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Pénetration du bois dans la construction : des freins à lever
Chantier en ossature bois - © © DR

Pénetration du bois dans la construction : des freins à lever

eric Leysens |  le 02/02/2012  |  ImmobilierTechniqueFrance entièreHygièneBois

Le 2 janvier, lors d'un colloque sur "Le bois, atout énergétique des constructions performantes", la filière du matériau naturel a affirmé sa volonté de séduire les acteurs du bâtiment. Et de ne pas passer à côté des grands chantiers.

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"On a loupé le chantier du siècle. Cela ne doit plus se reproduire". L'hôpital d'Orléans, actuellement en cours de construction sur près de 200 000 m² a laissé un goût amer à Luc Charmasson, Président de France Bois Industries Entreprises. Jeudi 2 janvier, lors d'un colloque visant à démontrer que le bois est un atout pour la construction des bâtiments basse consommation, il n'a pas manqué de rappeler cet acte manqué pour la filière.

Fin 2009, l'appel d'offres remporté par Bouygues construction pour le nouveau centre hospitalier prévoit que toutes les façades soient constituées de panneaux en bois. En entrant dans la phase réalisation, différentes commissions et les bureaux de contrôle demandent alors de justifier l'utilisation du matériau naturel. Ces requêtes vont freiner l'avancement du projet et aboutir à la décision de retirer le bois du projet. "On a demandé des justifications que l'on n'exigerait jamais pour l'utilisation du béton ou de l'acier", juge aujourd'hui Luc Charmasson.

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Standardisation : la filière s'active


La filière compte bien faire en sorte qu'un épisode comme celui-ci ne puisse plus se reproduire. La rédaction de catalogues de solutions, la publication de DTU et  la multiplication des essais, devraient rassurer les acteurs de la construction sur le bois et faire sauter les blocages qui mènent de la forêt au chantier. En 2012, les tests se focaliseront sur la résistance au feu et  l'acoustique. "C'est là que les acteurs des bâtiments nous attendent", considère Luc Charmasson.

Ce dernier a également conscience que le monde de la construction souhaite des techniques faciles à mettre en oeuvre. "Sur les mur-rideau et les panneaux de façades, nous n'avons pas encore de solutions constructives simples. Sur chaque projet, il faut donc deux à trois mois de réflexion avec un bureau d'étude pour établir le procédé constructif adéquat".

Mais la standardisation des techniques et le développement de régles de l' art ne sont pas les uniques sujets sur lequels la filière devra s'attarder pour entrer dans la compétition avec le béton et l' acier. Ces filières concurrentes n'hésitent pas à faire valoir leurs atouts dans le domaine du bilan CO2 et de l'énergie grise, terrain sur lequel le bois bénéficie intrinsèquement d'un avantage concurrentiel majeur. Et, traquent la moindre faille du matériau naturel.

Confort d'été : le talon d'Achille de la filière

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Le bois doit faire face à une critique récurrente : " matériau sans inertie, il ne permet pas de conserver la fraîcheur de la nuit dans le bâtiment". Jusqu'à présent, la filière n'a pas travaillé à contrecarrer cette argumentation reprise par les défenseurs du béton. Serge Le Nevé, adjoint à la direction du pôle Industrie Bois Construction de l'Institut Technologique FCBA reconnaît que pour l'instant, "faute de moyens", l'effort a porté sur la justification de l'utilisation du bois pour le confort d'hiver. Stéphane Hameury, ingénieur au CSTB relativise la critique faite au matériau naturel, en expliquant qu' à ce jour la problématique du confort d' été doit principalement être traitée en conception, en optimisant l' agencement du bâtiment. Luc Charmasson considère lui que "le débat est entretenu pour affaiblir la filière bois".

Une chose est sure, le confort d'été n'est pas le principal frein au déploiement du bois dans la construction. Si la filière veut se développer dans le bâtiment, elle va devoir veiller à pouvoir participer à des chantiers de plus grandes importances, à la construction d' immeubles de plus grandes hauteurs.

Hauteur : pas de frein réglementaire

Pour Serge LeNevé, "il n'y aucun blocage réglementaire dans la construction d'un immeuble de 6 étages en bois". Selon lui "il manque juste de l'ingénierie sur le développement de solutions types". Stéphane Hameury rappelle que le CSTB a mené des études montrant une résistance au feu de 90 minutes pour des solutions bois, ce qui ouvre droit à la possibilité de bâtir des immeubles de « logements de  troisième famille ». Autrement dit, des habitations dont le plancher bas du logement le plus haut est situé à vingt-huit mètres au plus au-dessus du sol utilement accessible aux engins des services de secours et de lutte contre l'incendie. Ainsi, le bois pourrait également profiter de la mesure annoncée par le Président de la République, et qui vise à augmenter de 30 % les règles de constructibilité, dont la hauteur.

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