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Oui, le Lyon – Turin va se faire
Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, ce mercredi soir à Lyon, lors du sommet franco-italien. - © © Twitter.

Oui, le Lyon – Turin va se faire

Florent Maillet |  le 27/09/2017  |  RéglementationBâtimentRhôneFrance entièreEurope

Emmanuel Macron a rappelé mercredi soir l'engagement de la France et de l'Italie dans la réalisation de ce grand projet, lors du sommet entre les deux pays, à Lyon. Plus de 30 appels d’offres pour le creusement et l’aménagement du tunnel de base doivent être lancés sous peu. Les voies d'accès, elles, seront rediscutées par un groupe de travail.

Cette fois, les (légers) doutes qui entouraient la réalisation de la liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, sont tous levés. Emmanuel Macron l’a confirmé ce mercredi soir, lors du sommet franco-italien à Lyon, avec le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni : ce projet initié en 2001 va se faire. « Nous sommes l'un et l'autre pleinement engagés », a assuré le chef de l’État lors d'une conférence de presse conjointe. En juillet, la ministre des Transports Élisabeth Borne avait affirmé que le Lyon-Turin était concerné par la « pause » dans les constructions de nouvelles infrastructures annoncée par Emmanuel Macron, tout en faisant état cependant de la spécificité de ce projet, « financé à 40% par l'Union européenne, mais aussi à 35% par l'Italie ».

Une spécificité qui préserve donc l'infrastructure, qui va même connaître un nouvel élan. " D'ici le premier trimestre 2018, nous voulons préciser les termes futurs d'au-delà le tunnel de base (les accès). Un groupe de travail sur les interconnexions à la ligne sera constitué entre nos deux ministères des Transports, pour formuler des propositions conjointes d'ici la fin de l'année", a poursuivi Emmanuel Macron. "Il faudra développer sur le plan stratégique cet axe au-delà du tunnel de base.  Ce projet, on ne peut pas le faire réussir avec les idées d'il y a 20 ans", quand il a été imaginé ; il faut "l'adapter aux modes de mobilité contemporains", des mobilités "plus écologiques, plus intelligentes", a précisé le chef de l'Etat.

Le président du conseil italien Paolo Gentiloni s'est pour sa part félicité que le Lyon-Turin "sorte renforcé" de ce 34e sommet.  "En Italie, nous avons travaillé évidemment sur toutes les interconnexions de l'ouvrage, pour réduire l'impact sur l'environnement et nous allons continuer à voir dans cet ouvrage une infrastructure nécessaire à l'unité ferroviaire européenne", a-t-il dit.

5,5 milliards d'euros d'appels d'offres ces prochains mois

Les acteurs locaux et du BTP, avaient plusieurs fois confié au Moniteur leur relative confiance dans le fait que le projet se ferait. En raison de son utilité, certes (désengorger les vallées alpines du trafic de camions) mais aussi des larges co-financements de l’Italie et de l’Union Européenne, sans oublier l’avancement des travaux : le tunnelier Frederica a déjà percé plus d'1 km de galerie de reconnaissance sur les 9 prévus et, côté italien, la galerie de reconnaissance de La Maddalena à Chiomonte, longue de 7 km, qui servira notamment d’accès au chantier du tunnel de base, est terminée.

Le futur tunnel transfrontalier, long de 57,5 kilomètres - 45 km en France et 12,5 km en Italie - et dont le coût est estimé à 8,3 milliards d'euros, entre dans sa phase de construction, avait indiqué en juin Hubert du Mesnil, président de Tunnel euralpin Lyon-Turin (Telt), société maître d’ouvrage du tunnel, assurant que le calendrier de la mise en service de la ligne, à l'horizon 2030, serait tenu. Le tunnel de base sera constitué de deux tubes à voie unique. Il reliera les gares internationales de Saint-Jean-de-Maurienne et de Suse, avec des interconnexions au réseau existant, en France et en Italie.

En juin dernier, Telt avait réuni plusieurs centaines d’entreprises pour lever le voile sur 81 appels d’offres de la phase réalisation de ce grand projet. Parmi ces marchés d’un montant total de 5,5 milliards d’euros, dans un premier temps, 69 seront lancés avant la fin de l’année 2019, dont la moitié d’ici à début 2018. L'ensemble des PME de la région guettent notamment des marchés. Le coût total du projet s'élève, à date, à 26 milliards d'euros.

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