussée, les jockeys se détendent en jouant au ping-pong avant la pesée, et les parieurs se retrouvent au Café des sports. Les planches donnent accès au rond de présentation des chevaux et à la tribune. Situés face à face, ils s'inscrivent respectivement dans le prolongement des 126 box et de la tribune du pavillon réalisée en 1921 par l'architecte Charles Adda (1873-1938).

« Une tribune oriente généralement la vue vers l'événement sportif, remarque Dominique Perrault. Celle de Longchamp offre un panorama à 360 degrés. » Par un jeu de gradins, de coursives et de balcons, le public peut ainsi faire le tour du bâtiment et suivre au plus près les cavaliers et leurs montures. Il peut aussi rapidement le traverser. Avant et après chaque course, les spectateurs galopent du rond de présentation des chevaux vers la tribune, et vice-versa. « Aujourd'hui l'hippodrome est plus compact, ce qui permet d'aller d'un point à un autre tout au long de l'après-midi, sans faire autant de kilomètres qu'auparavant », apprécie Olivier Delloye, directeur général de France Galop.

Planchers inclinés. Les gradins habillés de bois reposent sur une structure mixte acier-béton construite par l'entreprise générale Bouygues Bâtiment Ile-de-France (lire « Le Moniteur » du 22 septembre 2017, pages 78-81) . « L'inclinaison des planchers vers la ligne d'arrivée et la vue dégagée de tout pilier permettent au public de profiter au mieux du spectacle des courses », estime Olivier Delloye. Les garde-corps en verre comportent, en partie basse, un motif sérigraphié rappelant les géraniums qui garnissaient les balcons des tribunes démolies. Au quatrième niveau, celui des salons privatifs, le plancher se projette dans le vide sur 21 m, libérant une terrasse de restaurant à l'autre extrémité. Un effet dynamique insufflé par Dominique Perrault, inspiré par le mouvement du cheval au galop.

Maîtrise d'ouvrage : France Galop. Maîtrise d'œuvre : Dominique Perrault Architecture. BET : Tractebel Engineering (structure), Terrell (façades), Oteis (fluides), Jean-Paul Lamoureux (acoustique, éclairage), Renaud Pierard (muséographie), TER (paysagiste), RPO (économiste). Entreprise générale : Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Surface de la tribune : 34 000 m². Investissement : 140 millions d'euros.

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